[minti_headline font= »font-special » size= »fontsize-l » color= »#dd3333″ weight= »fontweight-400″ lineheight= »lh-13″ transform= »transform-uppercase » align= »align-left »]Coup de gueule et leçon de morale [/minti_headline]
[minti_box style= »4″ padding= »10px 20px 10px 20px »]Ce très beau texte est de Domina MARGOT qui l’a publié sur Fetlife en 2014. Je la remercie ici de M’avoir autorisé à le reproduire. Eros Power[/minti_box]
Ces derniers jours je discute beaucoup et avec un tas de monde.
Des soumis, des masos, des Dominas, des Dom, des switchs.
Il ne manque que les soumises mais ma messagerie leur est bien volontiers ouverte 😉
Et ces discussions sont sans enjeu, sans besoin de séduction, sans espoir de sentiments ni d’un côté ni de l’autre.
Et cela libère ma parole, mais libère aussi avec bonheur la leur.
Je deviens confidente et je me nourris avec délectation et un bonheur sincère de tout ce que ces personnes me donnent.
Et je prends de plus en plus conscience du mal et des blessures, parfois devenue insurmontables, qu’a provoqués et que provoque encore la fantasmagorie de la Dominatrice implacable et inaccessible. Tant chez les Dominas que chez les soumis.
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Je suis venue à la Domination pour énormément de très mauvaises raisons, et même si j’ai enfin su me débarrasser de tout cela, je perçois, je devine que de nombreuses Femmes Dominantes sont paralysées, tout comme je l’étais, par ces mauvaises raisons.
Je ne suis pas venue à la Domination par amour de Dominer, même si j’ai toujours été autoritaire et dirigiste dans ma vie réelle, je n’aimais pas particulièrement ça ou en tout cas ça ne me procurait aucun plaisir cérébral. C’était simplement comme ça, dans mon caractère.
La Domination m’a au départ attirée, parce que ce que j’avais découvert que cette fantasmagorie littéraire semblait offrir une réponse idéale à mon mal-être et à mes manques de l’époque.
Les 2 « préceptes » qui me correspondaient le plus à l’époque, j’en avais en tout cas l’illusion sincère, étaient :
– La Dominatrice garde son soumis chaste, tend à le rendre impuissant et n’a jamais aucun rapport sexuel avec lui, elle s’aide en cela d’une cage de chasteté et cette chasteté lui garantira un homme obéissant et servile à vie ….
Et cette règle absolue faisait écho en moi. Même si j’avais multiplié bien au-delà de la norme ou de la bienséance les plans culs d’un soir, j’étais alors et depuis si longtemps en conflit avec mon corps que je ne prenais pratiquement jamais de plaisir sexuel avec ces multiples hommes de passage. Dans la masse de toutes ces rencontres éphémères, je ne me souviens que d’une seule m’ayant donné réellement du plaisir dans un abandon total.

Je m’étais donc convaincue que je n’aimais pas ça, que ce n’était que du blabla et que je ne pouvais pas réellement éprouver de jouissance physique ET cérébrale avec un homme.

Du coup la Domina qui ne baise pas avec son soumis c’était le top comme idée.
Et j’ai été amenée à prendre conscience que je ne suis pas la seule à avoir pensé cela. Que beaucoup de Femmes Dominantes repoussent ou redoutent la pénétration et le plaisir sexuel. Peu importe les raisons de cette peur.
– La Dominatrice ne doit jamais être nue devant son soumis, il ne doit pas voir son corps, il se doit de le servir sans limites, mais il ne devra jamais voir l’objet de son désir. Il doit obéir aveuglément.
Whaou le pied !!! Complexée comme je l’étais, avoir le droit, même l’obligation d’empêcher mon soumis de voir mon corps c’était l’idéal. J’allais pouvoir m’épanouir puisqu’il ne verrait jamais mes défauts physiques et donc il ne pourrait jamais être dégoûté de ces derniers et donc de moi. Parce que je me dégoûtais moi même, je me trouvais moche, difforme, obèse. Alors, avoir l’assurance que puisque j’étais maintenant une Domme, jamais plus un homme n’aurait à voir mon corps … quelle sublime perspective.
Sauf que … sauf que la vie, la vraie, celle que l’on vit tous les jours ce n’est pas cela.
Et maintenant que mes complexes, mes blocages, mon mal-être ont disparu, je me rends compte à quel point j’avais fait fausse route. A quel point je me suis fait du mal à moi-même et à quel point je vivais dans un état de frustration permanente.
Aucune de mes relations sexuelles n’avait été épanouissante, non pas parce que je n’étais pas physiologiquement capable de ressentir du plaisir, mais parce que ce plaisir me faisait peur et que je le redoutais.
Et mon corps qui me faisait tant honte avant, ce n’était pas de le cacher dont j’avais besoin, mais au contraire de le montrer et de voir dans les yeux de l’autre, de ressentir dans ses caresses et ses baisers, d’entendre dans ses mots que mon corps lui plaisait, qu’il l’aimait parce qu’il faisait partie de moi, qu’il était moi et qu’il ne voulait pas s’en priver.
Non, bien sûr, la pénétration n’est pas obligatoire, pas plus que les jeux sexuels si ces derniers vous sont insupportables.
Non, bien sûr, vous montrer nue devant votre soumis n’est pas obligatoire et cela peut être bien trop difficile pour vous.

