Je publie définitivement ici ce message que J’ai trouvé sur Fetlife. Il se trouve que Je l’ai publié deux fois sur facebook et deux fois facebook  l’a effacé sans même M’en prévenir.

Je juge que ce texte est une référence pour N/notre monde des relations D/s en France. Il évoque, avec toute la sincérité spontanée qui caractérise une esclave, le parcours d’une esclave consentante depuis les années 80 et porte un regard critique sur les réalités de N/nos choix de vie en regard de ce qui s’en dit désormais généralement.

Je sais qu’en le publiant ici (après avoir obtenu de la part de l’auteur l’autorisation de le republier) il est à sa place, non plus perdu dans un fil de discussion fastidieux de fetlife france (ça sent le pléonasme) et non plus dépublié sur facebook. Souvenez V/vous du nom de son auteur « joliecat » et V/vous aurez facilement la possibilité de le retrouver en recherchant par mot clef via V/votre moteur de recherche préféré (et non pas forcement google).

Voilà –

ErosPower

 

Note de présentation :
petite souris à lancer cette énième question au sujet de la différence entre soumise et esclave consentante. Pour une fois sur Fetlife en Français la question est posée de manière précise et pertinente, merci petite souris.

Dans le flot de réponses, il y a une perle. Une vraie.

C’est joliecat qui l’a publiée (pas d’inquiétude, c’est bien le forum français : le fil de discussion s’est poursuivi comme si de rien n’était)

Je publie ici ce texte dont l’aspect brut de décoffrage Me plait bien. Je le publie en intégrale après en avoir discuté avec l’auteur (bien évidemment)

Oui, il est bon de remettre les pendules (le temps passé et le temps qui passe) à l’heure. Voilà :

Merci beaucoup joliecat de ton témoignage (et merci à petite souris d’avoir ouvert ce post là)

Début du message

Bonjour, je me définis comme esclave. Apparemment peu ont osé prendre la parole.
alors je me lance. c est difficile sans parler un peu de moi.
j ai commencé en 1987, le bdsm s appelait juste sm.
mon premier maitre m a demandé d être esclave d amour. pas soumise. soumise sous-entendait un masochisme. j étais bien consciente de cette différence et ne me considère toujours pas maso. au début j étais heurtée quand on me disait que je n étais pas une esclave parce qu’ a l’époque je ne vivais pas comme les esclaves totales, genre nu en permanence et tête rasée. effectivement je vivais normalement pour les autres mais pour moi le lien Ds était permanent et en dehors du jeu sexuel ou sm. il ne m empêchait pas de communiquer ou d avoir une personnalité ou de m intéresser a de nouvelles choses. j étais donc esclave soft ou soumise permanente suivante qui me jugeait. j ai donc vite arrêté de me prendre la tête avec ça.
d autant que j ai échappé au fer deux fois. aujourdhui d après les nouvelles échelles bdsm je suis tt ce qu il y a d esclave et je ne vis toujours pas nue même si j ai pas grand-chose en service si c est moi qui choisit
ce qu on appelle l’effacement de la personnalité est pour moi de la dégradation pure et simple. il peut y avoir des transformations voulues par le maitre il y a peu de raisons de s y opposer. mais bon faut pas être con , si un maitre aime le genre bimbo pute et que ça te fais vomir, c est que c est pas le maitre pour toi. oui je sors un peu du sujet. c est mon défaut je m éparpille 😉
soumise sous-entend un masochisme qui n est pas forcement le but recherché chez une esclave. un maitre peut décider de rendre une esc masochiste. Après tout le corps se plie et l’esclave aussi.
y a pas de punitions jeux non plus. un Maitre d esclave punit ou s amuse. rarement les deux. le Maitre mécontent est deja une punition très pénible.
la différence est dans l’absolu. le don de soi sans recul et la grâce du subspace niveau 1 permanent , un peu le niveau pétard du subspace. c est gentiment planant.
une esclave vie avec son maitre ou y aspire, il ne peut y avoir de paix intérieure autrement. une esclave ne dit pas non, est mineure en argent en temps et en loisirs.
une esclave ne se dévoue qu’à son Maitre et évidemment sa famille. ( les deux sont souvent liés et si ce n est le cas l’un comme l autre auront à coeur de s en occuper correctement)
le lien Ds est surpuissant et extrêmement dense. silencieux souvent. la communication se fait ailleurs et autant dans l’absence de mots qu avec.

