J’ai reçu un mail de Domidee et LM23. Je le reproduis ici afin d’ouvrir une série d’article sur la violence. Merci à lui, merci à eux deux.

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Dans un mail Eros Power m’a écrit :

« J’ai beaucoup parlé de la violence en Suisse lors de l’interview conférence que j’y ai faite et J’ai pensé à vous deux. »

Les échanges avec Eros Power son précieux car rares ; non pas que nous sommes en froid mais nous habitons sur deux planètes lointaines (et différentes ?) qui ne se rencontrent que tous les 6 ou 7 ans.

La violence… La violence…

« LM est attachée face au chant de la porte ouverte, les 2 bras de chaque côté du battant. Elle me regarde mais je ne crois pas qu’elle se plaint. J’ai une badine de noisetier dans la main. J’ai coupé cette branchette quand nous nous promenions en amoureux il y a une heure. Mon but est de la marquer, de strier sa peau. Je vise les fesses puis la peau tendre des hanches, le dos. Elle a 19 ou 20 ans. Moi 1 an de plus. Je n’ai jamais bandé aussi fort. Lorsque les marques sont suffisantes je la prends debout, la possède pour sentir sous mes doigts la peau gonflée par les coups. Sur le dos les marques me semblent insuffisantes alors je me retire et recommence à la frapper. »

Ca c’est de la violence, de la vrai, le point de consentement est largement dépassé. D’ailleurs je ne lui ai rien demandé. Nous sommes rentrés vite chez mes parents, absents.

Je ne regrette pas ce passage de notre vie, il s’inscrit dans un cours de plusieurs dizaines d’années maintenant mais je regrette la violence du gamin que j’étais alors.

Je suis sûr maintenant que je ne serai plus jamais comme cela. La violence m’a abandonné, m’est devenu étrangère.

LM m’a aidé à haïr la violence

La violence mais pas la souffrance.

Et là je vous vois venir, vous dîtes mais quel salaud ce mec…. Hope là on parle là de relation sexuelle…. Je ne cautionne pas la souffrance du soldat obéissant ou fusillé, du malade, de l’employé(e) maltraité(e) et pas celles encouragées par des religions pour lesquelles c’est une façon de gagner son paradis.

Mais dans un couple Sado/Maso…. La souffrance ?

Dans toutes les relations d’amour il y a souffrance. Quand on aime on souffre. Pas parce qu’on a peur de perdre l’autre… ça c’est l’égo qui se plaint. Mais quand on aime on se fait chier (un peu, beaucoup, passionnément) pour faire ce que l’autre n’aimera pas faire, pour l’aider, le remplacer, l’assister…etc…

Mais alors pourquoi, dans notre pratique SM, fais je souffrir LM ?

Parce que la souffrance fait grandir, elle permet d’accéder à un au-delà. No pain, no game. Et là vous m’interpeller « mais cela LM le sait, elle t a aidé combien de fois ? » Dans le sexe épicentre de l’abandon et bien souvent ciment du couple la souffrance permet le « je l’ai fait, je me suis dépassé, je me suis abandonné à lui et à mes yeux je sors grandi ». Scénarisée elle peut être esthétique et elle tue la monotonie de la relation sexuelle « traditionnelle ». Elle provoque une admiration de la personne à qui la souffrance est « offerte ».

De part l’attitude du maso et l’attention obligatoire du sado elle crée de la connivence et permet de se sentir différent du commun dans un monde de rabotage des pratiques.

Mais jusqu’où peut-on faire souffrir ? La réponse est simple… jusqu’au début de la violence, jusqu’au point de consentement si c’est nécessaire, le plus souvent beaucoup moins. Et là vous dites « oui mais où se trouve ce point de non retour ? » A chacun son chemin…

LM aime t elle la souffrance ? Je ne crois pas. Personne n’aime souffrir. Elle aime l’abandon et ce qu’il permet d’atteindre. Elle m’a dit « ce qui est important c’est l’attention que tu me portes quand tu me « soumets » (hem ! hem ! Eros… on discutera de ce mot… oui je vous l’ai dit… 2 planètes…). Elle ajoute « c’est à toi de fixer le tempo et de savoir jusqu’où m’emmener. » (j’ai en mémoire quelques ratages pitoyables !)

LM jouit elle de la souffrance ? Comme tout un chacun elle jouit avec son cerveau. Maintenant à savoir ce qu’elle ressent ? Ca n’appartient qu’à elle.

Il y a 4 ans nous nous croyions atteint par la limite d’âge alors nous avons rangé les fouets, les … enfin tous les accessoires dans une malle au grenier. Nous avions même arrêté l’échangisme (oui ! nous avons tous les défauts) et puis nous avons repris l’échangisme…

Avec le premier couple, je n’avais pas bandé très fort alors le soir d’après LM m’a fait l’amour doucement pour me rassurer et je lui ai dit que je me sentais vide, qu’il fallait que nous nous recréions un univers. Je lui ai proposé de remettre son anneau aux grandes lèvres. LM est percée définitive. Elle en était heureuse.

Plus tard je lui ai dit ok pour le collier, l’anneau et du cuir mais que je ne croyais pas nécessaire de garder les boites d’aiguilles neuves de la malle.

Elle m’a regardé, m’a souri et m’a dit :

« Ne jette pas les aiguilles »

 

Domidee

Auteur – Photographe, Je publie des ouvrages qui valorisent la nature humaine et engagée dans la confiance, le respect et la plaisir d’être soi des relations Maitre / esclave.

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