Frustrée de ne pas avoir pu assister (encore!) au Munch de mai, et après 15 jours de No-BDSM pour cause de visite en famille, le sujet est venu tout naturellement.

Je vais prendre la chose par le début, de N/notre relation.

N/nous étions très amoureux (ça n’a pas changé) et insouciants de ce que pouvait bien penser le monde. Je portais fièrement et régulièrement mon collier de novice (en cuir épais). Je ne m’habillais plus qu’en jupe, ne portant plus de culotte et je lisais ouvertement de la littérature ciblée.

j’étudiais alors dans une école post-bac où Senseï enseignait. Les rumeurs sur N/notre relation allaient bon train…

Loin de N/nous l’idée de s’exposer publiquement en vanille comme en BDSM.

N/nous n’avons pas été très prudent, laissant paraître des signes, comme je l’ai dit.

Cependant, c’était sans compter sur la petitesse des gens, la mesquinerie, etc. Certains ont même été jusqu’à fouiller mon ordinateur portable pour trouver des preuves. je me suis retrouvée face à des « camarades » qui voulaient me sortir de ce danger…

Mais pire, ces même personnes ont envoyé un mail à mon ex, qui lui même la renvoyé à ma tante qui bien sur en a parlé à ma mère…

Ce qui s’est ajouté au fait que ma mère était tombée sur mon carnet d’esclave peu de temps avant.

Ce fut une période très difficile.

mes parents ont été blessés. Ils m’ont élevé dans la tolérance et le respect mais ils n’ont pas compris. Ils étaient devant l’intolérable à leur yeux…

Face à l’indépendance qu’ils m’ont offert, j’ai répondu par l’enchainement à l’Autre.

je ne revivrai cette période pour rien au monde.

Les personnes de l’école ont disparues de N/notre vie et leurs jugements étriqués avec.

Aujourd’hui certain de N/nos amis savent, d’autres pas, d’autres encore le devine ou prennent pour un grain de folie personnel mon vouvoiement, par exemple…

Pour ma famille, il aura fallu une séparation avec Senseï de quelques mois, une psychothérapie pour moi, et enfin un nouveau départ dans N/notre relation pour effacer le négatif de la chose…

Aujourd’hui, N/nous sommes discrets en famille: pas de collier, mon carnet est caché (j’ai toujours de très beaux carnets qui attirent l’oeil) et le vouvoiement disparaît (enfin j’essaie mais c’est pas facile!).

je ne pense pas que mes parents soient totalement dupes mais, simplement de N/nous voir heureux et surtout de me voir agir librement et même tenir tête à Senseï (sur des choses de la vie courante pour faire illusion, le petit sourire complice que je perçois dans son regard me ravie) suffit à les rassurer.

Dans toutes ces interrogations, la notion anglo-saxonne de « privacy » est pour N/nous celle à défendre. Effectivement, en Grande Bretagne, un agent de la city peut bien faire ce qu’il veut dans sa vie privée, s’il croise un collègue dans un bar BDSM alors qu’il est soumis, son collègue n’en parlera pas au travail. Ce qui relève de la vie privée reste dans la vie privée…

Aujourd’hui, N/nous ne sommes pas contre l’idée de N/nous exposer sur la toile, dans un cercle bien précis. Si V/vous allez sur www.esclaves.org, V/vous verrez pas mal de photos de moi, des bouts de mon corps par-ci, par-là…

N/nous N/nous sommes « endurcis »… Enfin, j’ai fait mon chemin sur l’idée de l’ouverture d’une partie de ma vie privée. Est ce que le désir de partage est plus fort que la peur d’être découverte par certains?

Si une personne vient me parler de ce blog ou de certaines photos, je suis aujourd’hui capable de lui répondre. Et surtout, je suis consciente que si il a vu ces textes ou ces photos, c’est qu’il est entré dans le monde BDSM du net… Quelque part, il avait un intérêt à ça avant de me trouver là. Et donc c’est vers lui même que je le renverrai…

Enfin, je suis plus « droite dans mes bottes » et dans ma vérité, plus aujourd’hui qu’il y 3 ans. C’est une force que la paix de soi…

Pour finir, je ne crois pas avoir besoin de faire un coming out, ni même de me cacher. je suis à ma place dans ma vie de tout les jours, un peu plus discrète dans certaines situations, c’est tout.

Devons N/nous rêver d’une BDSM pride? Quand on voit l’homophobie et toutes les haines de la différences faire leur come back… je ne veux pas faire de leçon ou de message politique… je l’ai déjà dis, j’ai été élevée dans la tolérance et la fraternité, je n’ai rien à faire des différences et encore moins de les stigmatiser…

Soyons libres dans N/notre sexualité et plus généralement dans N/notre vie privée sans chercher à imposer N/nos choix aux autres…

Et zut, c’est politique là, non?

c!

