Mon Maître m’ayant assigné quelques travaux au jardin, j’ai eu tout le loisir de réfléchir. C’est le second volet sur ce sujet faisant suite à : Le jour où…

Là encore pas de réponse toute faite, seulement une certitude : ce n’est qu’en y parvenant que N/nous pourrons conquérir N/notre liberté intérieure, source d’un Amour infini qui rayonnera de N/nous vers les A/autres et vice versa.

Je précise que cet Amour ne revêt pas la même signification pour T/tous. Il y a mille et unes façons d’aimer et il n’y en a pas une qui soit meilleure que les autres. C’est en s’aimant soi- même que N/nous découvrirons quel sorte d’Amour est présent en N/nous, son émanation, source de vie jaillira alors vers l’extérieur dans un flot continu. Il N/nous guidera vers les individus N/nous correspondant, N/nos « âmes sœurs », ceux qui décupleront N/notre énergie au lieu de l’affaiblir. Et dans les relations D/s peut être encore plus que dans les autres, il N/nous faut faire le bon choix du partenaire qui N/nous mènera à la plénitude de ce que N/nous sommes : Maître(sse), esclave, soumis(e). Le chemin n’en sera pas forcément aisé.

Me voici donc au jardin, attentive à ce qui m’entoure : tout y est indice de beauté, de vie d’amour. Je sens le bien-être irradier, me réjouissant, je me sais à ce moment maîtresse de mon expérience intérieure, je fais les choix qui me conviennent sans interférences extérieures. Je n’agis pas en fonction de ce que les autres veulent de moi, mais en fonction de ce que je suis. Je suis cohérente avec mes vraies valeurs ici et maintenant dans le présent. Toutes les situations que je vis sont porteuses d’accroissement et de paix. Cette démarche est une nécessité pour développer l’estime de soi, c’est à dire : s’aimer soi, avoir confiance en soi.

Oui, mais comment y arriver ?

Dans la réalité l’expérience démontre qu’aucun Amour venant des autres ne pourra combler le vide intérieur de la personne qui ne s’aime pas vraiment. Elle est comme une coquille vide sans résonance avec le monde, en perdition, sur la défensive… Elle se débat voulant obtenir de force de l’autre ce qui est tout simplement au fond d’elle. Elle reste figée sur des schémas du passé qu’elle reproduit. Ses projections (souvent inconscientes) sont des « erreurs d’aiguillages » dues à une mauvaise interprétation de ce qu’elle croit voir ou entendre. Il lui faudra du temps et parfois de l’aide pour les comprendre, les analyser afin de les surmonter et d’en briser le mécanisme néfaste.

C’est souvent une vision erronée ou déformée de l’amour qui en est la cause. Ce qui la conduit à rechercher des relations d’attachement et de dépendance qui la font souffrir car n’étant en vérité pas adaptées à ce qu’elle est. Ce qui ne contribue pas à l’élargissement de son être mais le sclérose. Ayant vécu certaines de ces situations inconfortables, je suis certaine que mon choix « des mauvaises personnes » n’était pas innocent. Elles mettaient en relief mes problèmes antérieurs et intérieurs me forçant à agir pour y remédier. Maître, esclave ou soumise ce travail est toujours une action personnelle de soi, pour soi en soi, se rendre « maître » de son mental de façon indépendante sans influence d’autrui pour être le créateur conscient de S/son destin.

Parce qu’il est mauvais d’engager une relation D/s en 24/7 sans un minimum d’estime et de connaissance de soi-même, d’être posé, en accord avec sa nature profonde. Ne pas dans le feu de l’action, de la découverte s’illusionner en croyant que le Maître va nous permettre de devenir une personne « aimable », d’attendre  Son approbation en toute chose, de se perdre dans le miroir de Son esprit qui penserait à notre place. Ce serait mal utiliser son énergie vitale, la réduire à néant, se dévaloriser. Il faut impérativement se rencontrer soi, surtout pour une esclave qui donnera tout pouvoir au Maître quant à la façon de diriger sa vie future en lui cédant son libre arbitre.

Au moment du noviciat le Maître s’assurera de leurs réalités mutuelles, de la capacité de l’esclave a être « transformée » selon Ses désirs tout en conservant son essence . Comment se voit-elle ? se ressent-elle ? s’estime t-elle ? s’aime t-elle ? Les enjeux sont de premières importances pour une réussite future en 24/7. Il ne pourra la « modeler » que sur une base solide, au risque de voir Sa création s’effriter et s’écrouler face aux imprévus ou dans l’adversité si l’esclave n’est pas armée pour les affronter.

