Voilà une belle matière à réponse. C’est avec l’accord de cette soumise que J’ai publié sa liste de questions parce que j’estime, comme elle, que Mes réponses peuvent profiter à d’autres alors voilà :

esclave lina n’est pas concernée, sous-entendu par ce qui ne la concerne pas.

Avant toute chose, même si j’imagine que c’est difficile à admettre, Je parle, comme elle, de N/notre expérience personnelle tout ce que N/nous partageons à pour but d’inspirer les personnes qui apprécient ce que l’on fait. À aucun moment et en aucune circonstance N/nous prétendons faire de N/notre vérité ni une vérité universelle ni un exemple à suivre.

Je sais bien que l’industrie de l’éducation conditionne tout le monde à obéir et croire ce que l’autorité lui dit sans réfléchir tout comme l’industrie de la communication poursuit et complète toujours ce même travail de conditionnement, Je ne peux qu’accepter l’absence de recul, de réflexion personnelle de la plupart d’entre N/nous. Ceux qui sont des esprits libres savent bien dans quelles difficultés relationnelles il faut patauger pour gagner sa croute sans déplaire au supérieur, patron, client ou administration (à l’école, lycée et majoritairement milieu professionnel, la règle implicite demeure : obéir au N+1 sans poser de questions) .

Alors oui, esclave lina n’est là que pour servir et c’est tout. Mais ce tout-là n’est pas rien !
Je cite : « elle n’a pas à s’occuper de ce qui se passe dans le monde, ni à se documenter ni à chercher à grandir intellectuellement »

Rires ! Oui absolument ! Je M’explique. La connaissance n’est qu’un outil. La vraie question, selon Moi, c’est au service de quoi et comment s’en sert-on ?

Ici en France J’estime que la connaissance fait partie de la vaste gamme des outils de destruction du lien entre les gens. Les capacités intellectuelles dénuées d’esprit critique (tête bien pleine plutôt que tête bien faite) sont l’une des clefs de tri de l’éducation nationale pour maintenir « les classes supérieures et les propriétaires » à leur place. La perception de l’orthographe et du vocabulaire par les « autorités » (les employeurs, les institutions, culturelles, économiques, sociales ou judiciaires par exemple) en est le témoin flagrant. Mais pas le seul.

J’admets qu’un type comme Moi qui en sait long sur la forme du monde dans un esprit de synthèse toujours en action peut surprendre avec une fille comme lina qui n’a que faire de connaitre les enjeux de ce qui se passe en Syrie ou les manipulations institutionnelles et mafieuses des systèmes humains de références (classes économiques, politiques, financières).

L’industrie de la communication sème la détresse, l’impuissance, la haine et la colère dans le cœur des gens. Ce qui au passage fait la fortune de l’industrie de la maladie (que l’on nomme santé aujourd’hui). Ce que complète bien l’échec entretenue de l’industrie de l’éducation (40% des éléves qui entrent au collège ne savent ni lire ni écrire) et qui pourtant revendique le monopole de la distribution de la connaissance ah ah.

Et même présenté ainsi c’est inexact : c’est moins le fruit d’un plan prévu que d’une médiocrité complaisante, craintive et cupide.

Que signifie pour Moi l’expression consacrée par toutes ces institutions « grandir intellectuellement » ? Un leurre, un contre feux. Fondamentalement de quoi l’humain à t-il besoin à part d’aimer et d’être aimer ? Grandir intellectuellement ça Me fait penser à ce pauvre garçon Bernard Henri Lévy (grand intellectuel parmi ses pairs) qui a défendu et justifié l’attaque et la destruction totale d’un pays comme la Libye au nom de quoi ? Pour qui ?

À cette expression (Grandir intellectuellement) que Je range parmi les armes de destruction du lien entre les gens, Je préfère celle de « Grandir humainement » voire plus modestement « grandir en soi ».

Oh, ne Me sortez pas le discours de la haine des intellectuels de la Chine de Mao ou des horreurs de Pol Pot, Je connais bien tout ça et ça Me révulse autant que le Soft Power US ou la guerre froide qui est celle qui a précipité dans le monde, colonisation mise à part, plus de morts, de détresse et de misère que toutes les autres guerres… Dans un monde qui depuis 40 ans consacre 70% de ses ressources à la guerre, la connaissance peut même sembler futile aujourd’hui que l’on sait où l’on va tous (dans le mur), n’est ce pas ?

La connaissance, la seule qui vaille à Mes yeux et à Mon cœur est celle de soi et de l’autre. C’est avec la connaissance de soi que l’on parvient à agglomérer les autres connaissances, si nous en avons le désir, afin d’offrir au monde ce que l’on en fait. J’espère Me faire bien comprendre.