Crédit photo: Sunny Buick par Pierre et Gilles

16 COMMENTAIRES

  1. personnellement j’ai un peu de mal avec les –prides: je vois un contradiction entre le coté « ma vie privée me regarde » et le coté « j’affiche ma vie privée, qui n’est plus privée donc »

  2. Excellent sujet, je suis moi aussi très frustrée d’avoir raté ce Munch dont le thème m’imspirait tellement! (et que dire du choix du resto!! « Le couvent », rien que le nom… ^_^)
    Comptez-vous vous rendre au prochain?

  3. patrick: je vais aussi dans ce sens en disant que je n’ai rien à faire des différences… Pourquoi devoir être fier d’être différent dans un sens plutôt que dans un autre…
    C’est la stigmatisation qui éloigne les humains les uns des autres… Alors qu’au contraire N/nous devrions N/nous rencontrer et N/nous enrichir des autres…

    Ah! ces bonnes vieilles petites cases de la sociétés… Beurk!

  4. Je respecte entièrement celles qui se dévoilent mais personnelement je ne le ferai jamais. D’une part je n’oserais pas, d’autre part, j’estime ne pouvoir le faire vis-àvis de mes enfants et troisièmement comme vous l’avez vécu vous même, je me doute qu’il y aurait toujours l’une ou l’autre qui ne nous laissera pas en paix si je me dévoile. Voila pourquoi sur mon blog on ne voit jamais mon visage et que je brouille également les cartes en alternant des photos de moi et d’autres qui ne sont pas de moi.
    Réfléchissez bien avant de vous dévoiler au grand public, c’est le seul conseil que je me permet de donner.

  5. Toujours en admiration devant la force de votre relation et de votre esclavage. Quelques questions trottent dans ma tête : Comment imaginez vous votre relation avec votre Maitre dans 10 ans? Vous allez tres loin dans votre regression jusqu’ou souhaitez vous aller? Au plaisir de vous lire. Maitre P

  6. @ Maitre Phenix…

    La réponse à Votre question M’appartient…

    Et pour y répondre : selon Mon inspiration et Mon désir en fonction de ce que Je juge utile à l’épanouissement de l’usage que Je fais de 959 672 577.

    ErosPower aka SENSEI

  7. Je comprends votre réponse, son avenir ne lui appartient plus, ni aucunes des décisions qui y sont liées, sa vie n’est plus à elle.
    Et si demain vous envisagez de vous en séparé, que devient elle?
    Au plaisir de lire la réponse d’un Maitre aussi talentueux que vous. Nous avons tous des leçons a prendre…Maitre P

  8. merci, j’ai effectivement lu erospower, mais j’aimerais connaitre vos réponses à vous. Pas des réponses générales. Celle de la Femme que vous êtes et qui à fait un choix de vie. La vision des 2 est toujours interessantes et permet à chacun d’avancer.Merci de nous nourrir des reflexions qui vous sont propres. Maitre P

  9. @ maitrep

    « Et si demain vous envisagez de vous en séparé, que devient elle? « 

    Je constate que Nous ne Nous comprenons pas.

    Autant Me demander « et si demain Vous avez envie d’être soumis ou esclave ? » Rires….

    Et ne Vous inquiétez pas, elle pense très bien par elle même ! Rires !!!

    Si demain Je me fais écraser par un camion, la situation sera compliquée mais Je sais que cette « complication » n’est pas l’apanage des Maitres ou Maitresses à l’égard de leurs esclaves…

    Je regarde toujours à droite et à gauche avant de traverser la rue. Rires…

    Mon engagement est à la hauteur de sa servitude. (vous ne m’avez pas lu, ou alors pas compris…, c pas grave 🙂

    Merci pour les rires… 😀

  10. je vous ai bien lu, si si cher senseï…et je continue a vous lire ici et chez vous. Tellement votre vision est lucide et construite. Mais au delà de l’écriture seul les actes prouvent un engagement.

    Quant a l’histoire du camion c’est simplement une question de prévoyance, d’autant plus quand la personne est totalement dépendante.

    Mais encore une fois c’est la charmante C. que j’aurais aimé lire d’autant comme vous le dites « elle pense très bien par elle même », donc je ne sais comment interpréter votre prise de parole a sa place?

