Bonjour à T/tous !

je Vous avais prévenu, il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour venir à bout de l’envol de l’Ange. je suis Eva Delambre depuis son premier roman : Devenir Sienne et ai apprécié à leurs justes valeurs L’esclave et L’éveil de l’Ange. Alors me retrouver avec un nouvel ouvrage de sa part était pour moi une grande part d’enthousiasme. j’étais heureuse de pouvoir enfin relire sa plume que j’apprécie tant. Cela pour plusieurs raisons : déjà, les livres traitant du BDSM sont majoritairement écrits par des Anglo-saxons et traduits en français. Deuxièmement, le fait qu’Eva Delambre soit une soumise avec collier joue pour beaucoup. Même si l’on ne le savait pas, c’est indéniable. Les sentiments exprimés avec tant de justesse font de sa plume une réalité à laquelle on peut s’identifier même si les écrits ne relatent pas du tout ce que N/nous vivons ou aimerions vivre.

Ce livre est la suite de l’Éveil de l’Ange, donc. C’est l’histoire de Solange, une jeune femme qui manque de confiance en elle. Elle a un rêve, une envie, un désir qu’elle n’ose pas assumer : écrire. Seule sa meilleure amie, Axelle est au courant. De ce fait, elle répond pour elle à une offre d’emploi qui l’envoie donc chez Tristan pour écrire ses mémoires. Contrairement à ce qu’elle avait imaginé, elle tombe sur un bel Homme charismatique qui veut faire écrire … un recueil de Ses séances de domination avec Ses différentes anciennes soumises. Peu à peu, Solange découvre, s’intéresse et se découvre malgré elle intéressée, attirée par ce genre d’expérience et souhaite aller plus loin. Si bien que le livre se termine ainsi, elle devient Sa soumise.

Dans le deuxième tome, il est donc évident que l’on va en découvrir plus sur la relation entre Tristan et Solange, devenue Ange. L’esprit du premier ouvrage est toujours présent avec l’écriture et le récit des séances vécues, mais qui deviennent des écrits personnels puisqu’il s’agit de ses propres séances et d’écrire sa vie. j’ai apprécié lire le cheminement d’Ange pour apprendre à cerner ses envies et les accepter. Cependant, contrairement au premier tome, j’ai trouvé que les émotions, les ressentis de Tristan manquaient. Enfin, disons que je les ai beaucoup appréciés dans l’Éveil de l’Ange et que j’aurai aimé en lire plus.

Ce livre est ponctué de beaucoup de séances et beaucoup de sexe et à mon goût, il y en avait un petit peu de trop. j’adore lire des scènes SM et des scènes de sexe et mon excitation est palpable en refermant un chapitre. Cependant, j’aurais aimé en savoir plus sur ce qu’il se passe autour, sur ce que fait Tristan et ce qu’Il pense quand il n’est pas avec elle, sur les émotions et ressentis d’Axelle, etc.

L’enjeu et la difficulté de la relation sont que celle-ci aura une fin. Dès le départ, avant même la demande d’Ange, Tristan ne le cache pas. Il sait qu’une relation a un début et une fin. C’est un cycle : le Maître fait évoluer Sa soumise, l’éduque, la dresse, la façonne pour que la soumise devienne meilleure pour Lui, pour elle. C’est ainsi que même avec la fin certaine prévue, Tristan cherche à découvrir les envies profondes d’Ange pour qu’à la fin de celle-ci elle puisse se réaliser. Le but du Maître n’est pas de prendre du plaisir et de jeter la soumise quand Il est lassé et qu’Il en a marre comme peut le penser Ange à plusieurs reprises. Ange … et tant de soumises/esclaves d’ailleurs ! L’idée de cette fin m’a rappelé l’Esclave. Pour avoir longuement discuté avec Eva, je connais son désir de faire des livres beaux et agréables à lire. Les histoires qui se finissent mal sont bien assez nombreuses dans la vie de tous les jours pour ne pas en rajouter dans les livres.

je m’attends donc à une belle fin heureuse, mais avec le son de la voix de Maître Tesamo aux écrits polissons « Peut être allez V/vous pleurer comme j’ai vu Eva pleurer en l’écrivant ». je ne dévoilerai pas la fin, mais une chose est certaine c’est que c’est vrai, les larmes sont venues pendant une bonne dizaine de pages. Des larmes qui me renvoyaient à ce que je pourrais ressentir dans une telle situation, mais en même temps avec une réelle empathie pour Tristan et Ange, ce n’est pas moi qui pleurais, pas l’esclave, mais la lectrice.

