Pour répondre régulièrement aux questions qui Me sont posées, Je peux tenter désormais quelques statistiques même empiriques (ah ah encore un oxymore !)
Je constate que les jeunes Maitresses rencontrées sont la plupart du temps curieuses, attentives et en demande de conseils. Ce que sont rarement les jeunes Maitres.
Les jeunes Maitres manquent de confiance en eux, comme les jeunes Maitresses. Et c’est un peu normal, Nous avons tous commencé comme ça.
Cependant, au risque de faire un peu de sexisme, Je constate que les femmes posent des questions, sont curieuses et se remettent en question facilement sans trop se juger. Les jeunes Maitres, eux, restent sur leurs positions, même désastreuses, et s’ils peuvent quelques fois témoigner de chercher à s’améliorer, en réalité, ils n’en font rien et campent sur leur position de maitre qui même s’il a des doutes ne doit surtout pas le montrer et encore moins à sa soumise. Cette stratégie d’évitement des problèmes potentiels peut même l’amener à fuir sa responsabilité (c’est de ta faute ma soumise, ce n’est pas moi mais les circonstances, je n’ai pas le choix etc…)
Oui d’accord, ce n’est pas nouveau que les filles sont plus vite plus matures que les garçons, c’est flagrant à l’école depuis des générations. Ok.

Mais alors pourquoi les jeunes Maitres ont-ils tant de mal à reconnaitre volontairement devoir s’améliorer ? Parce qu’ils sont des hommes ? Et que les hommes sont conditionnés dès tout petit à ne pas reconnaître leurs émotions, à régler leurs problèmes tout seuls dans leur coin en serrant les dents ?

J’ai eu souvent (et encore hélas) le témoignage de soumises qui en souffrent. Je constate qu’il y a une quantité de relations D/s pourtant débutées sur de bonnes bases et de belles déclarations d’intention qui échouent dès que la soumise constate qu’elle est la seule à faire des efforts.

Désolé de le dire comme ça, mais celui qui croit qu’il suffit de faire obéir la soumise ou l’esclave en lui distribuant des règles, des récompenses ou des punitions et de l’utiliser souvent pour être Maitre se trompe gravement. I faut tout cela bien évidemment mais cela ne suffit pas pour faire durer et grandir la relation.

Celui qui n’acquiert pas la maturité nécessaire à la maitrise de soi, à l’humilité indispensable et à la capacité à intervenir sur son propre comportement risque l’échec la relation à terme.

Celui qui ne comprend pas que sa sensibilité et son honnêteté sont des outils au service de la relation et de son aptitude à dominer est voué à l’enfermement sur lui même et à l’échec.

Lorsque l’on parle de remise en question, d’humilité, d’estime de soi, souvent, le jeune Maitre se ferme comme une huitre et s’éloigne (témoignage de soumise à l’appui).

Il se trouve que N/nous pouvons aborder ceci sous l’angle de la confiance. Un manque de confiance en soi est, vu de Ma fenêtre, l’une des premières causes d’échec des jeunes Maitres dans leur relation.

Hélas donc, admettre un manque de confiance en soi semble être une telle contradiction que c’est impossible aux yeux des jeunes Maitres : un Maitre a toujours confiance en lui, c’est d’ailleurs sa première qualité, (on se dit bêtement : puisque je suis un maitre je ne manque pas de confiance en moi). C’est comme ça que le problème est escamoté sous le tapis à la manière des shadoks : le problème n’a pas de solution donc il n’y a pas de problème ah ah !

Mais il ne faut pas prendre les soumises ou les esclaves pour des lapins de trois semaines. Compte tenu du niveau d’engagement induit par le consentement, le manque de confiance en lui du Maitre se montre toujours à un moment ou à un autre. Et ce moment là est souvent difficile à vivre pour la personne qui l’a nié ou caché.

Difficile ne signifie pas sans solutions heureusement.

Mais est ce un aveu de faiblesse que de reconnaitre un manque de confiance en soi ?

Non pas forcément et d’autant moins que le jeune maitre en question en témoigne spontanément et s’en occupe réellement.

Les solutions sont nombreuses et variées. A chacun de choisir celle qui lui convient. Evidemment, la mise en pratique est essentielle. Reconnaitre les vieux schémas de l’enfance qui nous pourrisse la vie est une bonne piste, reconnaitre que le passé doit resté à sa place pour ne pas venir polluer le présent est un exercice qu’il importe de réaliser souvent (surtout en tant que jeune adulte). Tout le monde l’a fait à un moment ou un autre, le plus tôt est toujours le mieux. Ensuite il est important de s’ouvrir et de demander conseils. Il y a autour de soi une ou plusieurs personnes qui sont à même de nous guider. Leur demander conseil n’est pas un aveu de faiblesse mais bien le témoignage d’une volonté de progrès.