Alors non, esclave lina n’est pas concernée par tout ce tintamarre d’angoisse, d’injustices, de misère, de mensonges, de trahisons répétés, sur lesquelles, à part s’en lamenter, elle ne peut pas agir comme la plupart d’entre nous.

Pour Ma part J’ai pas mal milité, et là oui, la connaissance est un excellent outil pour répondre aux ignorants ou aux menteurs qui décident en parfaite mauvaise foi, ce qui est bon pour nous sans nous écouter (les exemples sont légion en politique). Selon Moi c’est lorsque la connaissance sert l’action (engagement, responsabilité, conscience, création) qu’elle prend tout son sens.

Christian Bobin, qui est un écrivain français lumineux évoque «l’intelligence vide des journalistes ». J’aime beaucoup cette expression. Dans un monde, le notre aujourd’hui en France, dominé par la manipulation des émotions, la trahison des engagements au service de la destruction du lien entre les gens (plus facile à « ne pas gouverner »).

Sincèrement le lâcher-prise et le développement de liens honnêtes et aimants avec la famille, l’entourage et les amis, sont une mesure de santé et d’écologie personnelle.

À moins d’être soi-même dominé par le mental, l’ego ! l’intelligence vide (et mortifère) de la valorisation de soi en se jugeant ceci ou cela…Alors oui, il y a encore des racistes dans ce pays, oui, il y a des tas de gens qui font de leur identité le centre de leur existence… Sont-ils heureux ? Sont-ils joyeux ? Sont-ils en paix en eux même ? Sont-ils dans l’action épanouissante de partager non pas ce qu’ils savent (parce qu’on s’en fout et qu’on ne convainc jamais personne), mais ce qu’ils sont et ce qu’ils font de ce qu’ils savent ? J’attends vos réponses – sourires -.

Lorsqu’esclave lina se documente et pratique l’art des massages qu’elle ne cesse d’apprendre et de découvrir elle ne trahit pas son Propriétaire : elle le sert puisqu’elle s’améliore, se rend meilleure pour elle-même et pour le monde. Lorsqu’elle travaille sur elle-même pour accroitre sa confiance en la vie et sa bonne humeur (ce qui ne lui demande plus beaucoup de travail, J’avoue) elle sert.

Effectivement, comme vous le dites « elle n’a pas à s’occuper de qui se passe dans le monde »

elle a juste, excusez du peu, à s’occuper de ce qui se passe en elle-même, pour Moi son Propriétaire et pour celles et ceux qui N/nous entourent. N/nous ne vivons pas dans une bulle et d’autant moins qu’il y a régulièrement des enfants avec N/nous. Alors oui, elle se documente sur l’apprentissage des enfants, l’éducation bienveillante, etc. Parce que ce sont des connaissances indispensables au bien-être commun de ce que N/nous vivons.

Même si de manière provocante J’aimerais répondre qu’elle est une plante verte Je trouve plus juste de vous dire oui, mais pas que. Lorsqu’elle fait Mon assistante dans Mon travail avec Mes clients son sourire suffit, mais pas que : son avis sur ce qui se passe et que Je lui explique, M’importe beaucoup : là encore elle Me sert.

Je M’interroge sur le sens de cette question et de votre perplexité :

« Je suis franchement perplexe. Un Maître n’est-il pas là pour élever son esclave/soumise dans le but qu’elle grandisse dans TOUS les domaines ? »

Pour Ma part, Je perçois l’idée que le consentement serait dans cette formulation une sorte de  donnant-donnant… Peut être pour vous et de nombreux couples Maitre soumises, mais pas pour Moi dans Ma relation Maitre esclave. Je retiens donc de cette question l’idée de « grandir dans TOUS les domaines ».

Grandir dans TOUS les domaines. ? Je pense que vous ne pouvez pas imaginer ce que ce TOUS M’évoque. TOUS les domaines…. Vite fait, Je suis un immense curieux et J’ai 54 ans cette année. Je suis d’une curiosité dévorante depuis tout petit, J’ai travaillé beaucoup en tant que journaliste, puis réalisateur (+ de vingt ans), J’ai vécu à l’étranger, enfin bref J’ai beaucoup bouger comme beaucoup… Et malgré Ma curiosité insatiable dans un grand nombre de domaines, J’estime, parce que Je le constate que Je ne sais pas grand-chose et que fondamentalement la question est ailleurs : qu’est ce que Je fais de tout ça ?

Au final, c’est encore la même question : la connaissance ? Grandir ? Mais pour quoi faire en vérité, en soi, pour soi et celles et ceux qui nous entourent ?

« Comme un robot dénué d’émotions et qui ne cherche que Votre bien-être ? »

esclave lina n’est pas un robot dénué d’émotions mais une esclave qui vit son bien-être dans le plaisir de Mon bien-être. Cette réalité induit (entre autres phénomènes) de vivre une vaste gamme d’émotions (comme Moi) que N/nous partageons dans un plaisir de vivre ensemble au quotidien. Je pense que N/nos petites vidéos en témoignent.

