Dans notre société aujourd’hui nous pouvons définir globalement 3 types d’hommes.

L’HOMME BÉTA

Les Bétas constituent le gros de la troupe. Dans notre monde moderne capitaliste autoritaire et inégalitaire, les Bétas représentent à peu près 70% des hommes. Ils sont typiquement ceux que l’on qualifie de bons gars. Ce sont des hommes gentils, prévenants, bons travailleurs, obéissants et loyaux. Cela dit, ils leur manque toujours quelque chose ou quelqu’un. Peu courageux et peu inventifs ils sont calmes et la plupart du temps d’accord avec tout le monde pour pas faire d’histoires.
Les Bétas passent leur vie, de manière plus ou moins visible, à être sous le contrôle de leur femme, leur mère, leur famille, leur patron, leurs clients, leur conditionnement culturel ou familial ou une infinité d’influences externes.

Être un homme Beta est une question de degré. Certains peuvent être des larbins patentés (voir le syndrome du larbin) tandis que d’autres peuvent être de bons compagnons, raisonnables dans le travail, auprès de la famille ou dans les activités sociales (le bon copain avec qui on aime toujours boire des coups et qui ne fait jamais d’embrouilles). Ces bons copains vivent souvent des galères ou ont toujours toutes sortes de difficultés dans leur vie. Si vous les questionnez à ce sujet ils vous parleront d’impossibilités extérieures à eux ou bien de rêves inassouvis (ah si j’avais une soumise) 😉

Le mode opératoire de l’homme Béta dans la vie est : toujours au moindre risque.

Pour cette raison que l’homme Béta se dit souvent :

– je ne peux pas faire ça, ma femme ne l’accepterait pas
– si je fais ça, ma copine va me larguer
– je ne peux pas me mettre à mon compte, qui va payer mes factures avant que ça marche ?
– je ne peux pas faire ça ma famille va me renier
– je ne peux pas être comme ça, ce sont que les égoïstes qui agissent comme ça

Alors évidemment, dans le monde bdsm, les hommes soumis sont des hommes Béta. C’est pour ça qu’il y en a tant – sourires. Cela n’en fait pas des personnes moins intéressantes au contraire. Les gens agréables et loyaux sont des personnes avec qui il fait bon vivre, n’est-ce pas ?

etresoimemesm8Attention, il arrive que des hommes Béta se retrouvent dans des situations inextricables : marié à une femme qui se reconnait soumise et qui crève de se faire dominer par un Alpha ! Malgré tout l’amour que ce chic type aura pour sa femme, il ne pourra pas le faire correctement et les drames, errances, difficultés et frustrations dureront jusqu’à une solution du genre « chérie, vas te faire dominer par un Alpha tant que tu veux, mais reste avec moi et les enfants ».

Vous voyez le tableau ?

Oui évidemment, ceci n’exprime pas vraiment la richesse que les Bétas apportent à notre monde et si vous en êtes vous pouvez vous sentir un peu vexés. Ce n’est pas le but de ce post que ce soit clair. N/nous sommes tous complémentaires et le monde tire sa beauté de N/notre aptitude à la reconnaitre.

L’ALPHA CLASSIQUE

Le type suivant est l’Alpha classique, l’homme dominant tel que tout le monde le connait avec ses bons et ses mauvais côtés.

Il représente 25% des hommes. Ceci inclut les machos, les satisfaits du patriarcat et tous ceux qui se regardent dans le miroir le matin en se disant je suis un chef et c’est bon. Ils peuvent être autoritaires ce qui est bien différent de la domination tel que Je la sais harmonieuse. Il y a une sacrée différence entre être autoritaire et avoir de l’autorité, mais J’en parlerais plus tard.

Je nomme les Alphas classiques, les dominants dépendants.

Ils représentent donc 1/4 de la population mâle de notre monde occidentalisé moderne. Malgré leur apparente indépendance, ils sont enchainés à ce que pensent les autres d’eux et de ce qu’ils font.

Les Alphas dépendants sont forts, durs à la tâche, masculin, dominants, capables, compétents, confiants et la plupart du temps réussissent bien dans leur vie. Ils prennent et apprécient les responsabilités, ils aiment être obéis. Contrairement aux Bétas, ils aiment diriger les autres plutôt que d’être dirigés. En tant que patron ils exercent un paternalisme plus ou moins affirmé, en tant que mari, ils ont une tendance à la jalousie plus ou moins visible selon leur aptitude au self-control.

etresoimemesm6Le vrai problème avec les Alphas dépendants c’est qu’ils ne peuvent pas se passer de savoir ce que les autres font de leur vie et ce qu’ils disent. Ils ont toujours besoin d’être rassurés sur leur aptitude à maîtriser parfaitement les choses et les gens qui les entourent.

