Une relation D/s aussi affirmée soit elle ne peut se vivre en permanence dans la durée sans amour… 

 

En cela, ce n’est pas très différent de tout type de relation humaine pleinement partagée. Le fait que la relation soit établie sur des bases inéquitables et des engagements de services, d’obéissance et de responsabilité n’y change rien : l’amour apparaît avec le temps, avec la qualité de l’engagement.
Pour faire simple : oui une relation D/s peut s’engager sans amour, le simple respect de la relation, du consentement suffit à l’épanouissement de l’un et de l’autre. La clarté de l’engagement, l’honnêteté du plaisir du Maitre ou de la Maitresse, l’obéissance de l’esclave consentant ou consentante suffisent.
Oui, il est évident que dans l’harmonie de la relation, au fil du temps, l’amour apparaît que vous le reconnaissiez ou non. Y a-t-il nécessité de reconnaître l’amour ? Non. L’amour n’a pas besoin de reconnaissance, il est, un point c’est tout. Vient-il servir la relation ? Vient-il la compliquer ? Rien de tout cela. L’amour est, un point c’est tout. Pouvez-vous vous en servir ? Non, se servir de l’amour est vain et inutile : vous n’avez pas besoin de l’amour pour être obéi ou pour assumer vos responsabilités.
Appréciez la relation, assumez vos responsabilités de Maitre ou de Maitresse, utilisez votre esclave, faites du mieux que vous pouvez. Appréciez, sincèrement, votre bonheur et votre paix :  c’est exactement ce dont le monde et votre entourage ont besoin.
Constater que l’amour viendra naturellement induit une réflexion importante sur ce qu’est l’Amour. Une réflexion dégagée de tout ce que l’on sait et de ce que l’on croit savoir de l’amour après avoir été nourri d’une quantité d’approximation puérilement égocentrique à ce sujet. Vaste débat que l’on peut ouvrir positivement en le ramenant à soi en se posant la simple question de l’amour de soi avant l’amour de l’autre…
OK, pour certains et certaines, cela ne rend pas forcement la chose plus claire à priori. Mais cela a le mérite de montrer les bases d’une relation saine basée sur le partage d’une connaissance de soi (même en chemin) au profit de la connaissance de l’autre. En d’autres termes : puis je vous aimer vraiment si je ne m’aime pas moi-même ?  Fondamentalement comment puis je reconnaître l’amour en moi afin de le reconnaître en l’autre ? L’engagement et le consentement sont de bonnes pistes qui permettent de rester centré sur ce qui est à faire : être en paix à sa place.
Lorsque vous vous engagez à dominer profondément votre esclave, il ou elle consent à être dressée pour vous obéir, vous servir et vous appartenir totalement. Tenez votre engagement et travaillez-en vous même sur vous même à ce qui fait obstacle à la tenue ferme et régulière de cet engagement. Assumez pleinement votre responsabilité de Maitre ou de Maitresse.
Dressez votre esclave comme vous l’entendez avec honnêteté, rigueur et discipline. Comprenez que si son dressage est difficile c’est à vous de changer vos méthodes de dressage – peut-être trop de punitions, pas assez de renforcement positif peut être trop de liberté offerte à l’esclave, un manque de présence ou d’appréciation de votre part. Considérez que c’est à vous de changer et de vous poser des questions sur les moyens d’obtenir le meilleur de votre propriété.
Alors oui, il y a forcement de grands mots pour aborder tout cela, mais ils sont un peu vides lorsqu’ils ne s’appuient pas sur des ressentis, en soi puis partagés, bref. Partager un ressenti n’est pas forcément dialoguer. Être présent, se toucher, se regarder, suspendre l’instant qui passe est parmi les mille et une méthodes de partage du ressenti. Votre esclave est à genoux devant vous. Vous approchez votre jambe de sa tête afin qu’elle pose sa joue sur votre cuisse. L’instant est seul suspendu, sans un mot, vous lui caressez la tête. Vous êtes présent, reconnaissant de ce que vous apporte sa présence par exemple, voilà votre ressenti nul besoin même de l’exprimer.
Parmi les choses qu’il est important de comprendre, ou tout le moins d’admettre, sans forcément faire de sexisme et comme nous en somme à parler d’amour, il doit être clair pour chacun que les femmes n’aiment pas comme les hommes… La notion de don de soi, d’honnêteté de sentiment est plus facile à appréhender du côté féminin que du côté masculin… Pour l’homme, l’honnêteté de sentiment ou d’émotion est beaucoup plus floue (pour tout un tas de raisons essentiellement liées à l’éducation, à la culture, à la tradition) tandis que la notion de don de soi s’appréhende au travers celle de l’engagement.
Se défaire des perceptions erronées n’est pas forcement facile : il faut mener une double tâche. D’un côté il faut douter de ce que l’on semble croire depuis toujours et de l’autre il faut se concentrer sur le ressenti de l’instant présent. Plus facile à écrire, à dire, qu’à engager… Notre perception du présent est la plupart du temps polluée par le passé…
Commencer par dégager, séparer ce qui vient du passé dans notre présent se réalise par l’appréciation.
Tout ce qui fait obstacle à l’appréciation, tout ce qui vous empêche d’exprimer en vous même la gratitude d’être vivant dans l’instant présent est situé dans votre passé.
Évidemment si la chaudière tombe en panne alors que vous êtes couvert de savon sous la douche vous aurez des difficultés à apprécier l’instant présent de la douche froide qui, elle, ne sera pas située dans le passé, c’est certain. Cela dit vous ne pouvez pas nier que même en criant de froid vous pouvez vous réjouir d’être vivant et d’avoir une esclave prête à vous envelopper d’une serviette dans la salle de bain.
Cela peut sembler subtil, mais en y réfléchissant avec un esprit ouvert cela est à portée de main.
Toutes choses que l’on retrouve au cœur de la relation D/s…