Le funishement. Un oxymore ou un mot valise ?

Je reçois ce message sur instagram :

« Bonjour monsieur j’ai besoin d’aide
Voilà, j’ai du mal avec le funishement, je ne sais pas quand ou comment le faire, dois je le faire comme si je punissais ma soumise pour une bêtise ? Où dois je le faire en faisant une punition qui lui ferait plaisir, une punition qu’elle attend ? Voilà, encore désolé pour le dérangement, je vous souhaite une agréable dimanche » – fin de message

Ce message tombe à un moment où Je n’ai pas le temps de réfléchir à ça et vite fait Je trouve le terme plutôt amusant et Je Me dis que Je pourrais l’évoquer lors d’une prochaine vidéo et Je n’y pense pas plus que ça, Je propose cette possibilité à la personne, c’est ok, et Je n’y pense plus.

Plus tard J’en parle à esclave lina. sa réaction est immédiate et particulièrement vive : un funishement de fun et de punishement ? Quelle horreur, c’est d’une débilité sans nom et ça n’a aucun sens !

Je réfléchis instantanément : évidemment elle à raison. Une punition est à l’exact opposé de l’amusement (fun). Pourtant tout le monde sait ce qu’est une punition et tout le monde sait ce qu’est s’amuser.

Le BDSM sous sa forme de jeu a donc créé la punition qui donne du plaisir. Les gens qui jouent à faire des fautes :

  • oh zut j’ai encore fait pipi à côté de la cuvette
  • Oh que voilà un vilain petit soumis, je vais le punir en lui tirant la nouille peut être il giclera encore une fois

Le débile qui a créé cet oxymore doit être un de ceux-là. Où alors c’est un mot-valise comme biffle (assemblage de bite et de gifle) ou attachiant qui a pour avantage de confiner à l’oxymore : comment s’attacher à une personne chiante (relation de névrosés très courante à notre époque)

Bref, bienvenue dans le monde d’un bdsm de loisirs qui dans ses pratiques ne visent à rien d’autre que de se faire plaisir, mais qui en plus se pose des questions. Évidemment que ça pose des questions puisque que c’est un oxymore, un non-sens à la base. Comme dans cette phrase d’un ministre de l’économie du siècle dernier : il faut mettre un frein à l’immobilisme. Bref de quoi faire un cri silencieux ou un rugissement sourd. Au-delà de la formule poétique ou humoristique c’est creux comme un œuf ah ah.

Pourtant le bdsm existe adossé à son oxymore de base : une douleur qui fait du bien. À la lumière de cette évidence le débile qui a créé funishment l’est il vraiment ? Qu’en dites V/vous ?

Bref, comment répondre à cette question ? De deux manières selon Moi.

1 – sur le ton du jeu : puisque vous jouez et que plus rien n’a de sens comme dans le monde d’Alice au pays des merveilles alors jouez à fond et foutez nous la paix avec vos contradictions et torsion du langage sans aucun sens

2 – sur le ton du sens et de la relation humaine en questionnant : quelle est la relation que vous prétendez vivre ? Qu’elle est celle que vous vivez en réalité ? Où souhaitez-vous allez ensemble ? Est ce une relation de pouvoir, de domination ou de soumission ce qui est défini par l’acronyme bdsm ? Quel niveau d’engagement avec vous envers l’autre ? Quelle communication entretenez-vous au sujet de la relation que vous vivez ?

Qu’on le veuille ou non, N/nous les amateurs de bdsm, sommes des personnes humaines donc des gens de relation. N/nous pouvons vivre dans le fantasme, avec, par et pour le fantasme, N/nous serons toujours rattrapés par la réalité de la relation humaine, par N/notre conscience ou à minima N/notre soif de conscience. C’est un peu la question de la personne sur instagram.

Pour terminer et répondre simplement. :

Utilisez les punitions pour punir (et c’est très déplaisant) et créez des temps de plaisir où vous pourrez imposer ou offrir des douleurs ou des humiliations, etc. autant que vous voulez l’un et l’autre chacun à sa place.

Si vous voulez structurer et faire grandir votre relation, vous devez vous engager dans une direction, vos questions témoignent juste que c’est le bon moment pour ça.

POSTER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here