Dans les années 80, les premières communautés bdsm commencent à être actives, particulièrement dans les pays anglo-saxons. En France celles et ceux que l’on nomme les sado-maso se rencontrent quelques fois en petits comités à l’abri des regards pour des soirées bdsm.

Au début des années 80, et sous l’impulsion des communautés homosexuelles sadomasochistes de la cote ouest des états unis (mais pas exclusivement) des clubs dédiés au bdsm ouvrent leurs portes un partout aux États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, etc. La censure est toujours très présente, mais elle s’applique aux publications et aux représentations et non aux regroupements de personnes dans des lieux clos où la liberté de « club » et de ses membres est respectée tradition anglo-saxonne oblige.

Il s’avère que ce qui réunit tous ces gens est la pratique bdsm, dominer et se soumettre, l’accord principal entre une personne dominante (homme ou femme) et une personne soumise (homme ou femme). Comme dans tous les clubs, les lieux sont agréables et pourvus d’accessoires dont on ne peut pas toujours avoir sous la main dans la chambre (croix de Saint-André, pilori, etc.).

N/nous pouvons situer l’émergence des relations D/s dans ces années là sous l’impulsion originelle d’un désir simple que l’histoire aime représenter sous les traits de la demande d’une personne soumise au retour d’une soirée. Cette demande est simple : « merci Maitre (ou Maitresse) de m’avoir ainsi dominé, mais je n’ai pas envie de revenir dans le monde des relations traditionnelles, je souhaite que notre relation de Domination soumission ne s’arrête pas à la porte du club mais continue en permanence dans la vie de tous les jours. je souhaite que vous soyez mon Maitre (ou ma Maitresse) de manière permanente et définitive ».

Voilà : de manière permanente (et/ou définitive).

C’est de ce désir ressenti et exprimé par de nombreuses personnes de l’époque que sont apparues les relations D/s telles que N/nous les connaissons.

Ce n’est pas un mouvement qui a concerné tout le monde et nombreux sont celles et ceux qui ont vu d’un mauvais œil ce besoin de vivre en 24/7 une relation de Domination – soumission. La communauté bdsm dans son ensemble a vécu de nombreux débats à ce sujet au cours des années 80 jusqu’au milieu des années 90. Moins maintenant que tout le monde à constater qu’au sein de la vaste communauté bdsm s’est constituée une communauté de relations D/s 24/7 ni plus ni moins honorable que les autres.

À quel moment est apparu le terme d’esclave ?

Il fut un temps où en anglais seul le terme de « sub » (soumis ou soumise) était employé (avec le terme bottom – dessous- en complément du terme Top – dessus). En français seul le terme soumise ou soumis était admis jusqu’au milieu des années 2000. Je rappelle que c’est vers la fin des années 90 que salomé publie son livre intitulé sobrement « soumise ».

Le terme esclave est apparu au cours des années 90 aux états unis et n’a pas été mieux accueilli qu’en France au milieu des années 2000. Il pourrait sembler inutile de le préciser, mais quand même : les états unis sont fondés sur le plus grand génocide de l’histoire humaine (100 millions d’Indiens natifs) et sur l’esclavage de 4 millions d’Africains qui y ont été déportés. Donc forcément, l’esclavage signifie des choses que personne n’aime se rappeler à commencer par le fait qu’il était tout à fait légal et représentait le moteur économique de la finance d’alors.

La grande différence, et qui dès lors empêche tout amalgame, réside dans le consentement individuel formulé dans le territoire de l’intime, sans autre implication que de concerner exclusivement les personnes qui en sont informées.

Oui, il a bien fallu faire la distinction entre les pratiquants bdsm qui jouent en soirée ou en week-end et ceux qui en ont fait un mode de vie de discipline et d’obéissance permanente, jusqu’au sentiment d’appartenance corps et âme. Pour faire cette distinction, le terme de sub ou de soumise ou soumis s’est révélé inapproprié à l’usage. A cette distinction s’ajoute celle des relation M/e (Maitre / esclave) qui permet d’affirmer l’abandon total et permanent de l’esclave au Maitre ou à la Maitresse. Mais tenons N/nous en à la relation D/s sans entrer dans les mille et une nuances possible de l’engagement permanent entre adultes consentants.

À la fin des années 90, en complément de son site réseau social intitulé Informed Consent, Tanos au Royaume uni lance le registre des esclaves (slaveregister). Il enfonce définitivement le clou. Le terme esclave devient le mot qui permet de définir celles et ceux qui ont choisi d’en faire un mode de vie ou tout du moins en qui la notion de Domination soumission fonde l’identité relationnelle intime.

Voilà ceci explique cela. J’ajoute juste que c’est en 2008 que J’ai publié la première fois Mon site esclaves.org qui préfigurait le guide que J’ai publié en 2013. J’ai reçu de très nombreux commentaires et remarques durant les trois années d’existence du site esclaves.org auquel était adossé Mon blog etresoimemesm.blogspot… L’essentiel des commentaires se concentrait sur le terme esclave qui était autant rejeté que reconnu comme valide. Ces discussions se retrouvant dans des forums hors bdsm comme cela a pu se produire avec des propos délirants sur « mais qu’est devenue notre monde, pauvre monde » Rires…

C’est aussi pour lever définitivement toute ambiguïté que J’ai intitulé Mon guide « Dresser un ou une esclave consentante » en jouant sur le double genre du terme esclave puisqu’ il concerne autant les hommes que les femmes.

Tout ça pour dire une chose assez simple somme toute : oui, N/nous faisons bien partie de la vaste communauté bdsm et oui N/nos désirs et choix de vie sont légitimes, sains et honnêtes. Sourires.

 

POSTER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here