Deux articles d’esclave lina et d’esclave clochette parus fin mai portent le même titre : « j’accepte » avec un contenu différent. Ce qui m’a conduit à y réfléchir aussi et à en parler avec mon Maître, de comprendre certaines façons de se comporter.

Commençons par une définition générale.

1- C’est se sentir contraint à vivre une situation ou un événement, par obligation se résigner à ce qui est inévitable.

2-C’est consentir à vivre une situation ou un événement en pleine conscience, c’est aussi recevoir volontairement ce qui est offert.

Deux interprétations très différentes n’est-ce pas ?

Dans le cadre de la définition 1 l’acceptation est disons extérieure à ce que N/nous sommes, des rappels incessants à N/nos malaises passés, à N/nos manques et qui entravent N/notre évolution.

Dans le cadre de la définition 2 c’est un acte réfléchi menant à un épanouissement intérieur, une mise en accord avec N/nous mêmes.

Pour clarifier mes dires je V/vous propose des exemples simples que j’ai vécu et qui feront peut être écho en V/vous.

Répétition de l’acceptation négative.

Dans ma vie je subissais des situations qui me gênaient, je les acceptais et je n’en étais pas heureuse.

J’acceptais pour avoir la paix, me sentir exister … acceptation résignation inconsciente. Avec le recul je m’aperçois qu’elle N/nous est imposée par nous-mêmes, par un manque de travail sur soi, par une certaine fragilité intérieure, par une mauvaise interprétation de la réalité. Ou par des personnes, des événements qui font pression pour N/nous conduire là où ils veulent, c’est plus leur volonté dans ce cas qui s’appliquera que la nôtre. Cette acceptation de surface est un NON dissimulé, refoulé, une petite bombe à retardement qui explosera tôt ou tard. Le conflit est en dormance, prêt à surgir à tout facteur déclenchant, je dirai que pour progresser c’est nécessaire de le régler.

Comment y remédier ?

Dans mon cas vers la trentaine j’ai tout d’un coup éprouvé le besoin de m’engager dans une relation « amoureuse ». Je voulais à toute force être aimée, je dis bien à toute force ce qui en soi est une première erreur. Je connaissais parfaitement l’homme qui est venu vers moi, son parcours, son fonctionnement. Mais mon envie a primé et j’ai projeté mes désirs sur cette personne, j’ai voulu croire que … J’étais heureuse, euphorique, fière qu’il m’est choisi, je me sentais importante. J’allais être celle par qui le changement arriverait, ha! ha! ha! le sentiment amoureux faussait ma vision.

Sauf qu’un jour j’ai vu arriver une autre femme, (nous étions voisins). Stupéfaction, choc visuel malgré le fait que je n’ignorais pas cette donnée, il aimait entretenir des relations en parallèle, moi pas du tout.

A partir de ce constat, deux solutions me sont apparues :

1- je continuais comme avant, j’acceptais cette relation particulière avec tout ce qu’elle sous tendait.

2- J’étais à même de transformer ma façon de voir, était-ce dans mes capacités ou non ? dans le cas d’une réponse vraie et négative je devais mettre un terme à cette relation avec douleur, désespoir etc…

Dilemme, souffrance, réflexion, rupture. J’ai laissé venir mes émotions, peur, jalousie, rage, puis je me suis tournée en moi même pour trouver la réponse. Dans ce contexte précis c’est en acceptant pas que j’ai progressé sur le chemin de ma réalisation et de l’acceptation.

Comme dans une relation D/s où N/nous devons faire les choix pour N/nous, pour se vivre vraiment Maître, esclave/soumise sans se laisser influencer par l’A/autre et ce que N/nous projetons sur L/lui.

Par ce choix mûri j’ai cassé le schéma que je reproduisais par peur.

J’ai accepté de commencer à être moi, à m’estimer, à m’aimer, à écouter ma voix intérieure.

J’ai accepté de ne plus faire de compromis préjudiciable à mon intégrité et tant pis si tout s’écroulait.

J’ai accepté le fait que je ne pourrai pas le changer, qu’une histoire duelle n’était pas dans son optique.

J’ai accepté de ne plus m’accrocher à des illusions par peur de l’abandon (schéma lié à l’enfance).

Accepter dans ces conditions aurait été l’illustration parfaite de l’acceptation résignation, acceptation négative qui n’est pas source d’évolution mais d’enfermement. Evidemment il m’a fallu du temps pour y parvenir.

