J’ai beaucoup à dire sur la violence.

Nier la violence dans le bdsm c’est se cacher derrière son petit doigt. J’ai beaucoup réfléchi puis médité sur la violence. J’en ai beaucoup parlé et J’ai beaucoup écouté les personnes concernées en parler.

J’avais 20 ans et je suis allé vivre dans un pays en guerre, J’y ai travaillé pour y rester presque un an. Là aussi J’ai beaucoup écouté et posé de questions. Je ne Me suis jamais senti violent et Je ne Me sens toujours violent.

C’est la violence qui est venue à Moi, dans Mes choix de voyages, de rencontres, de réflexions, de fascination, d’imagination. J’ai fini par admettre qu’elle fait partie de Moi comme de tout un chacun et surtout qu’elle est constitutive du monde et de la réalité. Nier la violence c’est nier la réalité.

Il m’a fallu de nombreuses années de calme, de paix (le temps d’élever les enfants) et de désespoir intérieur avant de reconnaitre et d’accepter toute cette violence masquée par le déni et la condamnation de tous et toutes (apparemment).

Est-ce une des raisons de la fascination éprouvée à l’égard du SM dès Mon adolescence que de reconnaitre l’absence de déni dans ces pratiques ?

Des personnes s’adonnent à la violence entre elles et y trouvent un équilibre qui leur est propre.

Je n’ai jamais posé ces questions à des boxeurs et Je Me souviens pourtant d’avoir interviewé Christophe Tiozzo (comme si c’était hier), mais J’étais jeune journaliste et la profondeur de la violence de notre réalité ne M’avait pas encore effleurée. Je Me souviens bien de sa violence avant et pendant le combat, à l’état brut. J’en étais aussi resté très impressionné…

Sur le chemin de l’intime, le seul qui vaille pour cheminer en conscience, il M’a fallu plus de trente ans pour enfin accepter la violence du monde et de la réalité.
Il est certain que le BDSM y a contribué pour Moi…

J’aurais été boxeur ou militaire combattant Je ne sais même pas si J’y serais parvenu tellement même là le déni fonctionne. C’est le déni qui s’exprime avec des regrets enveloppés dans un vocabulaire de publicitaire : des frappes chirurgicales par exemple. La novlangue du déni.. C’est le déni qui, dans le drame pur de la guerre, du conflit, de la trahison se répand en lourdes condamnations, victimisation et désignation d’un ou des coupables… Le déni d’une violence qui pourtant existe partout.

Dans le BDSM rien de cela : pas de victime, pas de coupable, mais encore souvent le déni.

Telle association qui prétend nettoyer ses écuries d’Augias (pourtant peu animées) condamne la violence et la ramène à un phénomène qui finalement ne fait pas partie du SM.

Tel pape du BDSM ou tel marchand avec boutique pignon sur rue continue d’affirmer que le bdsm est un jeu de rôle, une sorte de loisir pour décompresser et que non il n’y a aucune violence… Rires… Décompresser des tensions du monde, du travail, de la famille, des choix politiques, tout ceci d’une violence que personne ne veut reconnaitre comme sienne.

Tous ceux-là, pour maintenir le déni, opèrent une distinction fallacieuse entre la violence non consentie et la violence consentie, mais écoutez-les, ils escamotent le terme (violence consentie) pour ne parler que du désormais sacro-saint consentement. Petits esprits craintifs, simples pleutres, Je M’en fiche un peu, chacun sur son chemin.

Tout cela pour dire que la violence est là. Il est inutile et, selon Moi, néfaste de le nier.

Encore une fois la question n’est pas pourquoi tant de violence, mais comment

– Comment la reconnaitre, comment se laisser traverser par elle sans dommage, comment en tenir le feu et le transmettre, comment l’accepter et surtout comment ne pas la retourner contre soi ou les autres ?

Pour Ma part, le BDSM et particulièrement ces dernières années, en authentique relation Maitre esclave consentante, Je constate que les réponses à tous ces « comment » font désormais partie de Moi comme des balises à intervalles sur Mon chemin.

J’ai ressenti pour la première fois le désir d’en parler en Suisse début juin dernier. Une irrépressible envie, un vrai besoin d’en parler. Ce que J’ai fait. Maitresse Nicky qui M’accueillait à accepter que cela fasse partie des questions et Je l’en remercie. Elle a tout enregistré, Je posterais un peu plus tard tout ce matériau.

Long chemin vers l’acceptation, accepter la violence c’est accepter la vie. L’acceptation, c’est comme le lâcher-prise, un état d’être positif et dynamique. L’acceptation n’est pas résignation, mais conscience et action. Accepter n’est pas cautionner. Accepter c’est connaitre et se situer soi par rapport au réel.

Vaste sujet de méditation.

Auteur – Photographe, Je publie des ouvrages qui valorisent la nature humaine et engagée dans la confiance, le respect et la plaisir d’être soi des relations Maitre / esclave.

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