Convention de langage ? balises de la relation ?

Une réflexion qui me trotte dans la tête depuis le début.

De quoi perdre les pédales pour certain(e)s et j’avoue que cette gymnastique linguistique m’a un peu perturbée au départ. Ma langue fourchait au mauvais moment, devant le mauvais public. Il m’arrivait de penser : Oui Maître, je Vous… et tout net de le formuler, les mots s’échappaient de ma bouche, après je me rattrapais comme je pouvais en jouant sur le mode humoristique : oui vous qui … (ouf, ça faisait rire…) parenthèse close.

Où comment utiliser ces pronoms dits personnels à bon escient et dans le bon contexte, la vie ne se déroulant pas en vase clos comme dans certains romans BDSM, toute la différence entre le fictif et la réalité, la vie n’est pas un songe, elle est N/notre réalité.

J’en suis venue à penser que l’important c’était le vécu et le contenu de la relation qui comptait et non son enrobage, chaque couple trouvant son équilibre en fonction de ce qu’il est.

Pour moi il existe plusieurs cas.

Cas numéro 1 : le cas le plus simple, les deux protagonistes appartiennent déjà au milieu BDSM, ils en connaissent les codes, les rituels et les habitudes, ils y adhèrent complètement. Ils se cherchent, se trouvent et décident de vivre en 24/7. Ils construisent leur vie sur des bases connues, cadrées et solides. Dés le début les règles sont posées, validées, acceptées, là le vouvoiement envers le Maître pour l’esclave/soumise est une évidence. Il y a là une notion de respect, d’acceptation de sa condition, d’appartenance. Ce vouvoiement renforce leur position respective, cela fait partie de la concrétisation de leurs aspirations profondes, c’est une pierre indispensable à l’édifice qu’I/ils construisent au quotidien. Je dirai même que cela les conforte dans le bonheur d’enfin S/se vivre comme I/ils se ressentent. Ce vouvoiement ne choquera personne, chacun pouvant penser que c’est le fonctionnement choisi par ce couple. En toute circonstance le Maître saura mesurer et adapter Ses exigences en toute discrétion face aux situations et aux personnes rencontrées. Cela pourra poser bien sûr interrogation, mais en général ça passera bien. Le Maître vouvoiera ou tutoiera Son esclave/soumise à Sa convenance, selon Son envie, Sa vision.

Cas numéro 2 : assez simple également, le Maître et l’esclave/soumise ont une vie séparée, chacun vivant de son côté, il y a là deux mondes bien cloisonnés et distincts. La règle du vouvoiement entre « en vigueur » au moment de la reconstitution du couple D/s, c’est à dire au moment des échanges virtuels ou des rencontres dans le réel (soirées privées ou publiques en club par exemple). L/leur vie étant ici plus découpée le vouvoiement de l’esclave/soumise permet aux deux partenaires de S/se reconnaître, de S/se repositionner, de réintégrer S/son statut. Il y a certes une mise en scène de la relation au travers de ce rituel mais il marque comme la mise du collier, l’obéissance et tous les autres éléments du contrat le basculement de la vie vanille à la relation D/s, mise en condition permettant le lâcher prise et la possibilité de créer L/leur bulle. Personnellement je trouve ce style de relation plus inconfortable avec cette obligation de jongler entre plusieurs pôles, entre deux vies parallèles.

Cas numéro 3 : les couples dit « vanille » qui un jour changent d’orientation et décident de tenter une nouvelle aventure celle de la Domination/soumission. Ou plus exactement d’intégrer et de développer cette nouvelle équation au sein de leur vie. Et bien pour le vivre ce n’est pas aisé, il y a le démarrage où tout feu tout flamme N/nous N/nous lançons dans tout un tas d’expérimentations avec le désir de bien faire et de coller au plus près de ce monde. Et j’ai lu qu’il fallait vouvoyer le Maître afin de se sentir à sa place de soumise et lui à Sa place de Maître, dur, dur après un passé plus ou moins long de vanille où le « tu » es la norme du couple. Interrogations ??? de nombreuses situations où cela n’est pas envisageable : en famille, avec N/notre entourage proche (amis, connaissances…), il reste la sphère intime et les moments où N/nous sommes seuls. Là encore il s’agit par ce vouvoiement de se mettre dans un contexte particulier, de se préparer à vivre des instants particuliers dans la relation. Ce « Vous » me vient facilement lors des séances, des moments de sexualité… des moments où le lâcher prise est nécessaire pour bien se ressentir Maître/soumise. Il y a un phénomène d’adaptation aux situations vécues tout au long de la journée, la relation suit son cours avec ses hauts et ses bas, un basculement lié à la fluidité de N/notre vécu, N/nous N/nous comportons avec simplicité et sincérité sans en rajouter. N/nous n’avons plus à N/nous prouver que cette relation est réelle, elle est simplement. Quelquefois une petite remarque, un regard, un geste, une constatation de Sa part suffisent à me sentir sous Sa domination que N/nous soyons seuls ou en compagnie d’autres personnes. Il glisse dans la conversation : sais-tu qui est le Maître ? l’air de rien, Il réaffirme à chaque occasion Sa position de façon subtile, alors pour N/nous le vouvoiement n’est pas une nécessité absolue, il vient naturellement selon les circonstances et les lieux.

En fait je m’embrouille plus au niveau de l’écrit où je marque bien le N/nous et quand je communique avec des personnes de N/notre entourage j’ai ce réflexe d’écrire N/nous de cette façon, je me rattrape bien sûr. Et V/vous quel est V/votre mode de fonctionnement ?

 

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