C’est alors que mon Maître me dit :

-« Pourquoi n’as-tu pas choisi une troisième option ? »

-« Laquelle Maître ? »

-« Mais de te conduire comme lui, de te choisir un autre partenaire, de te partager entre les deux, de jouir de cela. »

-« Tout simplement parce que cela n’est pas moi, c’est ce que j’ai compris. »

En le comprenant j’ai accepté de m’avouer que ce qui m’arrivait, faisait partie de mon histoire et était un passage obligé menant à la résolution de ce problème récurrent. Cet « échec » fut bénéfique, ma vie a pris une nouvelle direction, j’ai accepté aussi d’être plus sereine face aux choses sur lesquelles nous n’avons pas prise. De plus il m’a beaucoup apporté, étant très expérimenté dans le domaine sexuel il m’a permis de constater que le sexe n’était pas nécessairement lié aux sentiments, un gros progrès pour moi.

Et la relation avec l’acceptation dans une relation D/s ?

A priori la base de départ est différente, la communication claire des visions des D/deux partenaires devraient simplifier la donne et ne pas permettre la venue de ce genre de conflit intérieur puisque les éléments constitutifs de la relation à venir sont posés, discutés, envisagés avant le consentement mais ce serait oublier que N/nous sommes humains.

Acceptation des pratiques dans une compréhension mutuelle, du mode de vie et des orientations à venir. A partir du moment où l’esclave/soumise intègre que tel élément est possible, qu’elle donne son consentement, elle sait que tôt ou tard cela arrivera. A mon sens c’est qu’au fond d’elle cette idée ne la rebute pas, qu’elle pressent qu’elle peut le vivre, c’est son choix.

C’est alors l’acceptation dynamique.

C’est faire un travail sur soi en profondeur.

C’est être à même de rejeter ses attitudes de refus, d’en comprendre le mécanisme et le pourquoi, de les transformer pour être en accord avec soi dans sa vérité et pas dans celle de l’Autre.

Si malgré tout certaines situations se répétant se révèlent toujours aussi douloureuses à vivre malgré le consentement donné, l’esclave/soumise devra se questionner sans se juger.

Pourquoi ai-je accepté ces conditions si au fond elles me posaient problème ?

Pensais-je faire changer l’Autre sur ce point, et pourquoi ?

Pensais-je pouvoir évoluer dans ce sens ? Suis-je vraiment capable d’y parvenir ?

Ai-je été aveuglé par mes émotions en oubliant que la base de départ était mon désir de soumission qui devait primer sur le reste ?

Restons humble en sachant que N/nos parcours, N/nos vécus, N/nos capacités à la résolution sont différents et acceptons le cheminement de l’A/autre même s’il n’est pas celui que N/nous espérions.

Quand esclave clochette dit : « C’est faire de chacune de Ses décisions un trésor, une pierre précieuse pour ma joie de servir. » Elle se positionne clairement, N/nous pouvons lire : « Ses décisions sont toujours prises en fonction de N/notre épanouissement commun dans la ligne de ce qui a été dévoilé avant mon consentement.

Car même si la nature de l’esclave est de servir avec abnégation, son Maître n’a pas vocation de modifier sa nature profonde en la formatant selon Ses désirs ou Ses aspirations personnelles et égoïstes. Il a pour mission de répondre à ses besoins vrais comme elle répond aux Siens. Le Maître doit être servi comme Il le mérite et l’esclave/soumise doit pouvoir s’épanouir comme elle le mérite. Ce qui conduira à accepter ce qui arrive si N/nous ne pouvons pas le changer et en tirer les conséquences qui feront que N/nous pourrons en tirer profit ou non.

Cette notion d’acceptation n’est pas propre aux esclaves/soumises, le Maître accepte le consentement (recevoir ce qui est offert).

C’est avec humilité qu’Il sera digne de ce don dans l’acceptation de Ses erreurs éventuelles.

Dans l’acceptation de ne pas être « esclave » de Sa vision, de Ses désirs ou Ses passions, sans être capable d’en changer en évoluant et donc d’accepter l’évolution de la relation. Ce qui est l’acceptation sereine de recevoir de la vie les événements comme ils arrivent et non comme N/nous le voulons, d’être dans le flux vital, d’être dans la loi de l’univers en mouvement perpétuel.

Oui l’évolution dans l’acceptation ne peut pas être unilatérale, le Maître peut aussi Se dire : « La vie n’est pas comme je l’avais imaginée et je l’accepte. ».

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