    Bien a vous 2. Maitre P

  11. J’imagine (mais a mon avis je suis bien loin de la vérité) les situations compliqués que V/vous avez du vivre… Je comprend la tristesse que tout cela a put générer… J’essaye de me mettre a votre place et je ne sais pas comment j’aurai fais…

    Je suis contente de savoir que cela n’a pas brisé V/votre couple et V/votre amour… V/vous me donner de l’espoir dans un sens…

    Personnellement j’ai toujours peur aussi de me faire prendre sur ma seconde vie… J’ai peur trop souvent malheureusement…

    Pour vivre heureux vivons cachés… oui mais jusqu’a quand?

    Amitiés respectueuses
    Léa

  12. @ Maitre P:

    je n’ai pas répondu car Senseï avait parlé avant moi, et je ne voyais pas l’intérêt de la redondance.

    je viens de relire la suite du commentaire de cet échange. Un mot m’arrête : régression.

    je ne considère pas que la régression fasse partie du vocabulaire BDSM et encore moins que je sois moi même en régression. Régression par rapport à quoi d’ailleurs?

    N/nous sommes deux personnes qui se connaissent très bien l’U/une l’A/autre. Dès mes premières rencontres avec Lui, j’ai su voir Sa Dominance, comme Sa joie de vivre ou Ses connaissances… j’ai reconnu qui IL est, entièrement et je l’ai accepté comme tel (sans vouloir le changer sic).

    je pense que la réciprocité est vrai mais je ne peux parler pour Senseï (à part le fait de me changer grâce au dressage)

    N/nous partageons une harmonie qui nourrit N/notre et N/nos bien-être(s), (ensemble et chacun pour soi).

    je sais que vos questions sont reliées aussi à mon article « quand le chat n’est pas là la souris pleure » et à l’encre numérique qu’il a pu faire couler…

    Oui quand Senseï est loin de moi ma paix et mon harmonie sont chamboulées…

    Cependant , posez la question à mon grand père comment il se sent lorsque ma grand mère est hospitalisée… Tout perdu dans sa maison, ne sachant pas quoi manger parce qu’il ne prévoit jamais les repas… Et je vous assure qu’il n’y a rien de BDSM dans leur relation mais plutôt un style de vie « années 50 ».

    Vous me demandez où je N/nous voit dans 10 ans et jusqu’où je veux aller?

    Demandez la même chose à un couple vanille très amoureux, ils souriront et répondront « Ensemble ».

    Et je ne veux aller nulle part, je suis très bien aux pieds de mon Maître…

    Le 24/7 est, à mes yeux, un type de relation de couple comme les autres, sauf que les règles sont clairement établies et que personne ne peut en souffrir puisqu’elles ont été validées par les deux parties.

    En cela, elles sont peut être plus saines que celles des couples vanilles où le moule de la famille bourgeoise française parfaite (éditée au cours du 19°siècle) vient nier tout ou partie des désirs, envies et personnalités des individus concernés.

    Pour finir, vous parlez de la mort éventuelle de Senseï et me demandez ce que je deviendrais alors? Heureusement pour moi, je suis entourée d’amis très chers et d’une famille soudée qui seront là pour m’aider à faire face à mon deuil comme j’ai déjà eu à le faire…
    Et je referai peut être ma vie si j’en éprouve l’envie… mais je compte bien qu’IL vive jusqu’à 90 ans et alors, ma vie à moi sera bien faite et j’irai en maison de retraite pour finir mes jours à me gaver de séries débiles en mangeant des macarons!!!

    c!

  13. Chère C., Quel plaisir de vous voir prendre la plume, apporter votre profondeur de vue à mes questions. J’en suis ravi, comprends et partage vos propos.

    Concernant la régression, qui n’a rien de péjoratif, et pour faire simple (voir schématique) celle ci est une de perte d’autonomie totale afin de procurer au sujet bien être par déresponsabilisation. Elle peut etre rapporché de ce que vous definissez comme « esclavage ». C’est par rapport à cette mise en siutation de régression que je me demandais jusqu’ou vous souhaitiez aller.

    Menée de maniere intensive sur un laps de temps réduit (enfermement, entraves, etc…) , la regression peut permettre la confrontation avec soi même et l’exteriosation de traumas enfouis (autre mot commun : « lacher prise »).

    Amitiés SM à vous deux. Maitre P.

  14. @ Maitre P

    je relis Votre dernier commentaire et je crois lire un dictionnaire. OMBG! Le D/s se passe de définition intellectuelle et se passe plus dans un niveau ressenti et partagé…

    Et ne me parlez pas de trauma enfouis soignés par le BDSM. On ne peut pas se donner pleinement si en soi même on est enfermé par des traumas, même si on a pas conscience de leur présence…

    Le BDSM n’est pas la psychotérapie des « kinky people ».

    c!

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