Si la petite amie de l’Alpha classique ne joue pas le jeu, si elle refuse de se soumettre (plus ou moins subtilement) l’Alpha mettra les choses au clair et avec plus ou moins de manipulation, de cris, de menaces (ou de coups, le pire coté de l’Alpha dépendant est le mari violent qui frappe ou tue sa femme parce qu’elle ne remplie pas ses besoins) il édictera des règles à respecter sous peine de sanctions plus ou moins abominables ou réalistes. L’employé rebelle ou qui pose trop de questions sera congédié un jour ou l’autre par son patron Alpha dépendant (peut-être encore plus rapidement si elle est de sexe féminin).

L’alpha dépendant vit dans la crainte que ses besoins ne soient pas satisfaits par celles et ceux qui l’entourent. Son comportement s’applique donc aussi à ses proches et à sa famille. Dans de nombreux cas, il se révèle invivable avec les personnes qui ne sont pas d’accord avec lui, et pourtant les autres le supportent.

On trouve aussi parmi les Alphas dépendants la terrible classe des pervers narcissiques. Mêmes mécanismes, mêmes besoins avec en plus la manipulation dévalorisante de l’autre pour se valoriser et satisfaire ses besoins de se sentir le plus fort et le meilleur. Attention danger. Les prisons sont pleines d’Alpha dépendants (qui vivent dans la crainte que leurs besoins ne soient pas remplis par les autres).

Oui, sous un certain angle, ils font un peu pitié. Cela dit quand ils sont obéis et que personne ne les remet en question ou pire, ne dévoile leur besoin plus ou moins maladif, ils se révèlent agréables à vivre et souvent d’excellents leaders.

Si quelqu’un leur tient tête, ils éprouvent de la colère et se sentent non respectés. La très grande majorité de nos responsables politiques sont des Alpha dépendants.

À part ça ils peuvent être de charmants Alphas et même être perçus comme paisibles, inventifs et même charismatiques.

D’une manière générale on peut dire que les Alphas dépendants vivent leur vie aux 2/3 en étant heureux et 1/3 en état de stress, d’insatisfaction ou de colère.

Le mode opératoire des Alphas dépendants est de contrôler les autres et leur environnement et d’être entendu (reconnu, respecté voir obéis)

etresoimemesm3Ils adorent diriger les autres et les sermonner avec plus ou moins de tact sur le bon comportement ou la juste attitude à avoir. Ils savent ce qui est bon pour les autres sans même avoir à leur demander (ce que font les hommes politiques tels qu’ont les subit depuis un moment).

Ils sont souvent contrariés et dans ce cas, ils se font un devoir de remettre les gens et les choses à la place qui leur convient. Avoir des gens qui les écoutent, leur demandent des conseils et s’en remettent à eux pour tout un tas de choses est de toute première importance pour ces dominants fragiles, parce que dépendants de leur besoin de reconnaissance (entre autres besoins).

Dans le monde BDSM, il y en a beaucoup qui, avec plus ou moins de self-control peuvent mener des relations D/s ou Maitre esclave satisfaisantes. Ce sont souvent des Dominants très exigeants, peu confiants, qui élaborent un grand nombre de règles, distribuent plus de punitions que de récompenses ou de compliments. Ils sont rarement satisfaits et se montrent peu sensibles ou parfaitement égoïstes. Mais sur le long terme ils n’échapperont pas, comme tout le monde, à reconnaitre que les autres ne sont pas là pour remplir leurs besoins, s’ils veulent trouver la paix d’une vie bonne et heureuse (comme dit le philosophe).

L’ALPHA LIBRE

Ceci nous laisse avec un groupe d’à peu près 5 % des hommes restant dans cette typologie. Les Alphas libres sont ceux-là.

En fait, ce sont les mêmes que les Alphas dépendants avec deux différences qui font toute la différence.

Le mode opératoire des Alphas libres  est la liberté (première différence) et l’entretien à long terme d’un bien-être intérieur source de paix et de bonheur de vivre (deuxième différence).