Mais avant d’appliquer ces règles tirées des fantasmes de personnes qui ne sont pas vous, posez-vous les bonnes questions. Réfléchissez à la raison pour laquelle vous voulez les appliquer et faites-le uniquement si ça vous correspond très exactement. Sinon explorez d’autres voies, cela vous apportera bien plus de plaisir et d’épanouissement.
Au départ je les ai appliquées avec conviction et espoir et je les respectais pratiquement à la lettre sauf quelques rares moments où la frustration et le manque devenaient insupportables.
Mais avec le temps je me suis vidée, desséchée, j’avais perdu tout goût à la Domination, mais aussi au sexe, au plaisir, aux plaisirs de la vie elle-même. Je ne vivais plus, je survivais et je souffrais.
Il m’a fallu du temps pour comprendre la perversion de mon analyse de départ. Pour accepter de regarder mes erreurs en face.
Mon corps est ce qu’il est, ni mieux ni moins bien qu’un autre, il est en bonne santé et même s’il ne l’était pas, il ne mérite absolument pas que je le haïsse, que je le méprise, que je le fasse souffrir. Mon corps est beau parce qu’il est moi, parce que c’est le mien, et il a droit aux plaisirs, aux attentions, aux regards amoureux, tout autant que le corps de n’importe qui.
Et le corps de TOUTES les Femmes et de tous les Hommes sont aussi beaux que le mien, aussi parfaits dans l’accumulation de toutes leurs imperfections. Et tous les corps méritent de l’affection, du plaisir, de l’attention et de l’amour. TOUS !

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Par ailleurs, le fait d’avoir recueilli les confidences de nombreux soumis m’a permis de prendre conscience qu’eux aussi étaient paralysés et blessés par ces mêmes diktats venus d’on ne sait où.
Combien deviennent impuissants ou au mieux précoces à force de se refuser et de se voir refuser ce droit à la jouissance ?
Combien se morfondent dans une frustration qui les pousse à la dépression ?
Combien encore sont venus à la soumission parce qu’ils vénèrent les Femmes et crèvent de ne pouvoir les aimer totalement et absolument, de les regarder, de les toucher, de les embrasser, de les vénérer, de les pénétrer et surtout de partager tout ça avec LA Femme qu’ils AIMENT ?
Combien s’imposent ses règles imbéciles pensant que ça sera la seule et unique façon de plaire à une Domina, alors que ce sont ces règles mêmes qui les rendent malheureux ?

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Alors oui, en effet, pour de très nombreux soumis la jouissance implique une baisse de l’envie, une baisse de leur sentiment de soumission, un besoin d’isolement, un repli sur eux-mêmes.
Et alors ?
Cela voudrait dire que ce ne sont pas de « vrais » soumis ?
Cela voudrait dire qu’il faut qu’ils vivent indéfiniment dans la frustration au point d’en perdre toute libido et de devenir impuissants ?
Cela voudrait dire, qu’en punition d’un simple processus physiologique il faudrait les priver de tout ce qui fait que la vie est belle ?
Cet état réfractaire ne peut pas être évité pour nombre d’entre eux, il est dans la nature même du corps humain. La jouissance provoque en effet une libération hormonale qui est plus forte que la volonté et l’envie.
Et alors ?
Elle est nécessaire au fonctionnement de l’organisme; de quel droit, une Femme, même la plus parfaite, devrait s’arroger le droit de refuser cela à un homme ?