 

Enfin, depuis que le monde est monde les plus expérimentés enseignent au plus jeunes donc rien de plus normal et naturel que de s’intéresser au savoir faire des plus matures. J’irais même jusqu’à affirmer que les jeunes Maitres ont intérêt à discuter avec des Maitresses confirmées et les jeunes maitresses avec des Maitres confirmés. Il importe toujours, selon Moi, de débarrasser les enjeux de la Domination des problématiques de genre masculin ou féminin.

Parmi les autres pistes qui Me viennent à l’esprit : la confiance en soi existe autant dans la confiance en l’autre. Si un jeune Maitre a confiance en sa soumise ou son esclave alors il sait déjà qu’il mérite cette confiance, de fait. S’il pense ne pas la mériter il lui faut réfléchir sérieusement pour se rendre à l’évidence : cette confiance est méritée, pour preuve la soumise ou l’esclave en témoigne. À partir de là le jeune Maitre pourra tirer le fil pour en faire sa pelote de confiance envers lui même. Et faire taire ce discours intérieur de dépréciation de ses qualités propres (souvent issu de l’enfance et totalement injuste).

C’est un fait, les solutions ne manquent pas.
– s’appuyer en premier lieu sur la soumise ou l’esclave en communiquant vraiment
– demander conseils auprès des ainés (Maitres, Maitresses, soumises, soumis ou esclaves)
– cesser de se juger (soi et les autres)
– valoriser le présent et la découverte de soi
– lire des livres sur l’estime de soi
– valoriser l’intention première : le désir d’être Maitre et l’humilité indispensable à l’expression de ce désir

V/vous en voyez d’autres ?

4 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Monsieur,
    Un texte très explicite, je dirai même que cela concerne tout Maître débutant quel que soit l’ âge de ce dernier.
    Une phase d’apprentissage est indispensable pour réussir, chaque jour apportant de nouveaux éléments et de nouvelles réponses permettant de grandir ensemble.

  2. Texte très parlant.
    J admets être passé par cette phase. Le manque de confiance en soi est nuisible à la Ds.
    Un soir j ai tout avoué à ma soumise car je n en pouvais plus. Ca a fait du bien d en parler.
    Elle a ete TRES comprehensible. N/nous avons eu une periode de « relâchement » durant laquelle j ai appris envers d autres, des aînés, et j ai eu une remise en question sur moi-meme.
    Merci Erospower pour ce texte qui a pu me parler et qui j espere en aidera d autres !

  3. J’ajouterais à la liste finale :
    – lire cet article 😉

    Au-delà de la blague, il y a sans doute aussi un manque de lecture.
    Et pour disculper un peu les jeunes maîtres, il manque aussi de bon textes, de bon blogs écrit par des Maîtres. Dans la littérature BDSM, on croise beaucoup plus souvent la vision du soumis ou de la soumise que celui du Maître ou de la Maîtresse. Pour les jeunes Maîtresses, c’est peut-être moins dérangeant car elle trouve tout de même une vision féminine, ce qui leur facilite la projection. Mais pour les jeunes Maîtres c’est plus gênant. Le modèle est muet ou très peu causant, et finalement ils reproduisent le modèle.

    Donc en parallèle de votre question, j’aimerais votre avis sur pourquoi les maîtres plus expérimentés écrivent moins ? J’ai bien-sûr conscience que je ne pose pas la question à la bonne personne, en tout cas pas à la plus concernée 😉

  4. @ Comte Anonyme
    Oui, il manque encore des textes, c’est certain mais mieux qu’un ou plusieurs textes, ce sont des rencontres entre personnes expérimentées et d’autres un peu moins qui manquent. Les munchs remplissent un peu ce rôle mais il manque, clairement selon Moi, des soirées organisées et animées en deux parties : parties rencontres et discussion libre (mais dirigées par un « animateur » qui veillent à bien distribuer la parole et garantir la tenue des propos) avec, et N/nous n’en manquons pas, un ou une soumise ou esclave qui prend des notes afin de faire un compte rendu. Oui évidemment, J’y pense mais pour l’instant Mes responsabilité familiales M’enpèche de prendre un tel engagement. Ça viendra.
    En fait Je ne sais pas pourquoi les Maitres expérimentés parlent moins que les Maitresses ou les soumises. Je constate qu’il existe peu de bons articles mais il y en a, il faut chercher.
    De toute façon, apprendre c’est aussi fouiner, lire beaucoup, se tromper, partager et poser des questions… C’est aussi sortir de sa zone de confort et se confronter à nos ignorances afin de mieux comprendre ce qui se joue en N/nous dans les difficultés comme dans les moments de paix et de Maitrise. Ne pas se satisfaire de réflexions toutes faites ou de préjugés mais bien toujours chercher à affiner N/notre vision du monde sans trop se satisfaire de soi… Savoir que la satisfaction est un état passager et que N/nous pouvons toujours, même modestement, faire mieux ou, à tout le moins, le faire avec une meilleure conscience.

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