L’Alpha libre a structuré sa vie de manière à ce que lorsqu’il se lève le matin, il fait exactement ce dont il a envie sans jamais se préoccuper de ce que les autres font (en relations D/s, la confiance en leur soumise ou esclave est totale). Il organise librement son emploi du temps et n’a jamais à se plier aux agendas d’une petite amie, d’un patron, d’une femme, d’une mère par exemple. L’Alpha libre n’a d’obligations que celles qu’il s’est donnée à lui-même. Être libre ne signifie pas pour lui qu’il vit seul et n’a personne dans sa vie. Cela signifie qu’il n’a pas besoin de la permission ou du regard des autres pour agir et être lui-même.

Contrairement à l’Alpha dépendant, l’Alpha libre se contrefiche de ce que les autres ou la société peuvent penser de lui. En vérité il n’y pense même pas. Si la femme de sa vie lui fait des histoires, il hausse les épaules et part chercher ailleurs ce dont il a besoin, sans réagir plus que ça. Il n’ira pas la réprimander, la sermonner parce que cela entamerait sa joie de vivre et c’est ce dont il a le plus besoin dans sa vie. D’une manière générale il se fiche de ce que les autres font ou comment ils vivent, il est sur sa route et trace son chemin.

L’Alpha libre est doté par expérience d’une bonne connaissance de lui-même et d’une sensibilité bien acceptée. Il sait ce qu’est l’intelligence émotionnelle et s’en sert pour respecter autant les autres qu’il aime être respecté.

etresoimemesm5Son entourage le connait bien et l’apprécie pour la stabilité de son humeur, son bonheur et son ouverture. Le connaissant et ayant constaté que lorsqu’il y a des histoires (médisance, jalousie, etc..) il s’éloigne, son entourage ne l’importune pas avec des problèmes et des questions qui font partie de ce que vivent les bétas et les alphas dépendants qui se battent avec (que pense-t-elle de moi ? Tu crois que j’ai bien fait ?)

L’alpha libre est un électron, libre 😉

les 5 caractéristiques principales de l’Alpha libre sont les suivantes :

– Il est profondément heureux de vivre (définitivement en paix avec lui-même et le monde)

– Il est confiant et sûr de lui, il marche d’un pas sûr et puissant sur son chemin

– Il est masculin. Chaque culture a une définition du masculin, citons tout de même : l’intégrité, la rationalité, la force, le courage avec les autres traits courants du masculin.

– Il est libre et non pas enchainé par les normes relationnelles avec les personnes qui l’entourent, qu’il s’agisse du mariage, du travail, de la culture ou de la société. Il ne les déteste pas puisque cela viendrait pourrir sa joie de vivre, non, il vit à part et cela n’a pas d’importance à ses yeux.

– Il vit dans l’abondance. Il ne connait pas de pénurie, de sexe, d’argent, d’activité, d’amis, d’amour ou de contentement.

Cet Alpha-là est un homme libre, et souvent une source de crainte ou d’envie pour les autres.

Inutile de dire que les Maitres Alpha libres, responsables d’une relation D/s ou Maitre esclave sont particulièrement appréciés par leur soumise(s) ou leur esclave(s). Ce sont de purs gentlemen dominants respectueux de la relation et bien dans leur peau.

etresoimemesm7

Voilà, évidemment cette typologie se lit avec toutes les nuances appropriées 😉

Évidemment il existe des Bétas chefs d’entreprise, pilote d’avion ou praticiens de santé indépendants et reconnus, heureux de vivre, et responsables d’équipes avec qui ils s’entendent parfaitement, ils n’en sont pas moins des Bétas.

Évidemment il existe des Alphas dépendants conscients de leurs besoins et qui n’assomment pas leur entourage de leur domination masculine de base, on en connait et tant mieux ah ah !

Cette typologie, même un peu grossière, n’a pour but que de vous faire réfléchir et/ou réagir sur vous-même, ce qui est toujours une bonne chose, n’est ce pas ?

Oui, Je juge ces réflexions salutaires pour N/nous pratiquants des relations D/s, homme ou femme.

Pas d’inquiétude, la prochaine fois Je vous parle des 3 types de femmes de notre monde.

Bonne semaine.