Et non, le soumis ne devient pas un gros macho violent et méprisant après la jouissance. Non, il ne va pas s’étaler dans le canapé devant le foot avec une bière dans une main et l’autre dans le caleçon à se gratter les couilles.
Si votre homme vous est soumis, il le reste même après la jouissance, parce que sa soumission n’est pas physiologique mais cérébrale. Il ne vous en aime pas moins ensuite, bien au contraire.
Bien souvent d’ailleurs, il redoute encore plus que vous ce moment où il n’est plus tout à fait comme il aime être avec vous. Parce qu’il a peur de vous déplaire, parce qu’il a peur de vous rendre malheureuse.

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Mais ça ne remet rien en jeu dans votre choix commun d’une vie où la Femme Domine et où l’homme se soumet à elle.
Vous restez Maîtresse de vos envies et de vos plaisirs communs.
Ce ne sont pas ces quelques instants, ridiculement insignifiants au vu d’une vie humaine, qui feront que votre homme ne vous sera plus soumis.
A vous deux seulement de découvrir le rythme qui vous convient. Là non plus aucune règle obligatoire ou universelle, à part celle-ci : l’échange de parole, la communication, l’écoute de l’autre et de soi-même.

J’ai eu la chance extraordinaire de rencontrer un homme formidable il y a un peu moins de 2 mois (53 jours exactement me dit Fetlife;) ).
Nous discutons depuis tous les jours, longtemps, passionnément.
Il est profondément et sincèrement soumis.
Il prend un réel plaisir à servir sa Dame, à la combler, à la rendre heureuse.
C’est une évidence pour lui, il ne peut être heureux qu’aux pieds de la Femme qu’il aime.
Mais lui aussi pensait qu’il ne pouvait se permettre d’avoir des envies sexuelles pour sa Dame.
« Ça ne se fait pas, une Domina n’aime pas qu’un soumis puisse avoir envie d’elle » …..
A force de discussions, d’échanges, je crois avoir su le convaincre du contraire.
Je l’espère sincèrement.

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L’autre jour il m’a fait un merveilleux cadeau, il m’a écrit qu’il se sentait revivre, que sa libido revenait et qu’il se sentait bien, qu’il se sentait mieux alors qu’il pensait ne plus jamais ressentir cela.
Et très sincèrement il est pourtant tout aussi soumis, et prévenant, tout aussi adorable et gentil, peut-être même plus qu’au début de nos échanges.
Oui il (re)bande, enfin, vraiment ! Et oh horreur, il jouit même … impensable n’est-ce pas ?
Mais NON, il ne s’est pas transformé, il n’est pas devenu un être vil et méprisant, il est simplement plus heureux, plus épanoui et finalement encore plus soumis, encore plus enthousiaste à l’idée de servir sa Dame.
Même dans ses périodes réfractaires. Même si elles restent encore un peu aujourd’hui « difficiles » pour lui car il ne sait pas encore vraiment en profiter sans culpabilité. Mais j’espère que je pourrai aussi l’aider à dépasser cela.
Je sais que j’ai été une accompagnatrice pour lui, et ça me rend heureuse.
Parce que je le sais plus heureux et plus épanoui aujourd’hui qu’il y a deux mois.
Et la Dame qui aura la chance de lui passer son collier autour du cou sera une Femme heureuse.
Et même si la vie fait que ça ne sera probablement pas moi.

Quel pourrait être mon plaisir de rendre malheureux un homme qui échange et partage avec moi ?
Quelle Domina pourrait bien vouloir rendre malheureux le soumis qui la comble d’attentions et d’amour ?

Abandonnez les convictions que d’autres que vous-mêmes ont enfoncé dans vos têtes, abandonnez-les si elles ne peuvent vous rendre heureux.
Le bonheur ne résidera jamais dans l’application imbécile et pulsionnelle de concepts ne vous correspondant pas.
Et rien absolument rien ne justifie de se priver soi-même du droit au bonheur.
Abandonnez vos carcans, soyez libre d’être heureux, nous le méritons tous !

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