il n y a pas de demande, le consensuel n existe pas, je suis toujours surprise quand on me demande si je veux ceci ou cela ou qu on tienne compte de mon avis. Même si évidement si.
un Maitre n est pas un bourreau. (quoique… pas tt le temps)
une esclave est cessible et prêtable effectivement mais souvent les maitres préfèrent les garder pour eux . pas qu on les abime surement. ils ont passé de temps a la dresser à leurs mains mais peuvent avoir besoin d autres pour passer des étapes ou des stages.
je parle Maitres pas des jean-foutre qui font n importe quoi et se déclarent éducateurs ou dresseurs de kajirae et s en débarrassent au bout de trois ans et remettent a elles même des filles sans barrières mentales et totalement a l’ouest. je préfère pour elles qu’elles soient cédées et qu’elles reprennent leur liberté ensuite si elles ne veulent pas rester.
pourquoi une fille se laisserait donner ou vendre me direz vous?
et bien pasque elle s en fout. le seul truc qu elle retient c est que son maitre ne veut plus d elle. alors là ou une poubelle ou une falaise, ça n est pas ce qui est important pour elle.
l esclave est dépendante de son Maitre, affectivement, sexuellement, moralement et le vit très bien si c est un bon Maitre. ou tant qu il l’est.
sinon elle peut rendre son collier. ce que bcp font.
j ai eu 6 maitres j ai rompu avec les 6
c est juste pour vous expliquer que les esclaves sans personnalités j y crois pas. j en ai jamais vu. jai vu des filles justes soumises ou bien maso, passées dans les mains de tarés ou de personnalités sans scrupules oui en revanche, bcp. des sottes aussi, de plus en plus.
 j espère que j ai un peu fais le tour, le sujet est vaste et bcp de vos réponses sont intéressantes et justes.
il y a un truc aussi, je suis incapable de répondre à certaines questions, certains rites m indiffèrent complètement ou je les considère comme du jeu, alors je dis je suis esclave pas soumise.
en général cela permet de mieux me faire comprendre sur des décalages.
il y a des phrases types a connaitre et a récité chez les kajirae, dont/
qu est-ce qu une esclave?
une fille qui a un propriétaire.
c est assez ça
 pour une esclave bdsm les kajirae sont un peu le Graal, cela permet aussi a un tas de filles non sm de faire de la Ds a des niveaux assez hard ou au contraire de se complaire dans une Ds très douce qu on pourrait à peine qualifier de bdsm.
il y a des esclaves masos mais je ne sais pas si ce sont vraiment des esclaves puisque leurs chaines c est leur masochisme par leurs maitres, si elles sont assujetties et cessibles oui. je différencie chez les Maitres les propriétaires des éducateurs ou des dresseurs.
un peu comme si le cheval choisissait son éleveur et en plus il peut s en aller.
bon dans la vraie vie les doms se prennent pour des Maitres et des hommes mariés veulent des esclaves. des maitres se retrouvent avec des soumises qui seraient mieux esclave et se retrouvent débordés par leurs besoins des doms deviennent soumis et des soumises deviennent switch.
la vie c est le mouvement OK pas pour esclave, il lui faut le type propriétaire ou Maitre conjugal, les autres sont voues à l’échec. ( pasqu après les avoir éduqué ils savent pas quoi en faire avouez c est un peu con )
il n y a pas de limites, de contrat autre que moral ou verbal, pas de safeword sauf pour des pratiques très spéciales ou c est vital.
il peut y avoir des contrats, je suppose cela peut être rassurant en début de relation mais le contrat d une esclave par rapport a une soumise c est plutôt simple.
obéissance totale. confiance absolue. appartenance complète. abandon. les limites seront celles du Maitre a elle de s assurer qu ils sont sur la même longueur d onde et qu il sait aussi les motifs qui lui feront rendre son collier.
une esclave cherche une appartenance totale. elle est passée par des rites et des étapes qui font qu elle abaisse complètement toutes ses barrières ou le fera longtemps , puis tout le temps, d ou l’importance de pas les laisser dans la nature pour certaines surtout après ruptures si elle vient du Maitre.
je me fiche qu un Maitre m appelle esclave ou soumise , je suis les deux, je viens me soumettre en esclave je suis dominée comme une soumise si il veut jouer. c est juste que je peux pas trop dire non mais j ai le droit dire j aime pas 😀
je suis autant au service de ses fantasmes qu a son service tout court et si j en ai qu un je suis déséquilibrée or le but c est justement l’équilibre dans une relation constante extrême et absolue.
heu faudrait
j espère t avoir éclairé petite souris
désolée pour les fautes les accents et la longueur …

Fin du message

 

Le répertoire des évidences D/s: pour un consentement responsable et partagé

 

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,
    J’avais déjà lu ce texte dense,très spontané au travers duquel elle évoque parfaitement la façon dont elle se ressent esclave : le don total, le remodelage du corps et d’une partie de la personnalité à la convenance du Maître et surtout l’abandon de prise de toute décision… Notons qu’elle n’abdique pas son moi profond en mettant en avant que l’effacement de la vraie personnalité est un leurre, ce qui me semble vrai. Le dressage (terme approprié) permet par sa répétitivité d’obtenir pour le Maître ce qu’il souhaite.
    Elle remet aussi en cause le carcan des rites « imposés »: rasage du crane, vivre nue… Et moi je rajouterai : être dressée au service sexuel pour tous les hommes(ce que je lis souvent). Là j’avoue de pas saisir cette nécessité, un Maître peut très bien posséder une esclave pour Lui seul, surtout si sa vision inclut de fonder une famille. En fait il a la toute puissance de créer Ses règles en fonction de leur histoire (personnalités, besoins…).Je me doute bien que certains rites ou règles soient utiles pour affirmer la place de chacun, mais la vie étant dans un mouvement évolutif perpétuel une adaptation au vécu réel de notre temps me semble justifié, au Maître d’être créatif et en phase avec son époque, c’est tout simplement vivre dans le présent.
    Ce texte montre aussi que l’esclave fait sa demande dans un désir d’appartenance totale en relation avec ce qu’elle a perçu chez cet homme là, ses fantasmes, ses désirs, sa vision…tout cela devant correspondre aux siens (se dévoiler vraiment l’un, l’autre sans rien cacher au moment du noviciat, période primordiale avant un engagement définitif. ) jouer cartes sur table dés le début est nécessaire pour l’épanouissement futur, pour ne pas écorner la confiance et déstabiliser le couple par des changements radicaux en s’appuyant sur le fait que l’esclave sert, obéit et remercie.
    Elle a entièrement raison : seul un Maître honnête, bien dans sa tête, au clair avec lui même pourra construire une relation harmonieuse avec son esclave dans le respect de ce qu’ils se sentent être, sereinement chacun à sa place.
    En conclusion un texte à lire et à méditer où j’ai bien discerné la différence entre une esclave et une soumise.
    La soumission étant un chemin différent, tout aussi riche pour ceux qui l’empruntent.
    Et votre « répertoire des évidences » peut aider à se reconnaître et à clarifier certaines choses.
    Bonne journée.

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