Je me permets ici d’être en désaccord avec Monsieur Eros Power quand il écrit que pour la soumise l’estime de soi est un besoin qui peut être satisfait par le Maître ce qui est différent pour l’esclave. Pour moi une soumise qui ne s’aime pas ne sera pas plus heureuse qu’une esclave dans la même situation. Les efforts du Maître resteront vains si elle  n’effectue pas un travail sur elle et en elle en profondeur : clé d’un accomplissement réel. Avoir une bonne estime de soi leur permettra à l’une comme à l’autre (esclave ou soumise) de s’écouter, de se reconnaître, de s’accepter, de se respecter, de faire les bons choix, de s’aimer, de se dire : j’assume ce que je suis et j’en éprouve de la gratitude, ce que me propose ce Maître comme schéma de vie me correspond et je l’accepte. Je suis ainsi, je m’aime, je me sens à l’aise dans ce qu’Il me fait vivre, je ne me nie en aucune façon. Je suis dans la même optique que La sienne, je Lui confie en toute confiance les rênes de mon avenir. Ses décisions seront toujours les bonnes car Il sait qui je suis, je sais qui Il est, ce qu’Il souhaite que N/nous vivions en terme de relations aux A/autres. Je me sens capable de développer mon potentiel sous Ses directives.

Bien sûr l’estime de soi est peut être imparfaite au début, le rôle du Maître sera de pointer les manques de part Son attitude attentive, encourageante… à l’esclave ou soumise d’intervenir pour se compléter intérieurement, s’interroger sur ses carences, guérir de ses conflits intérieurs, se trouver, adapter son comportement en fonction de ses valeurs. Elle mesurera comment l’amour qu’elle ressent pour elle va vers les A/autres et lui revient lui apportant une grande joie d’être. C’est là qu’une esclave se doit d’être plus sûre d’elle qu’une soumise car ne pouvant en théorie plus intervenir quant aux décisions du Maître. Encore que… un vrai dialogue dans le respect doit toujours être possible, surtout quand cela touche à une modification de la structure initiale de L/leur vie quotidienne.

Comme le souligne Eckhart Tolle : La maturité émotionnelle passe par la compréhension et l’acceptation de notre côté obscur, nous pouvons le transcender en cessant de projeter  nos conflits intérieurs sur les autres et le monde qui nous entoure. S’aimer soi-même consiste à guérir les blessures émotionnelles issues de ces conflits.

Si tout est exposé au départ la suite en découlera facilement sans « mal-entendu » ou fausse interprétation, en cela L/les visions doivent concorder et en N/nous aimant nous-mêmes N/nous saurons exactement ce qu’il N/nous faut et ce que N/nous accepterons de la relation au niveau de la circulation de l’Amour, sous quelles formes et comment, chacun à S/sa place et dans le bonheur. Le décorticage des attentes mutuelles est un plus dans les relations D/s garantissant l’harmonie dans le mouvement de la vie. Le Maître « transformera » son esclave (soumise) en lui gardant sa cohérence d’être, ce qui L/leur permettra de croître en s’ouvrant plus, en voyant plus grand.

Voir plus grand dans S/sa vérité, pas dans celle de l’A/autre car il se peut aussi qu’en s’aimant soi la résolution de certains de N/nos conflits intérieurs N/nous oriente dans une autre direction incompatible avec N/notre cheminement actuel. Il N/nous faudra alors repenser la vie en fonction de N/nos besoins réels. N/nous remarquerons et N/nous admettrons aussi que l’Amour ne se conjugue pas dans le même registre pour T/tous, c’est une des réalités de ce monde. V/vous voyez que cette question de l’estime de soi et de la manière dont elle se manifeste en C/chacun de N/nous est vaste et méritera d’être encore explorée. C’est N/notre privilège d’humain de le comprendre et de pouvoir évoluer pour accomplir N/notre destinée.

6 COMMENTAIRES

  1. Très long et très intéressant texte qui laisse à réfléchir !

    « Dans la réalité l’expérience démontre qu’aucun Amour venant des autres ne pourra combler le vide intérieur de la personne qui ne s’aime pas vraiment. » C’est sans doute vrai, mais l’inverse aussi, difficile de s’aimer soi-même si personne ne vous aime (et quel que soit le type d’amour).

    En tant que soumise, on peut très bien commencer une relation D/s en ayant un déficit d’estime de soi, mais il faut alors bien choisir son Maître, celui qui saura la faire travailler pour l’aider à s’estimer soi-même, et pas seulement s’estimer comme une bonne soumise. C’est à mes yeux la beauté d’une relation D/s, cette aide au développement de soi. Développement mutuel d’ailleurs, le Maître en tirant lui-même beaucoup de bienfaits.

    N’ayant pas la référence de l’article de Eros Power, j’ai du mal à comprendre le fond du désaccord qui porte visiblement sur l’estime de soi au sein de l’éternelle débat sur la différence entre soumise et esclave. Au sens généralement sous-entendu d’esclave, à mes yeux, aucun Maître ne devrait accepter ce vœux venant d’une personne n’ayant pas une estime de soi suffisante. Chez certaines personnes, il doit y avoir une tentation de chercher sa propre estime dans le fait de se sentir capable d’être une bonne esclave, obéissante, docile, prévenante. C’est pas si bête, l’estime de soi passe aussi par le fait de se sentir capable, utile. Mais il ne doit pas y avoir que ça, pour une simple et bonne raison : il ne faut jamais mettre tous ses oeufs dans le même panier. AMHA.
    C’est une des choses qui m’a choqué dans le livre « L’esclave » d’Eva Delambre, même si ce n’est qu’une fiction, le Maître ne cherche pas à connaître celle qui s’offre à lui en tant qu’esclave. Quelle sont ses motivations, est-elle prête psychologiquement, ça demande sortant de nul part ne cache-t-elle pas un déséquilibre qui ne fera que s’accentuer en devenant esclave.

