– J’ai envie….

J’avance à genoux jusqu’à toi et me hisse lascivement sur le lit. Je suis déjà nue et excitée. Je te chevauche et lèche ta joue, taquine. Je niche ma tête dans le creux de ton cou et gémis exagérément en agitant mes hanches.

– Va t’habiller et occupe- toi.

Tu soupires et mon cœur se serre.
Je recule et mordille ma lèvre en glissant sensuellement ma main de mes seins à mon intimité.

– Occupe- moi ?

Ma proposition résonne dans la pièce. Tu restes obnubilé par l’écran de ton téléphone et ma frustration augmente proportionnellement à ton ignorance. Je me place de nouveau à califourchon sur tes cuisses. Seul le drap sépare ta peau de la mienne, seul le drap sépare ton sexe du mien. Tu places un bras au travers de ton visage et gonfles les joues. Ton agacement est visible alors que mes ongles s’égarent sur ton torse et entreprennent une lente descente vers le point culminant de mon désir. Tes muscles se tendent délicieusement au passage de mes doigts. Lorsque j’atteins l’extrémité du drap, tu saisis mon poignet fermement et me lances un regard dur.

Le « non » que tu formules est froid et sec.

Blessée, je m’éloigne de ton corps et vais m’asseoir sagement en tailleur à l’opposé du matelas, face au velux. Je me perds un instant dans la contemplation du ciel nuageux mais le léger frottement du drap entre mes cuisses me rappelle l’état d’excitation dans lequel je demeure. Je me laisse tomber sur le dos, boudeuse.

–Je ne te plais plus ? Je pense à haute voix, des perles salées menaçant de s’échapper de mes prunelles.

Aucune réponse.

Je pense : « Ne pleure pas. Comment peux- tu lui prouver que tu mérites ses faveurs ? ». J’inspire et expire profondément, je retrouve peu à peu contenance face à ton silence. Alors je me redresse, me tourne vers toi et t’observe: ta chevelure est en désordre, tes traits sont impétueux, tes lèvres sont humides…Comme les miennes. Preuve évidente de mon désir.
Je me ressaisis: face à toi, j’étends lentement l’une de mes jambes que je plaque contre la tienne. Je t’observe innocemment, tu sais que je te provoque.

Aucune réaction.

Je lève mon autre jambe jusqu’à ton épaule et je descends progressivement mon pied froid le long de ton buste. Je suis la ligne que dessine la pilosité de ton nombril à ton pubis où je marque un arrêt, interdite. Les frissons sur ta peau me redonnent confiance et me font sourire. Tu marmonnes alors quelque chose mais je reste concentrée sur mes gestes. Doucement, je crochète le drap avec mes orteils et le fait descendre sur tes cuisses. Je salive d’impatience et t’entends jurer.

Je découvre ton sexe au repos. Je ne m’en formalise pas et apprécie cette nouvelle tentation. Un rictus déforme ma bouche : « La pécheresse aux cheveux flamboyants aurait-t-elle le pouvoir de convertir l’homme pieux ? »

Je presse délicatement la plante de mon pied contre ton sexe et je suis surprise de voir la facilité avec laquelle il va-et-vient sous mes caresses.
Ta peau, si sensible à cet endroit, se réchauffe petit à petit et mes entrailles s’embrasent sous le regard plein de promesses que tu m’adresses.
Tu verrouilles l’écran de ton téléphone et le poses sur la table à tes côtés. Puis, tu bascules ta tête vers le plafond. Tes yeux se ferment, ta bouche s’entrouvre.

Tu grognes lorsque mon talon glisse sur tes testicules. Le sursaut de ton corps me fait esquisser un sourire. Finalement, je sens ton membre se tendre sous la pression que j’exerce et je constate qu’il se raidit d’avantage quand tes iris sombres se posent sur mon intimité luisante.

Satisfaite de l’effet que te procure mes attentions, je me redresse brusquement. Ma bouche est à quelques centimètres à peine de ton sexe.

– Je crois bien qu’il faille soulager cette érection Monsieur.

Suite à ma prise de parole, ton pénis se dresse fièrement juste devant mon nez comme s’il approuvait. Tu pinces tes lèvres pour retenir un sourire complice.

– Oh je sais ! Il veut un bisous !

Je m’exclame comme une fillette ravie de pouvoir enfin goûter à sa gourmandise préférée. Je tire la langue et pose la pointe de celle- ci sur ton urètre avant de gober ton gland goulûment. Je ne peux retenir un gémissement de plaisir quand ton sexe emplit parfaitement ma bouche. J’enroule ma langue autour de ta verge, essayant de laper ma friandise comme une chienne.
J’entreprends de longs et énergiques va-et-vient qui témoignent de mon envie jusqu’à lors injustement contenue. Je jubile intérieurement quand je sens tes doigts agripper mes cheveux et presser ma nuque.

Je suis essoufflée et un filet de salive coule le long de mon menton lorsque je me recule pour libérer ton sexe de ma petite bouche. La seconde d’après, tu me plaques brutalement contre le matelas.

Je me sens soudainement plus fébrile et demande timidement :

– Tu veux ?

Alors, tu chuchotes à mon oreille :

– Oui. Je te veux. A genoux.

Je me déplace rapidement et m’exécute adroitement. C’est une position que tu m’as apprise et que je connais bien maintenant. Je sais que tu aimes sentir la cambrure du bas de mon dos avant d’abattre le fouet en coups réguliers sur mes fesses charnues. J’entends tes pas lourds, puis le grincement de la porte de l’armoire. Je sais que tu prépares tes instruments de torture : les clés de mon plaisir. J’ai chaud. Mon cœur bat vite. Soudainement, je sens ta main sur mon épaule. Ta prise est ferme. Je me sens secouée. Pourquoi est-ce que tu me secoues si fort…Qu’est ce que…

Mes paupières papillonnent, je perçois un filet de lumière et entrouvre difficilement les yeux. Je me sens engourdie et j’ai la bouche pâteuse. Mon mari se tient au dessus de moi, sa main sur mon épaule, il me secoue en bâillant bruyamment. Je le fixe en silence, amère. Son regard est vide quand il articule, à peine, ces quelques mots :

– Les enfants sont réveillés, ils t’appellent…

Je l’observe se recoucher dos à moi et une douleur muette me compresse alors la poitrine. Instinctivement, je glisse mon pouce à l’intérieur de ma paume et vérifie que je porte mon alliance. Elle est bien là, à sa place, comme chaque matin…

Depuis maintenant trop longtemps.

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