Il y a déjà un certain temps que je souhaitais écrire un article à ce sujet, c’est resté en attente dans un coin de ma tête et aujourd’hui, dans cette période trouble, il me semble que c’est le moment.

Pour ceux qui n’auraient pas « Le répertoire des évidences D/s » écrit par Eros Power je me permets de vous livrer une partie de cette évidence 47, avec laquelle je ne suis pas tout à fait d’accord.

La différence entre un ou une esclave et un ou une soumise est une évidence. Là je suis d’accord sinon il n’y aurait pas deux termes différents pour les nommer…

Un ou une soumise peut refuser d’une manière ou d’une autre (refus franc,négociation,chantage ou manipulation) ce que le Maître ou la Maîtresse lui impose. C’est avec cette partie que je suis en désaccord et je vais vous expliquer mon point de vue à partir de N/notre vécu. Une soumise qui agit de la sorte et un Maître qui l’accepte dénaturent totalement la relation existante et redeviennent un couple vanille qui jouent à certains moments. Ce qui est tout a fait possible car dans la vie il faut assumer ses choix et être en accord avec soi même. Etre dans ce qui N/nous correspond au risque de se perdre et de ne pas être épanouis, les relations pouvant être diverses.

La période que N/nous traversons est difficile, surtout pour le Maître qui doit contre vents et marées garder le cap. Il lui serait peut être facile de baisser les bras, d’attendre en vanille que ça se passe, mais à ma grande surprise (si, si) Il ne le fait pas et tout au fond de moi je sais qu’Il a raison. S’Il n’avait pas cette attitude ferme N/notre relation D/s ne serait plus qu’une coquille vide, des mots privés de leurs sens. J’ai l’impression qu’Il me connaît mieux que je ne me connais, Il sait ce qui est bon pour N/notre équilibre mutuel, un retour en arrière aurait un goût d’échec.

Pourtant je peux V/vous dire que depuis deux mois je déploie des trésors de résistances, je suis très forte à ce jeu là et je me heurte à Sa Force et Il me contre systématiquement . De quelle façon ?

Ces petits exemples vécus V/vous éclaireront.

Dans le cadre que N/nous avons défini je me suis engagée à me soumettre et à répondre à tous Ses désirs et toutes Ses demandes sans restriction dans certains domaines . Un soir, fatiguée, n’ayant envie de rien je suis allée me coucher tôt. Mon Maître de Son côté vaquait à Ses occupations. Deux heures après Il m’a rejoint, j’étais à moitié endormie et voilà qu’Il m’a demandé une fellation : « fais moi une fellation ». Tout d’abord je n’ai pas réagi (au cas où Il laisserait tomber : j’avoue y avoir pensé…) . D’un ton plus ferme Il a reformulé Son ordre : « fais moi une fellation soumise. » (en appuyant bien sur ce dernier mot). Du coup je me suis réveillée en me disant : « oh! oh! ça ne rigole pas », d’autant plus qu’Il a rajouté : « on obéit au Maître et plus vite que ça, en position. »

Ce petit échange m’a rapidement remis à ma place, sans trop d’enthousiasme je me suis placée comme Il voulait et j’ai commencé à Le satisfaire. Sa main posée sur ma nuque me guidait et m’indiquait Son pouvoir, Ses exigences. Peu à peu mon mental récalcitrant s’est tu, j’ai retrouvé ma sérénité, mon corps s’est détendu, mon esprit s’est apaisé, entièrement tournée vers Lui je me suis sentie bien. Ce n’était plus une fellation « obligatoire », j’étais maintenant à l’écoute, disponible et désireuse de Lui offrir par de savantes caresses toujours plus et mieux. J’ai de plus en plus apprécié Son plaisir qui s’intensifiait sous ma langue, mes lèvres, au fond de ma gorge et j’étais heureuse d’être à même de le Lui procurer, je me sentais forte, mon état d’esprit s’est modifié. N/nous étions chacun à la place qui N/nous revenait, que N/nous avions choisie, ensuite quand Il m’a pris comme j’aime, longuement et fortement, N/notre jouissance n’en a été que plus délectable et j’étais en pleine forme, rayonnante d’énergie.

En analysant ce que N/nous vivons je me rends compte que Sa force réside dans le fait qu’Il ne me laisse pas déborder et ne Se laisse pas manipuler même quand je traîne les pieds… Les règles sont claires et ont été définies en toute transparence et acceptées. Dans une relation D/s en couple il n’appartient pas à la soumise de les changer quand son humeur change pour X raisons, le Maître reste le seul garant de leurs applications. C’est Lui qui décide s’Il les appliquent avec plus ou moins de rigueur selon les circonstances sans oublier le dialogue.

Autre petit exemple qui peut paraître ridicule, mon Maître aime me pincer, me triturer les seins et voir mes réactions, se réjouir de mes petits cris… (ne serait-Il pas au fond un brin sadique ?). Là aussi j’avais régressé, un peu déconnectée, trop crispée, mon esprit encombré par des pensées négatives je me rebiffais, repoussant Ses mains, protestant haut et fort, je ne ressentais plus que de la douleur et je n’en voulais pas, je lui ai dit.

Deux solutions :

1- Il cède à ma pression et là Il abandonne Son rôle de Maître.

2- Il garde Son rôle et me remet une fois de plus à ma place en me permettant de retrouver des sensations. La solution la plus simple me direz-V/vous aurait été de m’attacher pour empêcher toute rébellion, mais Il a agi autrement. D’abord Il m’a rappelé qu’Il était le Maître, après qu’Il faisait ce qu’Il voulait et que je devais obéir, que là je ne décidais pas du tout. Quand j’ai tenté d’argumenter en disant : « Mais ça fait mal ! », Il a répondu simplement : « Oui Je le sais ».

Et là a commencé un petit entraînement de reprise en mains qui n’est pas terminé, Il a dans un premier temps tenu fermement mes deux poignets d’une main pendant qu’Il jouait avec mes seins de Son autre main, ma marge de manœuvre était nulle. Quelques rappels à l’ordre bien sentis ont fait le reste, mais je rageais intérieurement, la douleur étant toujours la plus présente au niveau des sensations.

Dans un deuxième temps Il m’a ordonné de ne pas placer mes mains sur mes seins (ce que je faisais en réaction de défense), de bomber la poitrine, d’écarter les bras et de Le laisser faire. Bon comme j’anticipe en premier le mauvais ressenti c’est bien sûr celui là qui survient et n’étant pas masochiste c’est dur. D’un autre côté c’est un excellent exercice qu’Il a trouvé pour m’obliger à revenir vers un lâcher prise qui me fait défaut ces temps ci. Se vider la tête, de me mettre en position d’acceptation de ce qui est, de créer sa bulle, laisser venir les émotions, de réfléchir à ce que je veux vraiment vivre, etc… Donc V/vous constatez que la vie de couple en D/s n’est pas toujours facile mais pour qu’elle perdure et s’épanouisse il faut conserver la complémentarité Maître/soumise et ce qu’elle sous entend : c’est à dire pas de manipulation, chantage ou autre qui la dénaturerait totalement et la viderait de son sens premier. Ce qui fait que je ne suis pas d’accord avec la partie citée en préambule de l’évidence 47, si j’agissais ainsi et que mon Maître s’y laissait prendre N/nous ne serions plus N/nous.

POSTER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here