    PS : L’utilisation de la ponctuation D/s rend difficile la lecture de tels textes. Je comprend le pourquoi de son utilisation mais c’est dommage que cella rende le contenu si difficile à lire. Dans le cas de ce texte, le fond est plus important que la forme !

  2. Bonjour Comte Ano,
    L’important est effectivement dans toute relation d’être à même de s’interroger pour pouvoir progresser, ne pas s’attendre à ce que l’A/autre fasse tout le travail. Et dans un couple les deux sont responsables de ce qui arrive, encore un vaste débat non clos.
    Bon pour le texte de Monsieur Eros Power, c’est sur Sa page F… dresserlesesclavesconsentantes en date du 19 juin.(un petit post sur l’estime de soi soumise/esclave).
    Pour le livre d’Eva Delambre, comme Vous le dites c’est une fiction, mais N/nous pouvons penser qu’il y a eu des préliminaires où I/ils ont discuté de L/leurs motivations réciproques.
    Bonne journée.

  3. Merci, j’ai retrouvé le post de Eros Power, il était antérieur à mon arrivé sur FB.
    Mon désaccord avec ce post est plus profond, il est plutôt dans ces règles édictées en vérités, cette classification froide, sans sentiment. Maître, esclave, soumise, peut-être mais c’est toujours de l’humain, c’est toujours de la relation humaine et ça n’a de sens que si les deux prennent soin l’un de l’autre, que ça soit pour l’estime de soi ou pour tout autre raison. L’aide de l’autre ne voulant pas dire qu’il ne faut pas s’aider soi-même.

  4. Bonsoir Monsieur Ano.
    En fait si Vous lisez bien le post de Monsieur Eros Power, Il dit qu’en fait le Maître fait tout Son possible pour que Son esclave ait une meilleure estime d’elle même, mais que cela ne peut fonctionner que si elle y travaille aussi sans attendre tout de Lui. Elle est peut être plus vulnérable dans ce cas car elle a fait un don total de sa personne, cela lui demandant de posséder beaucoup de recul tout en étant sûre de ses choix, son engagement allant jusqu’à l’abnégation. C’est ainsi qu’elle se réalise, le Maître la façonnant, mais elle doit rester elle même (donc se connaître, s’aimer, se respecter), donc l’aide est dans les deux sens.
    Ce qui est moins le cas de la soumise qui garde les clefs de certains domaines de sa vie. Et je suis certaine que dans ces relations il doit toujours y avoir une complémentarité, ce qui permet à C/chacun d’évoluer.
    Voilà, mais Vous devriez contacter Monsieur Eros Power afin qu’Il Vous éclaire au sujet de Son post, il est toujours intéressant de s’interroger et de débattre.

  5. Bonjour Comte Ano,
    J’ai parcouru cette échange au moment de sa publication mais n’avais pas l’opportunité d’y répondre.
    Si Vous avez l’occasion de lire Mon livre Vous constaterez qu’en dépit de son titre un peu provocant c’est bien de relation humaine dont il s’agit, à commencer par la relation avec soi. Ces questions d’estime de soi sont au cœur de toute relations humaines. Elles prennent une importance considérable dans l’exigence et la nature de l’engagement d’une relation D/s ou relation Maitre esclave. Un grande majorité de couple en 24/7 échouent sur cette question là qui cache l’autre question qui concerne la connaissance de soi, la fameuse réponse à la question « qui dit Je en moi et et en fonction de quoi ? ». Je ne peux que vous inviter à lire mon livre et nous en reparlerons avec plaisir. J’en prépare un deuxième spécifiquement axé sur les enjeux relationnels de nos choix de vie.
    Pour ce qui est des post facebook, l’écriture est souvent différente de ce que Je publie ici. Souvent plus provocante (afin de susciter le débat et d’interpeller pour « forcer » la prise de position des lecteurs. Ceci explique cela. Néanmoins, Je le perçois bien, nous sommes bien d’accord sur le fait que ceci est une question de relation humaine et que se découvrir soi au travers l’autre reste l’un des plus beaux cadeaux que la vie eut nous offrir l’un avec l’autre et ce que nous soyons en relation amoureuse classique dite vanille ou relation D/s ou M/e.
    Voilà, en espérant vous avoir un peu éclairé. Bien cordialement.

  6. Bonjour ErosPower,

    Impatient de lire votre prochain ouvrage !

    Je comprend parfaitement l’utilisation de ton différent selon les supports ou de formules provocatrices pour accrocher les lecteurs. Cela demande un bon niveau d’expression écrite et de connaissance des dossiers, ce que vous avez manifestement !

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