Dans ce livre, il y a beaucoup d’émotions mêlées que j’ai pu ressentir. On y voit beaucoup de valeurs essentielles comme l’Abnégation, la gestion de la peur, enfin tout ce qui chemine dans la connaissance perpétuelle de soi. Le roman m’a bouleversé et m’a mis dans un état bouillonnant de questions et de sujets que j’ai envie de traiter pour le blog, mais aussi des questions, dont la réponse ne m’appartient pas.

« Aurais je fais ce choix en connaissant la souffrance de la fin ?» : plusieurs fois, j’ai vécu des fins de relations. Alors il est vrai que ce n’était pas un poids que j’avais au-dessus de la tête et que cela s’est fait naturellement. Toutes les relations ont une fin et je n’aimerai pas vivre une relation en sachant qu’il y aura une fin. je veux être ouverte à la vie, vivre pleinement le présent sans me préoccuper de l’avenir tout en essayant de rendre chaque instant du présent inoubliable. Cependant, je ne regrette absolument aucune des relations que j’ai vécues. Certes, j’ai évolué et aujourd’hui, je ne referai pas les mêmes choix que j’ai pu faire, néanmoins, une relation D/s ou M/e est d’une intensité, d’un bonheur et d’une plénitude tels que je préfère connaitre ça et que cela s’arrête plutôt que de ne pas suivre mes envies. Tout cela réside dans l’Amour que l’on se porte, dans la confiance et l’estime de soi. Combien se limitent par peur d’échouer ? N’est-ce pas ce qu’a fait Solange pendant plusieurs années avant qu’Axelle n’envoie le mail ? N’est-on pas plus heureux en allant au bout de ce que l’on souhaite faire ? C’est mon avis.

« Qu’est-ce que l’abnégation ? » Cette question me renvoie à l’article de Dame de C sur « j’accepte » et ses différentes visions. Peut-on parler d’abnégation si l’on obéit à des ordres qui nous sont agréables ? Est ce un manque d’abnégation que de vouloir prendre du plaisir dans ce qu’il se vit ? je dirai que l’important est de trouver la juste place en soi, pour soi. Il m’arrive en séance d’avoir tellement envie de sexe que la frustration imposée par SENSEÏ me trouble et me fait hurler à l’intérieur de moi. Seulement, je continue à obéir et cela me plait. Il me suffit pour cela de me réciter et de me dire que si je suis frustrée c’est qu’Il le souhaite et que je suis là pour vivre ce qu’Il souhaite. je ne me force pas à obéir par peur qu’Il m’enlève mon collier, je ne me force pas par peur de punition, je le fais parce que c’est ma condition et c’est aussi une grande part du dressage de mon Maître que de m’apprendre à accepter du plus profond de mon âme d’esclave.

Bonne journée à T/tous

1 COMMENTAIRE

  1. Oui esclavelina, la perpétuelle recherche de soi, la différence entre N/nos projections et N/nos vérités intérieures. Je me demande si ces relations comme toutes les autres du reste n’existent que parce qu’elles N/nous sont nécessaires dans N/notre cheminement vers N/nous, en N/nous mêmes. Les rencontres, les morceaux de vie partagés, les ruptures procèdent à consolider N/notre évolution. Et non il n’y a rien à regretter, vivre c’est accepter cela.
    Bon c’est facile à dire pour moi maintenant et à l’âge que j’ai, avec une vie stable et satisfaisante, dans un vrai partage, N/nous reconnaissant mutuellement dans la sincérité et le respect de ce que N/nous sommes.
    Un chanteur connu ne disait-il pas : au bout de mon âge qu’aurai-je trouvé, vivre est un village où j’ai mal rêvé. (enfin c’est ce que j’ai entendu.)
    Et je n’ai toujours pas eu le temps de lire ce second opus d’Eva Delambre, pourtant je lis, je lis, mais d’autres choses tout aussi enrichissantes.
    Bonne journée.

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