Plutôt que d’ajouter un trop long commentaire à l’article de lina (article qui m’a bien fait réfléchir à cette notion d’obéissance, merci lina !!!) j’ai opté pour, à mon tour développer le sujet. Ce qu’il y a de bien dans ces échanges de textes, c’est que cela nous permet de faire le point et d’avancer.

Savoir obéir et savoir pourquoi demande une réflexion préalable, donc réfléchir pour obéir sans réfléchir, si, si ça se tient.

Et justement ce matin je découvre l’article fort pertinent de Monsieur Eros Power sur le sujet, un article qui exprime Sa vision  avec justesse et sincérité. V/vous aurez déjà compris qu’aucune de ces relations ne peut s’épanouir et grandir sans obéissance de la part des esclaves/soumis(es).

Au premier abord il semblerait que pour l’esclave tout soit clair : le Maître ordonne, elle obéit promptement, automatiquement car c’est un choix de vie et c’est dans sa nature. Tiens il lui arrive de rechigner, de chouiner, aha !!! ouf je suis rassurée c’est une humaine et non un robot. Un coup de fatigue, un moment de faiblesse, un mouvement de mauvaise humeur et pof tout déraille. C’est là que le Maître intervient, lui rappelant son choix, la remettant ainsi à sa place et je peux V/vous certifier qu’alors elle respire mieux, car c’est en obéissant « sans réfléchir » qu’elle est sereine, un lâcher prise obligatoire pour jouir pleinement de sa condition et d’en tirer un réel bénéfice réciproque.

Quand est-il pour les soumises comme moi qui vivent aussi une partie en vanille ?

Obéir, réfléchir, comment ? La marge de manœuvre est plus large pensez-V/vous ?

Je réponds : pas vraiment. Les règles de l’obéissance s’appliquant dés que l’on est dans les domaines D/s. Cela peut survenir n’importe quand dans la journée. Exemple pour ce qui est de la sexualité mon Maître n’a pas de créneaux ni d’endroits définis à l’avance, Il a toujours fonctionné ainsi. Imaginons que je sois bien installée à bricoler sur un sujet qui requiert toute mon attention. Mon mari entre dans la pièce, s’approche et me dit : à genoux, suce moi !

Mon cerveau enregistre l’information, c’est un ordre, immédiatement le Maître prend le pas sur le mari et la femme s’efface devant la soumise. Ce fonctionnement ne s’est pas mis en place comme par magie. Au début les jours où n’étant pas du tout à ça, dérangée dans mon action j’avais une réaction de recul, faisant passer mon activité avant le bien être du Maître. Une réaction de recul non formulée oralement, dans ce cas je ne rechigne pas, je ne chouine pas, j’adopte une attitude silencieuse d’évitement, style sourde oreille, traîner un peu des fois qu’Il renoncerait… et en plus dans mon cerveau « ça parle » tout seul, le faux moi essayant de s’imposer : « non mais je n’en ai pas envie… ». Maintenant c’est de moins en moins fréquent et quand ça arrive je rectifie de moi même mon attitude mentale ayant mesuré le bien être que l’obéissance m’apporte.

Une réaction somme toute normale venant de N/nos habitudes passées qui n’ont plus lieu d’être. Heureusement mon Maître ne s’en laisse pas compter, Il sait intuitivement que j’ai ce besoin d’être contrainte et soumise à Ses désirs, que N/notre vie est plus ample et plus facile.

L’obéissance au Maître n’est pas innée, mais le résultat d’un travail conscient sur soi, le fruit d’une réflexion. Oui réfléchir au départ à ce que cela sous tend au niveau de la mutation de N/notre relation, d’éliminer le faux pour atteindre ce qui est vrai.

Pour moi soumise : accepter ce que je suis sans jugement positif ou négatif, obéir participe par le lâcher prise que cela induit, à mon épanouissement, des contraintes acceptées jouissives menant à la libération. C’est une impression interne très difficile à décrire et à mettre en mots, j’ai quelquefois l’impression de m’envoler, de planer, de suivre le courant d’une rivière sans difficulté, je me sens bien, je me sens être, je suis là présente. N/notre complémentarité est ici réactivée à tout moment, naturellement et j’ai découvert toute la portée positive du verbe obéir « sans réfléchir ».

Ouverture de nouvelles portes intérieures.

Bien être quotidien.

Evolution réciproque.

Intuition exacerbée, joie de vivre.

Réajustement de S/sa vision, vivre tel que N/nous sommes.

Maintenant à chacun de trouver comment se réaliser, l’obéissance (et sa portée) sera vécue différemment selon les fonctionnements des couples.

4 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Dame de C,

    Je me retrouve énormément dans ce que vous dites, la sérénité d’obéir « sans réfléchir » et cela en toute conscience…

    Bien Cordialement à V/vous 2

  2. Oui, quelle détente d’obéir consciemment sans prise de tête du pourquoi, du comment. C’est ce qui mine certains couples cet état conflictuel au quotidien.
    Bonne journée à V/vous.

  3. Bonsoir Dame de C,

    Le « obéir sans réfléchir », c’est précisément ce que je cherche dans un jeu SM car c’est tout l’inverse de ma vie vanille. Pour cela, ça demande une entière confiance dans sa Maîtresse et ensuite quel plaisir de lâcher prise et de se contenter d’exécuter.

    Un exemple me revient en tête: c’était en septembre lors d’un jeu en extérieur. Ma Maîtresse m’a « demandé » de parcourir sa piscine sur toute sa longueur alors que l’eau ne devait pas dépasser une quinzaine de degré. Quand on sait que je ne suis pas amateur de piscine et encore moins d’eau froid, on comprends mieux l’ampleur du « problème ». En d’autre temps, j’aurai refusé ou j’aurai eu beaucoup de mal à le faire. Là, dans le cadre du jeu, j’ai pris du plaisir à réaliser le souhait de ma Maîtresse et encore maintenant, ça reste un bon souvenir de dépassement de moi pour le plaisir de ma Maîtresse et le mien aussi in fine, il me faut bien l’avouer.

  4. Bonjour crabou,
    ton exemple explicite clairement les tenants et les aboutissements de savoir obéir sans réfléchir, les deux parties sont gagnantes, je termine un article où au fond on retrouve encore cette notion et la progression qu’elle génère.
    Bonne journée.

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