Des fois je ferai mieux de me taire, ce qui à coup sûr surprendrait mon Maître, mais d’un autre côté ne me mettrait pas en position de traiter un tel sujet.

Comment ça difficile à dresser ?

Midi, le chat qui me suit, imperturbable, me fixe, se dirige vers sa gamelle, mots inutiles. Je me baisse et je plaisante en le caressant.

Non mais en voici un animal difficile, que dis-je impossible à dresser…

Mon Maître suit la scène du regard et commente :

C’est que tu lui as donné de très mauvaises habitudes. Puis me regardant malicieusement Il lâche : Difficile à dresser… un bon sujet, intéressant même, très intéressant.

Zut, encore prise à mon propre piège, que dire sur un tel sujet ?

Mais pas d’échappatoire, je dois m’y coller. A moi de trouver ce qui ne va pas.

-Prendre du recul.

-Se tourner en soi.

-Analyser honnêtement et objectivement ma façon d’être.

-M’observer sans concession.

-Lister ce qui me vient, puis Lui présenter, en discuter, avoir Son avis, Son ressenti.

Je repasse au ralenti le déroulé d’une journée, ce qui donne :

-Encore trop d’internet, même si je m’améliore.

-Encore trop négligente pour certaines tâches, surtout le ménage (poussières…)

-Encore trop de choses qui traînent là où elles n’ont pas lieu d’être.

-Encore pas bien calée sur Son rythme plus lent que le mien, ce qui me crée quelquefois des désordres émotionnels avec des réactions pas toujours bonnes.

-Et toujours le lâcher-prise, oui, oui, encore et toujours.

C’est ce point qui a retenu Son attention, malgré tout le travail engagé pour cela Il sent que mon corps (donc mon mental) résiste encore trop à Son goût lors de N/nos séances.

Il a donc décidé de résoudre ce « problème » à Son idée. Sa fermeté commence à porter ses fruits.

Ainsi à la fin d’une séance photos, Il me demande de me mettre en appui les mains contre le mur, bien cambrée, les fesses tendues. Etant debout sur une table basse mon fessier est juste à la hauteur de Ses mains qui s’abattent brusquement, rapidement,, fortement et en cadence.

Mon premier réflexe est bien sûr de me rebiffer, mais d’une voix forte Il m’ordonne de garder la position, de ne pas bouger, Il me rappelle: « difficile à dresser ». L’effet est immédiat, je me concentre, je repense à mes exercices de respiration, je me décrispe. Il frappe longuement au même endroit, les sensations de départ ne sont pas plaisantes, mais peu à peu j’accueille la douleur différemment, je me laisse glisser, je prends conscience de ma capacité à la transformer uniquement en restant vraiment présente. Je prends ce que m’offre mon Maître : la possibilité de ressentir avec tout mon corps, d’être vivante sous et par Ses mains.

Une symbiose et une détente s’opèrent, Ses mains sur mon corps, Ses paroles m’enjoignant de rester tranquille et d’exprimer mon ressenti. Oui j’ai ce besoin qu’Il prenne les choses en main (c’est le cas de le dire), de me plier à Ses ordres, c’est ainsi que je me sens à ma place. Je repense au texte de Monsieur Eros Power évoquant le monde vanille, il est certain que ce n’est pas simple d’en venir tous les deux et d’emprunter une nouvelle voie. Quelquefois il y a des résurgences de N/nos anciennes façons de fonctionner, mais N/nous mesurons les bienfaits du changement, alors cela en vaut la peine et Il trouvera les solutions aux petits écarts.

Lors de N/nos discussions N/nous réalisons que l’aventure humaine est d’une grande richesse et une fois que N/nous ouvrons de nouvelles portes la curiosité l’emporte, chaque nouvelle expérience est à vivre si N/nous N/nous y reconnaissons et dans le but d’être N/nous. Je rappelle aussi que N/nous n’avons jamais fonctionné au chantage, sans tensions ni jeu de pouvoir et encore moins au donnant/donnant. Je pense donc que la base de départ était favorable à une relation harmonieuse. Je découvre aussi qu’en mettant l’accent sur ce qui pêche chez moi Il m’oblige à une introspection, plus je lâche prise, plus ma vie, mes impressions, mes ressentis prennent de l’ampleur, de la profondeur.

Difficile à dresser peut être… Mais le Maître veille et me remet sur le chemin quand je m’égare. Je Le remercie pour cette vigilance, Il me surprend toujours en m’empêchant de « m’endormir » et en me montrant les progrès à accomplir.

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