Cette question car je lis souvent : mon Maître me modèle à Son idée, Il me façonne comme Il veut. Pour moi ces affirmations sont un peu courtes et demandent une réflexion plus approfondie. Je parle là des relations D/s ou M/e qui se développent sur du long terme, il y a donc nécessité dans ces cas de bien se connaître soi-même et de bien connaître l’autre.

C’est sur cette base solide que pourra s’étoffer la relation. Mon Maître ne me change pas, Il s’appuie sur ce que je suis, Il est le révélateur de mes côtés obscurs, cachés, niés, enfouis, refoulés, oubliés. J’ai quelquefois l’impression d’être une de ces ardoises magiques avec laquelle Il joue obligeant une partie de moi effacée à réapparaître et à s’inscrire dans mon identité présente. Il est mon accompagnateur, Celui qui par la force et le pouvoir que mon consentement Lui confère m’emmène toujours plus loin sur le sentier de mon moi intérieur en complémentarité avec le sien. Celui qui soulève les voiles de N/notre destinée commune. Il me rend plus audacieuse et surtout plus vraie car je n’en suis plus à me juger face à telle ou telle situation que je vis. Je repousse et annule en les observant les pensées dérangeantes ou fausses qui me viennent, accédant ainsi à plus de paix au présent. Je suis arrivée à un croisement ou en acceptant enfin ce que je suis, je réenclenche un cheminement que j’avais entre aperçu il y a fort longtemps.

Pourquoi l’évocation de ce cheminement ? quelle relation avec N/notre présent ? Pourquoi aura t-il fallu ce laps de temps ?

N/nous pourrons penser qu’il n’y a pas de hasard car c’est en cherchant des documents et en les consultant avec mon Maître que N/nous sommes tombés sur un feuillet jauni datant de 1975 (soit 41 ans en arrière), que faisait-il là, au milieu d’un album… Il s’agit d’un brouillon, d’un écrit destiné à un ami de l’époque…Qui ? mystère, cela s’est effacé de ma mémoire, reste les lignes que je V/vous livre. La page étant numérotée 3, il y a forcément un début et comme je ne suis pas avare dans le domaine de l’écriture ce texte devait être long, avec la fougue d’une jeune femme de 20 ans. Et pour le temps existe t-il , puisque N/nous ne vivons vraiment que ici et maintenant.

« Tout devenir doit être évolutif sinon il est négatif. Il est en effet aberrant de songer à un avenir fixe définitif car justement limitatif. Déjà que nous souffrons sur le plan professionnel de ces limites intellectuelles que l’on nous impose par la force des choses. Je pressens que je n’y pourrait résister longtemps, je me sens aliénée intellectuellement et je cherche un moyen de m’épanouir aussi dans ce domaine.

Mon cher pour ce qui est de ta réputation, il me semble bien qu’elle ne te déplaît guère, c’est ton droit, personnellement je n’ai rien à foutre de l’image que tu cherches à donner de toi. Je préfère nettement ce qu’elle tente de dissimuler et après tout si tu peux te construire en partant de cette base je t’approuve, mais je ne m’octroie pas le droit  de te juger. Tu es libre de choisir ce qui te convient à partir du moment où tu en tires une satisfaction personnelle. J’ai la certitude que chaque acte accompli avec sincérité ne peut être négatif, ni destructif en soi.

Or je compte parmi les éléments essentiels la construction de soi-même, alors ça marche. C’est la difficulté d’être  qui nous fait agir et réagir, on emploie les armes que l’on possède.

Il est des jours que je survole rêveuse

où je m’enlise triste

où je flâne avec ferveur et délice

que je contourne subrepticement

Il y en a qui m’ attendent patients

qui me guettent cruels

qui se jouent de moi

qui s’évaporent à ma venue

Il en est des translucides et d’opaques et de flous

de désirables, de désirés

de sobres et de négligeables

de fous et de délirants

Il en va ainsi pour chaque instant qui s’écoule du sablier

La vie est une éternelle rencontre. »

Bien me direz-V/vous, c’est un témoignage du passé et le passé n’existe pas au présent. Entièrement d’accord, mais il indique pour moi certains points importants. Mon vrai moi est contenu dans ces lignes, il ne pouvait s’exprimer emprisonné dans le carcan d’idées fausses, de peurs, j’étais inconsciente au monde. Cet écrit résonne positivement aujourd’hui, avec le soutien de mon Maître mon vrai moi assoupi se réveille.

Tout s’effectue avec une belle synchronicité.

Le fait de me dévoiler à mon mari et Son acceptation à devenir mon Maître (en premier lieu dans le domaine sexuel, le reste en ayant découlé). C’est par Lui et avec Lui que je mets en action ce programme de vie inscrit en moi. Je me livre comme jamais je ne l’avais fait. « Eckhart Tolle : Seule une personne qui lâche prise a du pouvoir spirituel. »

Le pouvoir du moment présent - Guide d'éveil spirituel

Ce document oublié mettant en lumière au présent ce duo que N/nous formons, Il m’élève en ne me changeant pas, mais en m’aidant à être ce que je suis, me débarrassant de l’inutile.

Le plus singulier étant qu’après la résurgence de ce bout de papier je me sois réveillée au milieu de la nuit, une phrase s’imposant en boucle. Je me suis donc levée pour la noter et mon Maître de maugréer : Qu’est-ce que tu fais…il est 4 heures.

Une phrase m’est venue, je dois l’écrire.

 » Les mots sont des voyageurs immobiles qui s’accrochent à notre conscience jusqu’au jour où ils reprennent leur voyage vers la lumière, libérés du passé. »

Et je me suis rendormie. Une phrase que je ne cherche pas à analyser. Enfin j’ai un peu essayer quand même en la relisant le matin (ah! les habitudes mentales du décorticage intellectuel) puis j’ai abandonné, la recevant pour ce qu’elle était et je dirai pour résumer le tout : « La vie est une éternelle rencontre… avec soi (donc avec le monde) au présent, et qu’éprouver d’autre que de la gratitude de la vivre simplement. Elle N/nous apporte tout ce dont N/nous avons besoin. »

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