Dans tous les cas et même et surtout dans les difficultés c’est l’honnêteté et la force de l’engagement comme du consentement qui est la clef qui ouvre l’instant présent.

Les difficultés ne se résolvent jamais avec le passé (mort et enterré) ou le futur (qui n’existe pas) mais avec l’investissement de soi dans le présent.

Il n’y a que dans le présent que la décision se matérialise en action.
Oui le dressage d’un ou d’une esclave consentante se fait dans le présent.

Et c’est l’action qui permet de transformer les difficultés dans le présent et nulle part ailleurs. C’est aussi bien entendu une des raisons pour lesquelles l’activité sexuelle ou la séance de pratique bdsm est si efficace : parce qu’en s’appuyant sur la tenue du corps elle inscrit profondément l’action dans le présent.

Attention – la décision n’est pas l’action.

V/vous connaissez la devinette ?
– Quatre grenouilles sur un roseau, trois décident de partir, combien en reste-t-il ?
– Quatre.
La décision n’est pas l’action.

L’action (dressage, séance spécifique, règle, punition, récompense) pour être valide doit répondre à 5 critères.

Elle doit être :
– spécifique
– mesurable
– réalisable
– concentrée sur ses objectifs
– bornée dans le temps (de telle période à telle période de temps)

C’est bien à l’issue de l’action que ses résultats sont appréciés et discutés par le Maitre ou la Maitresse avec l’esclave.

L’action de dresser un ou une esclave, l’action de Dominer un ou une soumise, soumis ou esclave est toujours d’une intensité remarquable.

Il N/nous faut convenir que cette action ouvre un présent partagé d’une dimension remarquable. Dans cet espace de confiance, d’abandon pour l’un et d’expression pour l’Autre, la qualité de la relation s’étend dans un présent où le temps a moins de prise.

Oui il est clair pour N/nous tous que le temps passé en séance, en pratique bdsm ou de dressage ou d’entretien est souvent vécu comme un temps suspendu. C’est là toute la qualité de la relation D/s. Ouvrir le présent dans la dimension d’être soi ensemble est source de paix et de bien-être.

Chacun remarque que cet état est une modification de perception de N/notre réalité.

Dans un autre domaine, le romantisme a souvent loué, l’espace des amoureux comme hors du temps, le baiser éternel de Tristan et Iseult les emmène, comme une promesse, au-delà du temps de la mort que leur promet leur terrible histoire. Mais ceci est une fiction de papier, une histoire que l’on raconte aux jeunes adultes, un récit qui parle à l’adolescent qui rêve encore d’absolu. N/nos engagements de relation D/s aussi intense et variés qu’ils puissent être, N/nous emmènent très concrètement dans des territoires similaires sans le tragique indispensable aux mythes partagés par les dramaturges.

Ceci est fort intéressant. Il N/nous faut donc admettre que N/nous N/nous percevons, dans la qualité et l’intensité de N/notre relation, dans un espace de vécu du présent qui N/nous étend et N/nous montre plus grands que les quelques minutes vécues sur l’horloge.

Ceci témoigne de perspectives qui, à défaut d’être familières, ouvrent N/notre quotidien au-delà d’un simple parcours individuel rythmé par l’horloge souvent seul repère mécanique de notre avancé dans la vie.

Il existe donc, un espace presque hors du temps, où, en N/nous ressentant parfaitement N/nous-mêmes ensemble, N/nous vivons la paix et le calme intérieurs dans la sensation d’échapper au temps qui passe.

Fichtre !

Je comprends mieux la motivation des personnes qui les premières ont demandé que le lien partagé en séance de Domination – soumission soit étendu de manière permanente à l’ensemble de la relation en 24/7, c’est-à-dire 24h/24h et 7 jours sur 7.

Non pas que le souhait fut de rester en permanence dans cet état (N/nous ne vivons pas de coups de fouet et d’eau fraiche ah ah).

Sans doute que le souhait fut de se dire et de constater qu’à partir de cet espace de relation intime d’une dimension unique il est possible de vivre une relation dont la permanence soit source de paix, de bien-être, d’équilibre jusque dans la vie quotidienne avec toutes les contraintes que N/nous savons.

Oui, c’est sans doute une des raisons pour lesquelles N/nous apprécions ce que N/nous vivons et que N/nous le choisissons à chaque instant, dans le présent, simplement présents à N/nous-mêmes.

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour Monsieur,
    Une analyse juste.
    Les 3 grenouilles décident et n’agissent pas, donc elles restent avec la quatrième dans un certain immobilisme au même endroit.
    Il n’y a que l’action qui génère des avancées et du progrès.
    Au fond N/nous restons maîtres de N/nos destinées en agissant, chacun à N/notre place.
    dame de C.

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