« N’y a t’il pas un danger de ne vivre que dans une bulle loin de tout ce qui se passe dans la vie ? » Je l’ai dit à maintes reprises : N/nous ne vivons pas dans une bulle ! N/nous sommes dans le monde !

« Et si V/votre relation devait s’arrêter que deviendrait esclave Lina ? »
N/nous sommes bien entourés (N/nous ne vivons pas dans une bulle). Compte tenu de la différence d’age, Je mourrais avant elle. Ceci sera préparé et Je saurais lui trouver avant un nouveau propriétaire.

« Sans culture ni rien ? » Ah… La culture : ce vernis pour briller en société (ce truc dont beaucoup font une question d’identité, d’ego) ou bien la connaissance qui permet d’agir et de vivre en paix en soi et dans le monde ? Je pense, mais cela n’engage que Moi, que la plus belle et la plus importante des choses que J’ai (et esclave lina aussi de fait) à offrir au monde est Ma joie de vivre en paix avec Moi-même et Mon esclave, tel que Je l’ai choisi sans nuire à personne en aucune manière.

Pour terminer vos 2 dernières questions :

« Si esclave Lina n’est là que pour Vous servir, dans ce cas V/vous n’avez pas de discussions avec elle au coin du feu (c’est imagé) ? »

N/nous parlons beaucoup de N/nous, de ce que N/nous vivons et comment N/nous le vivons, dans le monde bdsm, certes, mais aussi dans le monde où très concrètement N/nous sommes présents et agissant (enfants, travail, sorties, rencontres, voyages).

« V/vous ne parlez jamais de ce qui se passe dans le monde autre que le monde bdsm ? »

Définitivement à part la météo, NON, elle n’est pas concernée par ce sur quoi N/nous n’avons pas de prise.

Ce qui exige pour Ma part de Me faire violence de ne pas lui faire subir ce que J’apprends continuellement de la sixième extinction à venir (fin de l’espèce humaine prévue pour aujourd’hui entre 2030 et 2050 – euh, c’est pas nouveau, les scientifiques le disent 30 ans ah ah !) ce qui ne Me traumatise pas outre mesure. Lisez un peu les revues scientifiques d’aujourd’hui, documentez-vous et vous constaterez qu’il n’est pas très facile de trouver la confiance en sachant cela. L’espoir d’un monde meilleur pour les générations futures est un leurre marketing. Ce n’est pas très facile, mais c’est possible, la preuve : J’y parviens (Je ne suis pas le seul) et Je n’ai pas l’impression d’être plus intelligent ou sensible qu’un autre

Ma réponse en une phrase :

Je préfère être propriétaire d’une « cruche » qui aime et qui s’aime simplement, honnête et vraie, sans juger quiconque ni personne plutôt qu’une personne très cultivée et mentale qui ne s’aime pas, ne sait pas aimer et passe son temps à juger ses performances et celle des autres persuadée de tout savoir mieux que tout le monde.

Post-Scriptum.
Je viens de Me rendre sur bdsm.fr, pour finalement, une fois cette réponse faite et avant de la publier, consulter le profil de la personne à qui Je répond. Elle a publié un texte, le 13 juin dernier, sur son manque de confiance en elle que Je trouve infiniment triste (violentée par ses parents, puis des années durant violentée par son conjoint pour tomber entre les griffes d’un pervers narcissique dont elle se remet à peine). Je comprends mieux toutes les questions qu’elle M’a posées. Du coup, Je comprends mieux Mon attachement à y répondre alors que J’ai tant à faire par ailleurs. La vie fait bien les choses.

Non Je ne reprendrais pas Mes réponses compte tenu de ce que Je sais désormais (combien cette personne fut abimée et violentée par les autres). Je n’ajoute ni retire aucun mot. Je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit.

Je constate encore une fois que la peur, l’absence de confiance, la méfiance et l’ignorance de soi, adossées au discours permanent du mental est une prison dont personne ne peut nous sortir à moins de le vouloir vraiment. Un jour il faut bien accepter que la vie c’est uniquement du présent, que la connaissance de soi est primordiale pour refuser ce qui peut faire de nous une victime, mettre le passé à sa place et avoir confiance en l’avenir…

Toutes choses que J’évoque largement dans la version définitive de « Dresser un ou une esclave consentante ».

Et puis, sur YouTube, N/nous avons fait une petite vidéo sur la confiance en soi.

Auteur – Photographe, Je publie des ouvrages qui valorisent la nature humaine et engagée dans la confiance, le respect et la plaisir d’être soi des relations Maitre / esclave.

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