7 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Monsieur,
    Merci pour ce texte empreint de force et de subtilité, j’adore cette liberté d’expression, cela va faire rêver bien des esclaves/soumises qui bien entendu souhaitent le Maître appartenant à la troisième catégorie, ah! a! ah! et il n’y en a pas pour toutes !!! nous avons le Maître que nous méritons, à méditer…et la barre des 5% sera dépassée.
    Belle journée à Vous.

  2. C’est toujours très réducteur de créer des cases pour catégoriser les gens, mais j’avoue me retrouver dans ce rangement. Sans doute aussi parce que ces catégories sont construites à partir de la vision d’une des catégories, les alphas libres et que forcément, quand on s’y retrouve, on apprécie 😉

    Merci pour cette article !

  3. Dans la journée hier j’ai repensé à cette article.
    Je me suis souvenu alors de discussion avec ma précédente soumise. A l’époque, je l’avais tirer des griffes d’un maître que l’on peut classé aisément dans les Alpha classiques, tendance égocentrique et manipulateur.
    Je n’étais alors qu’un dominant débutant (je lui suis maintenant moins même s’il me reste beaucoup de chose à apprendre) et cette figure m’en imposait (ce qu’elle m’en racontait, puisque je n’ai jamais rencontré cette homme) : son intransigeance, son charisme, sa froideur, son autorité… Je ne me sentais pas dans la même catégorie. Je me sentais inférieur dans bien des domaines et tellement meilleur dans beaucoup d’autres, dont ceux qui avaient de la valeur à mes yeux.
    A l’époque je ne connaissait pas ces classifications. Quand je discutais avec celle qui n’était pas encore ma soumise, je sentais tellement de respect. Elle le décrivait comme LE Maître dans toute sa splendeur et fatalement, comme je ne me sentais pas dans la même catégorie, je pensais donc ne pas être véritablement de la trempe d’un maître. Ce n’est quand poursuivant mes discussions avec elle, puis en la rencontrant, en l’aidant à s’échapper de ce manipulateur, en en faisant ma soumise, en me construisant comme Maître, que j’ai compris ce qui est écrit dans cette article (sans toutefois l’explicité aussi clairement).

    Petite question en passant. Pour vous, un (ou une) Alpha classique ou libre a-t-il fatalement des tendances D/s (même s’ils l’ignorent encore pour certains) ?

    • Bonjour Comte Ano,
      merci de votre commentaire qui aiguise Ma curiosité sur les domaines qui ont de la valeur à Vos yeux. Pour répondre à Votre question Je ne pense pas du tout que les Alphas ont, par nature des tendances D/s. J’imagine aisément que les Alphas libres puissent considérer la responsabilité d’une esclave ou d’une soumise comme une entrave à leur liberté. Cela dit, il est clair que les dominants sont à quelques exceptions près certainement, tous des Alphas 😉

  4. Dans le contexte de cette comparaison, ces domaines dans lesquels je me sentais meilleur et qui comptaient pour moi, il y avait le fait de prendre soin de l’autre, de chercher à l’émanciper au lieu d’en faire un être craintif et donc plus facilement manipulable et obéissant.
    Je reprend votre phrase de présentation de l’Alpha libre :
    « Le mode opératoire des Alphas libres est la liberté (première différence) et l’entretien à long terme d’un bien-être intérieur source de paix et de bonheur de vivre (deuxième différence). »
    Pour moi, ce mode opératoire je me l’applique et je cherche à le rendre accessible à ceux en qui je tiens, à commencer par celle qui m’accompagne (pour reprendre des paroles d’un chanteur d’astaffort). Être libre et heureux seul a peu d’intérêt.

    • Comte Ano,
      c’est tout à votre honneur.
      Pour apporter une nuance importante à ce post il Me semble important de bien comprendre que ce n’est pas parce que nous sommes dominant que nous sommes un Maitre. Un dominant peut avoir l’impression d’être un Maitre parce qu’il a une famille dont il est responsable ou une entreprise qu’il gère correctement il n’est pas un Maitre pour autant. La nuance est importante à Mon sens.

      • J’adhère
        D’ailleurs, je ne suis toujours pas sûr d’avoir le caractère d’un Maître. Dominant oui, type Alpha libre sans doute, adepte de l’univers D/s je ne peux pas le nier, mais Maître…
        J’ai l’impression, et j’aimerais bien avoir votre avis, qu’il faut avoir une forme d’intransigeance pour être Maître, intransigeance que je n’ai pas.

POSTER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here