Ce soir sur France Culture dans l’émission « la dispute », une chroniqueuse déclare au sujet d’une mise en scène de La cantatrice chauve, la pièce de Ionesco :
– Le personnage exprime des aspects sexuels du texte avec son corps et j’ai trouvé ça très dérangeant. »

Très dérangeant ?
Ah, où va se nicher la morale répressive ? Dans la vie quotidienne normée que personne ne relève ? Alors que pourtant l’auteur (Ionesco) a écrit aussi pour ça ? C’est le comble pour une pièce qui dénonce la déshumanisation des relations humaines et intimes.

Comprenons bien que nous n’avons que le corps pour se rencontrer, le corps et son désir sexuel au sens le plus large du terme. Le simple désir d’être touché, de toucher l’autre est la seule et unique porte de contact humain. Non ce n’est pas le langage qui est une abstraction. Le réel passe par le corps. Qu’on le veuille ou non. C’est lui, le corps et ses désirs qui, seuls, permettent de s’affranchir de la solitude existentielle que chacun ressent en lui même dans l’exploration de sa conscience et de sa vie intérieure.

Nier ceci, le rendre dérangeant est d’une violence immense envers soi-même et les autres parce que cela norme l’idée terriblement néfaste de la solitude des êtres. Aujourd’hui 9 millions de Français vivent dans une solitude extrême. Aujourd’hui une femme sur deux considère que le sexe est le mal nécessaire des relations hommes femmes. Aujourd’hui il y a une telle pauvreté de l’éducation sexuelle que les hommes ne pensent même pas à se laver les mains et se couper les ongles avant de mettre la main dans la vulve d’une femme. Une telle misère d’éducation et d’information que la syphilis est réapparue faute d’usage massif des préservatifs.

Mais à qui profite le crime ? Aux 1% des plus riches qui pillent les plus de 80% des ressources de la planète à leur profit exclusif au détriment de l’humanité ? À qui profite ce crime ?

Dans un autre registre :
J’entends toujours les conversations à distance d’esclave lina avec esclave neko et combien de fois esclave lina dit des phrases coquines à esclave néko qui répond, c’est gênant.
Mais qu’est-ce qui est gênant ?
La sexualité dans son ensemble. Comment la seule et unique porte du plaisir et du désir de l’autre est devenue à ce point niée, reniée, condamnée ?

Simone Weil a écrit : « La bête de l’apocalypse c’est la pression sociale »

Cette phrase M’a touché au point que des années des plus tard J’y pense encore.

J’aime esclave néko lorsqu’elle dit « c’est gênant » et sur Mon ordre reconnait que ce que Je dis ou ce que sa sœur lina lui dit la touche.

Parce que ce qui est beau est de toucher sa sensibilité propre, libérée de tout le conditionnement ou les idées que l’on se fait sur soi. Il importe d’être en contact avec sa sensibilité, avec soi, à l’instant du ressenti. C’est comme ça que l’on continue de percevoir qui dis Je ou je en soi et qui dans ce cas est apte à rencontrer l’autre.
Dans la décision magnifique de demander à être esclave novice d’un Maitre conscient et responsable, il y a une véritable affaire de conscience de soi.

Il M’importe, parce que c’est aussi la condition de Ma responsabilité et de Mon engagement, que la personne qui Me fait sa demande d’être Ma novice soit sur le chemin de sa conscience.

Je ne vois pas plus beau prétexte que d’entamer ce chemin lorsque l’on décide, l’on désire se soumettre totalement à un Maitre ou une Maitresse.

Alors oui, lorsqu’une chroniqueuse à la radio déclare benoitement au sujet d’aspects sexuels exprimés par une comédienne sur la scène d’un théâtre j’ai juste envie de crier à l’ignorance, au crime contre l’humanité ! La vôtre, la mienne, celle de nous tous !

Pourquoi la sexualité et son expression (d’une richesse infinie) ‘sont dérangeantes ?
Mais ça dérange qui ? Et pourquoi ?
Parce que la sexualité est dérangeante ?

Alors que cette même personne (la chroniqueuse en question) ne dit rien de la guerre qui est au cœur de la L’illiade qu’elle critique juste après ? Et la guerre n’est pas dérangeante ? Cette chroniqueuse qui juge la sexualité dérangeante ne juge pas dérangeante la guerre ? Comme elle pourrait se féliciter des 11 milliards d’euros d’armements vendus récemment par la France au Quatar qui massacre le Yemen (les hommes, les femmes, les enfants, les routes, les hopitaux, les écoles…) en ce moment (et pas que – qui entend cette inhumanité ?). Pourquoi les usines d’armements ne fabriquent pas des sex toys ? Oui, Je sais, c’est délirant, c’est Ma manière à Moi d’accepter ces horreurs – comme le fondateur du canard enchainé qui déclarait à l’origine : devant un tel scandale, je suis révolté puis monte en moi un énorme éclat de rire…

Mais elle est où la conscience d’être humain et la connaissance de soi et de l’autre ? Nous sommes aptes à l’amour et à la communication parce que doués du langage et que nous aimons nous toucher ? La diplomatie juste par le langage permet d’éviter les guerres.

Et pour toutes ces histoires de #meetoo qui nous dressent les uns contre les autres ? Plus question de diplomatie là : c’est le désir, de soi, de l’autre et de nos attirances sexuelles, le corps et le toucher qui est la seule diplomatie ici. (sans même parler de genre, de monogamie).

Alors ce serait donc la guerre qui prévaut, jusqu’à la guerre entre les femmes et les hommes, parce que la sexualité et le désir c’est dérangeant ?

2 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,

    Merci pour ce partage que je trouve criant de justesse. Ah cette violence ordinaire que l’on accepte parce que c’est ainsi que cela doit être…
    Aimer le sexe est quelque chose de mal, désirer est mal. Être dans cette animalité, dans ce besoin du corps de l’autre, dans cette envie que l’autre nous désire, veuille nous toucher, nous basculer pour nous prendre, fou de désir. Voilà bien des fantasmes, des rêves et des espoirs partagés par beaucoup (toutes ?) de femmes. Mais il est dérangeant de le dire…
    Je dis souvent que si on profitait un peu plus (beaucoup plus !!) du plaisir sexuel, il y aurait quasiment plus de divorces et beaucoup moins de guerres dans le monde.
    Le sexe, c’est bon pour la santé, ce n’est que du plaisir et en plus, c’est gratuit. Pas besoin d’être riche pour s’éclater comme des fous au lit (ou sur la table de la cuisine, dans les escaliers, sur le canapé du salon, dans un donjon, partout partout 🙂 )
    Quant à cette guerre entre les hommes et les femmes… Ah quel malheur, quel enfermement… Surtout lorsque l’on sait que cette guerre est créé et nourrie par les féministes qui, pensant « défendre » la femme, veulent en faire des artefacts d’homme asexués.
    Je pourrais écrire toute une prose sur ce sujet mais vous l’avez fait si brillamment que je vais m’arrêter là.
    Encore merci,
    Belle soirée à vous et à vos belles esclaves,
    Amazone

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