Une réflexion qui m’est venue à la suite de la rédaction de « Plaisirs sensuels »

Depuis toujours, d’aussi loin que je me souvienne,

de tous les événements de ma vie j’ai voulu garder le contrôle.

Dans le regard de mes parents être la fille qu’ils souhaitaient.

Je m’y suis appliquée avec détermination.

J’ai mis en veilleuse ma part de féminité pour plaire à ma mère.

J’ai choisi la carrière pensée par mon père, répondant inconsciemment à sa demande.

Je ne l’ai appris que récemment.

J’ai vécu avec le poids d’être extérieure à moi même.

Un beau désordre à l’intérieur dans une enveloppe lisse et policée.

Et ce rêve récurrent qui hantait mes nuits :

Je me voyais debout en haut d’une colline observant la vie qui se déroulait en contre-bas, spectatrice, en retrait.

Mais une petite flamme intérieure s’élevait, fugace, persistante, présente et vivante.

Des pensées tournaient, luttaient, remontaient, se heurtaient aux frontières de mon esprit, m’emprisonnant dans le passé.

Des pensées inavouables, secrètes, de celles qu’il vaut mieux taire…et pourquoi ?

A l’âge adulte un long parcours, de découvertes en découvertes, de rencontres en rencontres.

Jusqu’à mon mari et mon destin a basculé.

Donc mon mari qui ne se savait pas encore Maître

m’a pris par le cœur,

m’a pris par la main,

de l’obscurité m’a guidé vers la lumière.

Il a pressenti ma vérité, n’a eu de cesse à vaincre mes résistances, mes peurs, mon insécurité, mes blocages sexuels.

Un rééquilibrage entre le corps et l’esprit, l’éveil de « La Belle au bois dormant » (J’adore ces contes à lire et interpréter sans modération.)

Il m’a aidé à laisser partir le passé afin de vivre N/notre présent.

Moi qui ne me savais pas soumise je lui ai abandonné mon corps (enfin avec une part de résistance je l’avoue.)

Et c’est là que mes pensées se sont métamorphosées en paroles.

Paroles timides,

Parole empruntées,

Paroles hésitantes encore fades, aseptisées.

Et Ses regards, Ses paroles, Ses silences, Ses actes, déjà Sa domination ont enclenché un processus d’échange de l’Un vers l’autre (Pouvoir et abandon).

Dès ce moment les paroles ne sont plus restées plus sur le bout de ma langue, prêtes à être ravalées, étouffées avant que d’être.

Elles ont fusé précises, cinglantes ou crues dans l’instant présent du vécu.

Fini les beaux emballages verbaux, parler de sexe n’est plus incongru, c’est la vérité nue des envies avouées.

Avec le temps du couple Maître/soumise la parole s’est libérée, jubilatoire.

-Tu es une salope et tu aimes ça.

-Oui Maître je suis Votre petite salope.

-Penche toi, Je vais te baiser comme une chienne….

Tous ces mots se déploient, s’étoffent, s’animent, sonnant vrais à N/nos oreilles, dans ce contexte ils ne sont pas choquants. Je trouve même que mon Maître s’en délecte et moi aussi.

Puis récemment un premier essai d’écriture ordonné par mon Maître à la suite d’une séance intense et jouissive.

Après le moment de restitution oral Il me dit :

-Écris, décris tes émotions, tes ressentis, ce que tu as vécu.

En parcourant les récits d’autres cela semble simple, mais cet exercice est plus difficile qu’il n’y paraît. C’est différent de mes écrits habituels. Il s’agit de N/nous, c’est oser dévoiler une part de N/notre intimité, une porte ouverte  sur la chambre à coucher.

Encore une étape à franchir.

Ces mots que j’ai du apprivoiser, ceux qui restaient des pensées fuyantes, les écrire ouvre un autre chapitre.

De volatiles ils deviennent visibles, ils passent de l’auditif au visuel, noir sur blanc.

Avec force ratures et brouillons, trouver la bonne formulation, s’essayer dans un nouveau registre.

Comment évoquer des scènes sexuelles sans vulgarité ?

Comment exprimer et faire ressentir aux lecteurs l’intensité et la beauté de N/notre vécu ?

Lâcher prise pour explorer de nouveaux territoires linguistiques.

De mon esprit vers ma bouche, puis vers ma main, venant du plus profond de mon être, de mes tripes sans aucune censure.

Avec appréhension j’ai lu ce premier texte à mon Maître, guettant Ses réactions. Dans l’ensemble Il a été satisfait, me demandant de reformuler quelques passages., d’y apporter quelques corrections. Il m’encourage en mettant la barre plus haute pour mon prochain écrit dans cette catégorie, sachant que j’ai toujours du mal à me laisser aller au niveau des mes émotions.

Je rapprocherai la démarche de mon Maître à celle décrite par Monsieur Eros Power dans Son article : « Difficultés, Décisions, Actions, Temps présent de la relation D/s »

Induire une situation permettant de progresser, avec des objectifs précis que l’on peut mesurer.

Il en a été ainsi pour N/nous, un des objectifs étant pour mon Maître de me permettre de me révéler telle que je suis. Cette séance de massage s’est inscrite dans N/notre présent, N/nous menant plus loin dans la connaissance de N/nous mêmes.

Je remercie mon Maître de m’avoir accompagné depuis longtemps dans ce beau voyage, partant de mon moi intérieur Il m’a permis de l’extérioriser par l’intermédiaire de mon corps, de la parole et par une nouvelle forme d’écriture. C’est une nouvelle facette qui est sortie de l’ombre car c’est bien en soi-même que l’on se trouve, enrichissant par là N/notre présent et N/nous invitant à vivre sereinement chacun à N/notre place épanouis. La part D/s illumine aussi le quotidien de N/notre vie vanille.

Je comprends mieux aussi le pourquoi du « carnet d’esclave/soumise ». C’est un outil précieux utilisé par le Maître pour qu’elle se dévoile par le lâcher prise et l’introspection. Peu à peu les voiles noirs se déchirant, laissant entrevoir sa vraie nature lumineuse débarrassée de toutes entraves du passé.

 

 

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Maitre Atout et dame de C.
N/nous sommes un couple vivant une relation vanille et D/s. C'est ce qui N/nous convient dans le sens où N/nous nous y sentons bien, elle N/nous permet de N/nous réaliser en étant N/nous mêmes sans aucune prétention.

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