A première vue voici un terme qui semble étranger dans ce style de relations qui se doivent d’être dans l’échange, le don, l’écoute et la complémentarité. Une construction à partir d’attentes convergentes c’est à dire visualiser consciemment à deux le but à atteindre :savoir mobiliser S/son attention en S/s’ouvrant, en éprouvant des émotions positives pour y parvenir.

Alors l’égoïsme a-t-il sa place ici ?

J’ai recherché quelles en sont les définitions. Pour résumer : c’est ne prendre en compte que son plaisir personnel, utiliser l’autre pour y parvenir sans l’écouter, ni l’entendre, ni le reconnaître dans sa dimension humaine. C’est un bien vilain défaut que de tout ramener à sa petite personne sans intégrer l’autre dans la dynamique de son monde, en tirer profit sans contrepartie. Dans la vie courante c’est « tirer la couverture à soi », être suffisant(e), imbu(e) de soi même donc fermé(e) au monde et à ce qui est. Autre terme désignant ce travers : égocentrisme, un voyage en solitaire qui conduit dans une impasse existentielle. Les exemples de personnes ayant ce profil ne manquent pas, je vous conseille fortement de les éviter, la relation étant vouée à l’échec.

Comment s’installe cet égoïsme ?

Il est dit qu’il prendrait racine dans la petite enfance, là où le petit enfant est uniquement tourné vers la satisfaction immédiate de ses besoins primaires (être soigné, manger, boire…). Cette phase incontournable ne doit être que transitoire, un bébé élevé « convenablement » pour lui se nourrit aussi de l’amour de ses parents, il y puise la force de devenir peu à peu indépendant, de croire en lui, de s’aimer et de s’émanciper. Il devient un être distinct fort de ce qu’il est, de son individualité, prêt à développer son potentiel et à entrer dans le monde du partage en toute liberté.

L’être égoïste lui reste bloqué à un stade inférieur, il ne sera jamais rassasié, se bâtissant à partir d’une image déformée, l’enfant roi à qui tout est dû avec des besoins répétitifs et compulsifs lui donnant l’illusion d’être de grande valeur, il se trouve dans l’incapacité de communiquer réellement avec l’autre, il tourne en rond. Je nommerai cela l’égoïsme négatif, un travail conscient sur soi est nécessaire pour sortir de cette impasse de non vie.

Donc me direz-V/vous pas d’égoïsme dans les relations D/s ?

Interrogeons- N/nous sincèrement ?

Moi en tant que soumise ne suis-je pas égoïste en me reconnaissant comme telle et du coup me choisissant un Maître qui me prendra sous « Son aile » afin de m’aider à devenir moi. Ce que je ne pourrai accomplir seule, Il est la pierre angulaire de mon évolution. Je me réjouis de tout ce qu’Il me permet d’accomplir dans la direction de vie que j’ai choisi.

Et pour Lui n’y a t-il pas une part d’égoïsme dans Son acceptation, en visualisant tous les bénéfices personnels qu’Il en retirera Lui permettant aussi de s’accomplir comme Il se ressent.

Bien sûr que N/nous sommes relativement égoïstes, en agissant ainsi N/nous pensons à l’autre mais aussi à N/nous. La différence étant qu’il se produit une interaction, le principe du vase communiquant. N/nos égoïsmes réciproques sont des égoïsmes positifs, ils se nourrissent mutuellement de N/nos besoins complémentaires pour affermir et développer sainement la relation que N/nous avons choisi de bâtir. Le plaisir, l’épanouissement que N/nous en tirons s’inscrivent dans un schéma de vie ouvert et non fermé comme dans l’égoïsme négatif.

Pour moi être égoïste c’est aussi me réserver des moments personnels (en accord avec le Maître): lire ce qui me plait, me ressourcer en pratiquant une activité, prendre soin de moi…Je recharge positivement mes batteries et lorsque le Maître rentre je suis disponible, affable, accueillante, sereine… Le bénéfice est multiple, je suis à même de me faire plaisir, par conséquent me sentir heureuse et je peux redistribuer cet amour, ce plaisir à mon Maître. De Son côté Il se réserve aussi des plages pour des activités personnelles…

Cela génère une attitude de paix et de gratitude, N/nous acceptons alors que l’A/autre trouve S/son bonheur même en dehors de soi sans crainte pour la relation. C’est être capable d’ouvrir S/son esprit et S/son espace intérieur dans le but de S/se réaliser. L’égoïsme positif c’est être maître de S/ses actes, de S/sa vie, c’est s’améliorer S/soi pour s’accepter et accepter l’A/autre avec toutes S/ses composantes. L’égoïsme positif a toute sa place dans une relation D/s, à V/vous d’en définir le mode d’emploi et de le cultiver.

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