Parler avec son esclave, à intervalles réguliers, des bienfaits du dressage est une excellente méthode de dressage psychologique. Le Maitre explique ce qu’il ressent de son esclave qui doit lui préciser ce qu’elle ressent pour elle même. La qualité de la relation est discutée concrètement dans ses aspects principaux : service, obéissance, discipline, direction, interdépendance et ressenti. Là encore, l’analyse doit céder le pas aux ressentis. La régularité de ces conversations qui peuvent faire l’objet d’un petit rituel (une simple fellation sans jouir, une récitation à genoux dans les yeux du Maitre ou la lumière éteinte éclairée seulement par quelques bougies rouges par exemple) est définie par le Maitre (une fois par semaine / par mois pas moins d’une fois par mois).

Nourrir ces échanges est un des aspects les plus enrichissants du dressage des esclaves consentantes. Je l’ai déjà dit, les esclaves ne tombent pas du ciel, elles entrent dans la relation avec leurs bagages, comme le Maitre d’ailleurs. Le terme bagages n’a pas de connotation négative en lui-même à part lorsqu’il est utilisé dans le contexte d’une démarche de psychothérapie ou à minima dans celle d’une action qui vise à se libérer des choses du passé qui polluent le présent. L’esclave arrive dans la relation avec ses désirs, ses atouts et un certain nombre de compétence et de savoir-faire. Le Maitre dans les premiers temps du dressage ordonne à son esclave de lui en faire une liste afin d’en discuter ouvertement.

Une esclave n’est pas que besoins et désirs. La relation à vocation de lui permettre de les explorer, de les vivre en paix et en sécurité aux pieds du Maitre. Elle a aussi pour but de l’épanouir dans la totalité de son être et cela dépasse les comportements et attitudes intégrés par la discipline. Ordonner à l’esclave de lister sur une feuille de papier ou dans son carnet d’esclave, ses atouts, qualités, compétences et savoir-faire c’est aussi lui montrer que la servitude comme le dressage n’ont pas pour but de la réduire, mais bien de l’épanouir. C’est encore un paradoxe de N/notre monde.


Ces conversations sont précieuses, elles font partie du territoire de la relation et l’esclave est toujours heureuse de partager son ressenti librement. C’est au Maitre de déployer de véritables qualités d’écoute active afin que l’esclave puisse témoigner de ce qu’elle ressent sans crainte de déplaire. Lorsque l’esclave peut librement et en confiance expliquer qu’en telle situation ce qu’elle a mal vécu et ceci pour telle raison, le Maitre peut l’en féliciter avant de répondre et de prendre position en faveur de la relation. Encore une qualité qui est à développer et à partager : l’empathie. L’empathie est cette capacité merveilleuse des humains qui permet de se mettre à la place de l’autre. C’est une aptitude à ressentir l’autre qui est plus souvent à l’œuvre qu’on le dit dans N/nos relations. Lorsque le Maitre déploie la structure de la relation en imposant sa discipline l’empathie lui permet d’en apprécier profondément les bienfaits. Lors de séance de dressage, même dure, c’est l’empathie qui lui permet d’apprécier la douleur de son esclave sous le fouet ou même sans douleur, juste immobilisée dans les cordes par exemple. Cette empathie fonctionne dans les deux sens. C’est à méditer.

 

 

SOURCE : EXTRAIT NOUVELLE VERSION DE « Dresser un ou une esclave consentante » TOME 1

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