Il peut sembler provocant d’ordonner à son esclave d’obéir sans réfléchir. Cependant, rien dans la structure comme la discipline de la relation n’est laissé au hasard.

Réfléchir est une activité mentale dont l’utilité n’est plus à démontrer (ah ah). Néanmoins réfléchir a tout et tout le temps nous laisse moins ouverts à l’inspiration d’un côté et au plaisir de vivre de l’autre. Réfléchir en permanence c’est prendre le risque de passer son temps à nous juger, à juger ce qui nous arrive ou ce qui arrive aux autres. C’est très mauvais pour le cœur de se laisser ainsi coloniser par l’inquiétude ou le ressentiment.

Fondamentalement N/nous n’avons pas besoin de réfléchir en permanence, l’esclave pas plus que le Maitre.

Dresser l’esclave à obéir sans réfléchir apporte un confort et un bien-être indéniable et partagé. Cela ouvre un véritable espace de liberté empreint de confiance, de présence à soi-même et à l’autre qui est le territoire de la relation Maitre-esclave.

Ne pas réfléchir c’est être pleinement présent à soi-même.

Cela ne signifie pas que l’esclave n’ait pas à réfléchir (la Mienne qui joue à des jeux mathématiques ou sait faire les courses sans perte de temps) sait très bien le faire et J’apprécie beaucoup.

Il M’importe qu’elle soit douée dans sa réflexion dans la vie de tous les jours et fasse preuve de l’intelligence pratique et émotionnelle que Je lui connais. J’exige qu’elle soit apte à produire une réflexion intelligente, pertinente et sensible lorsque Je le lui ordonne ou lorsque les circonstances de la vie l’exigent. C’est Me servir que de compléter Ma réflexion lorsque Je le lui ordonne, c’est Me servir que de Me suggérer ce que sa réflexion lui inspire.

Son intelligence émotionnelle fait partie des choses que J’apprécie le plus chez elle et que J’ai pris soin de stimuler et de valoriser lors de son dressage. Loin d’une accumulation de savoirs intellectuels dont l’intelligence peut se servir pour réfléchir sans arrêt, elle se montre  capable d’analyses très fines qui mêlent avec brio tant son intuition que sa réflexion logique analytique traditionnelle. Évidemment elle n’a pas de problème d’estime d’elle-même pour polluer toute perception d’elle-même et son entourage (ça Me change ;-). Elle est présente à elle même et Me sert comme il se doit. C’est la raison de sa maturité.

Alors puisqu’obéir sans réfléchir est fidèle à la nature asservie de l’esclave qu’en est-il du Maitre ?

En vérité, pour dresser et entretenir un ou une esclave consentante, un soumis ou une soumise, l’intelligence analytique même adossée à une grande culture et à une connaissance approfondie par l’étude et l’expérience ; d’une variété de domaines de savoirs tels que l’histoire, la psychologie, la philosophie, l’économie, les sciences sociales  ou les neuro sciences par exemple ; ne suffis pas.

La connaissance seule ne suffit pas. La relation Maitre- esclave / Dominant(e) soumis(e) ne peut en aucun cas se priver de l’engagement sensible à être soi pleinement conscient de nous-mêmes. Qu’on le veuille ou non, l’intuition comme l’inspiration sont d’incontournables phénomènes de la psyché humaine qu’il nous faut écouter et utiliser. Savoir les choses c’est bien, les vivre c’est mieux. S’écouter et se percevoir en dehors de l’analyse c’est aussi faire partie du monde sensible tel qu’il est.

Entre une esclave très cultivée, sur-diplômée pleine de la fierté de sa réussite universitaire avec un bon job et un gros salaire (ça existe dans notre société patriarcale où simplement être une femme c’est 30% de salaire en moins qu’un homme à travail égal ?) qui réfléchit tout le temps, se juge et juge les autres comme on l’a toujours noté à l’école et une esclave moins cultivée, mais qui aime les gens comme elle-même, qui a une joie naturelle de vivre et de s’engager, Moi, Je ne réfléchis pas, J’écoute Mon cœur et Je choisis a deuxième. Pas vous ?

Il y a plein de situations de Domination particulièrement où Je ne réfléchis pas. Je la domine comme Je la dresse pour l’entretenir à l’intuition, à l’inspiration, à l’écoute de Mon désir et de sa servitude ouverte et présente, abandonnée et offerte telle qu’elle est.

Mon plaisir de vivre, comme le sien, consiste à Me ressentir Moi en confiance dans N/notre environnement pleinement dans le présent de N/nous même. Sans réfléchir Je la ressens pleinement comme Je ressens pleinement N/notre relation complémentaire. Ceci dans N/notre plaisir de confiance partagée à un niveau qu’aucune relation d’une forme différente ne pourrait M’apporter.

La confiance est une des facettes de l’instant présent. Sans confiance (en vous, en votre environnement immédiat, en votre corps comme en votre esprit) aucun moyen de vivre quoi que ce soit de fidèle à notre nature humaine, vivante et créatrice dans le monde et celle des nos relations.

La confiance ne peut se satisfaire uniquement d’analyse et de réflexions intellectuelles. La confiance s’établit sur du sensible, de ‘intuition, de la perception fine presque magique quelques fois même. La confiance, que certains dans notre monde bdsm qualifient d’extrême, ne peut se contenter du superficiel ou de l’artificiel alors que l’intelligence anaclitique s’en satisfait parfaitement, notre société marchande en est l’un des  exemples les plus frappants…

PS/ Je profite de ce post un mot au sujet d’un blog que J’ajoute à la liste prévue des blogs amis. Il s’agit de celui de Thamara qui vit au Canada. Elle a posté un billet très pertinent sur le sujet d’obéir sans réfléchir que Je ne peux que V/vous inviter à lire ici.

3 COMMENTAIRES

  1. Une fois de plus, il est question de confiance et c’est bien le maître mot en matière de SM. Moi aussi, pour profiter pleinement d’une séance, il faut que je lâche prise et que je ne réfléchisse pas à ce que m’ordonne ma Maîtresse. Il faut juste que j’exécute, que je « subisse »,….. que je prenne du plaisir.

  2. Bonjour Monsieur,

    Personnellement je ressens le fait de ne pas avoir à réfléchir lorsque mon Maître prend certaines décisions comme une délivrance. J’ai parfois l’impression que mon cerveau ne s’arrête jamais, passant d’un sujet à l’autre même la nuit et depuis que je suis passée de la soumission à l’esclavage, mes nuits d’insomnie sont maintenant à compter sur les doigts d’une seule main…
    Souvent le fait de réfléchir freine ou bloque l’action et la créativité (enfin chez moi).

    Bien cordialement à V/vous

  3. Comme c’est touchant de trouver ici des réflexions partagées ainsi qu’une direction vers mon blog. Je me répète et je n’ai aucun scrupule à le faire, mais je suis franchement émue que vous ayez trouvé votre chemin jusqu’à mon petit domaine. Merci pour les commentaires et les mentions, au plaisir d’échanger à nouveau, et n’hésitez pas à me faire signe s’il advenait que vous fassiez un voyage au Canada. Il me fera plaisir d’échanger autour d’un café sur ces thèmes qui nous sont si chers 🙂

    ps. Un nouveau billet vous attend !

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