À la demande de Maître ErosPower et de lina, je vais essayer de définir ce qui selon moi différencie une kajira d’une esclave. Attention, il ne s’agira que de mon point de vue, pas d’une vérité universelle. Les Chroniques de Gor restent une œuvre de fiction, et en tant que tel, restent sujettes à de multiples lectures et interprétations. Mais avant de passer à la différence esclave BDSM/kajira, j’aimerais présenter ce qu’est une kajira sur la planète Gor.

Pour commencer, le mot kajira signifie « esclave » en langue goréenne. Une esclave de Gor est le fruit d’un dressage et d’une éducation qui ne lui laisse aucun choix. Une esclave sert et obéit docilement, ou elle mourra. Elle ne se soumet pas par choix, mais par contrainte.
Une kajira est une marchandise, une propriété. Elle peut être achetée, capturée, volée, vendue, tuée. Elle ne possède rien, pas même son nom. Elle doit obéir et plaire, et est dressée pour cela.

Sur Gor, les hommes estiment que l’esclavage fait partie de l’ordre naturel des choses, et la femme même Libre est conditionnée à l’accepter et comprendre qu’elle est plus faible que l’homme, et qu’elle peut un jour finir esclave. Toute femme Libre apprend au moins un peu ce qu’elle doit faire si elle est capturée, pour se livrer comme esclave. Il vaut mieux après tout vivre esclave que mourir.
Aucun homme ne veut d’une esclave malheureuse, folle, dangereuse, ou incontrôlable. La captive future esclave est donc en général brisée, matée, conditionnée, pour accepter son rôle. Une fois ceci fait, seulement, elle sera éduquée pour savoir comment servir, et plaire. Aucun goréen n’aime particulièrement tuer une esclave. Tout sera donc fait, y compris le plus rudement possible, pour qu’elle accepte sa condition totalement et docilement. 

Les Maîtres goréens aiment généralement les esclaves belles, intelligentes et dotées d’un fort caractère. Les kajirae sont des femmes fières, qui découvrent dans l’asservissement leur nature profonde : leur féminité, d’aucuns diraient leur femellité. Leur nature de femme, physiquement fragile, les incite à admirer et respecter les mâles forts et puissants, tels que le sont les guerriers goréens. Dans cette vision des choses, l’ordre de la nature est respecté et elles s’épanouissent totalement. 

Parfois, un lien d’amour se crée entre le Maître et Sa kajira (ou une de Ses kajirae). Mais même dans ce cas, elle reste Sa propriété, et le Maître sera en général encore plus dur et exigeant envers Son esclave d’amour, justement parce qu’Il l’aime et qu’Il ne tolèrera aucune faiblesse du fait de cet amour. Et c’est cette intransigeance totale, cette force masculine brute, qui apaisera et épanouira la kajira, et renforcera son respect et son amour pour son Maître.

Selon moi, la principale différence entre une kajira et une soumise provient du choix. Une kajira est fière et ne se soumet qu’au Maître absolu. Elle attend une domination ferme, totale et absolue, sans quoi elle peut se révolter. Une soumise fait le don de sa soumission, en fonction de règles et accords prédéfinis. Une kajira ne s’offre pas, elle est prise car telle est sa nature.

La différence entre une esclave BDSM et une kajira est à peu près identique. Certes dans les deux cas la totalité des choix revient au Maître. Mais là encore une esclave BDSM s’offre intégralement et sans restriction à son Maître, avec une totale abnégation et une totale confiance. La kajira ne s’abandonnera qu’au Maître véritable, mais restera fière, fière de sa condition et fière d’appartenir au Maître qui a su la dompter et la révéler à elle-même. Yeux baissés par respect, elle garde toutefois la tête haute. Cela étant dit, je n’émets absolument aucun jugement de valeur, il n’y a pas de notion de hiérarchie entre une soumise, une esclave ou une kajira. J’ai été les trois et j’ai apprécié chaque étape de mon parcours. Au final il s’agit seulement d’une question de nature profonde. À chacune de trouver la sienne. Pour ma part il m’aura fallu près de 20 ans pour me trouver.

Concernant les détails quotidiens qui distinguent le monde de Gor du monde BDSM, une de mes amies esclaves a pointé l’absence du possessif. Effectivement, la kajira ne pouvant rien posséder, elle ne peut décemment pas dire « mon Maître ». Elle emploie donc généralement uniquement le mot « Maître » pour parler à et de son Maître, ou à un autre Maître. De la même manière, sur Gor, tous les hommes Libres sont considérés comme des Maîtres pour la kajira. Elle les appelle donc tous ainsi (et non Monsieur comme dans le monde BDSM), même si elle n’appartient qu’à un.

Ce qui me plaît particulièrement dans le monde de Gor, et qui est totalement visible dans les livres, c’est que si l’esclavage en lui-même est très sociétal, et qu’il existe certaines règles communes qui régissent les rapports Maîtres/kajirae dans les diverses communautés, chaque communauté de Gor et chaque Maître individuel édicte et impose Ses propres lois à Sa kajira, qui doit apprendre à Le servir et à Lui plaire de manière spécifique. Le fondement est le même, mais l’application diffère en fonction de chacun. Et cette liberté est réellement appréciable dans un monde où tout tend à s’uniformiser (je parle du monde de la Terre, pas celui de Gor évidemment). 

Bien sûr nous sommes sur Terre, pas sur Gor, cela impose certaines limites, et la mise à mort d’une kajira ayant fui ou déplu à son Maître est hautement improbable. Mais l’essence de cette relation demeure, une relation où chacun est à sa place : le Maître puissant et la kajira femelle et sensuelle. Le respect de la force brute, la complémentarité entre le masculin et le féminin. 

Et le lien d’amour ainsi créé (quand il se crée) possède une force magnétique inébranlable. Je ne connais rien de plus fort que ce lien. Les mots mêmes sont impuissants à transcrire cette force. Nous avons enfin compris ce qui nous lie Maître et moi. Bien au-delà d’un jeu ou d’un mode de vie. Bien au-delà de l’amour qui nous unit. Bien au-delà de nos enfants. Je suis à Lui parce qu’il en est ainsi. Je suis à Lui parce qu’Il en a décidé ainsi. Je suis à Lui parce telle est ma nature d’appartenir et telle est Sa nature de posséder. Je suis à Lui non parce que je me suis offerte à Lui, mais parce qu’Il m’a prise, intégralement. Et qu’Il n’y a que là que je me sens bien, que je me sens moi : à Ses pieds, sans autre choix que de plaire et servir pour vivre. Asservie et heureuse.

Elerinna, fière kajira, propriété du Maître goréen Elendil

Le blog de cette magnifique kajira est ici : http://soumelerinna.canalblog.com/

N/notre vidéo au sujet de l’œuvre de John Norman est ici : https://youtu.be/1DvfBSwPzg0

1 COMMENTAIRE

  1. Merci infiniment lina d’avoir publié ce texte ici, je suis touchée. Heureuse aussi de voir que ce mode de vie suscite l’intérêt et crée des questionnements !
    Une belle journée à vous deux et mes salutations à Maître ErosPower.
    Sincèrement,
    élerinna, kajira d’Elendil

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