Ce qui nous différencie des libertins…

A l’intermarché du coin, chez leclerc ou chez carrefour, à l’entrée bien souvent avant les abbatants pour les wc et les bidons d’huiles pour la voiture il y a encore et toujours ces volumes de Cinquante nuance de gris en première places des livres proposés à tomber dans le caddie…

50 shades of grey toujours en tête des ventes des livres en France… Et comme pour le vin, une obscure piquette de la Communauté Européenne en cubi de 10 litres ou un petit bourgogne sans souffre direct producteur, le terme reste le même : du vin.
Là : un livre.

Je ne suis pas libertin, ou alors exclusivement pour le coté libertaire que ce terme a pu contenir à une certaine époque. Pas libertin ou échangiste et jamais été…. Dans la France pourtant championne toute catégorie de l’échangisme.

A quoi reconnait  t’on un couple libertin parmi les pratiquants bdsm et ou les personnes engagées dans une relation de Domination / soumission ?

En premier lieu à ce qu’ils ne parlent pas de relation, justement.

Ils et elles parlent de jeux de curiosité de découverte (la plupart du temps très recente – qqs jours après être passé chez Leclerc ou Carrefour… En général moins de deux ans). Ils ou elles sont switch et ne s’intéressent qu’aux pratiques, qu’aux soirées, qu’aux nouvelles rencontres pour jouer encore et encore avec toujours de nouveaux corps, dans de nouveaux lieux….

Ce qui nous distinguent des libertins, enfin, des échangistes : c’est Carrefour et Leclerc justement : la consommation.

Je préfère et préférerai toujours la relation à la consommation. L’être à l’avoir comme disaient ces profs ennuyeux et moralisateur de nos années lycées…. Alors que j’aime, et j’aimais déjà avoir les deux : être et avoir. Mais comme ceux là qui disaient que seul l’être compte, les échangistes sont souvent dans la posture de seul l’avoir compte : consommer.

Consommer du plaisir sensuel et sexuel, consommer de l’image de soi parmi les autres, consommer des soirées costumées « hors normes », consommer de nouvelles têtes, de nouveaux corps et continuer, vorace et insatiable…. Selfie comme il se dit aujourd’hui.

Ce qui nous distinguent des échangistes est une question de relation, de choix consenti en nous même, d’où la connaissance de soi, engagé avec l’autre dans une relation humaine de personne à personne.

Une relation humaine qui inclut l’histoire personnelle, le comportement, l’engagement, la sincérité mais aussi le doute, la confiance, la remise en question, la douleur, le plaisir, la vision de l’avenir, la paix d’être ensemble dans un équilibre choisie qui nous apporte la joie de vivre une relation.

Et non pas un moment de jouissance de passage comme un orgasme exceptionnel obtenu grâce (volé ?) à un, une ou plusieurs partenaires le temps d’une situation plus ou moins scabreuse…

Aborder ce monde des relation Domination / soumission en se présentant dès le départ comme switch montre au mieux une curiosité prudente (pour être gentil) au pire une ignorance de ce qui se joue entre nous.

Faudrait il que chacun choisisse à l’entrée du monde bdsm ? être Dominant – Dominante ou soumis- soumise ?

Non bien entendu. Chacun évolue et se présente avec son bagage, ses idées, ses désirs…

Il y aurait à mon humble avis, une question à mes yeux qui mérite d’être posée, que chacun se la pose au moment de son premier intérêt pour les relations de Domination / soumission.

Quelle type de relation je souhaite ? De quelle type de relation ai je besoin pour me sentir bien avec moi même et avec les autres ?
Ce n’est donc pas : quels types de jeux vont m’apporter ou nous apporter la jouissance, le plaisir, la satisfaction ?

Mais bien plutôt : comment vais je communiquer, entrer en relation avec les autres, le plus sincèrement possible même dans la curiosité qui au début est souvent de la curiosité vis à vis de moi même.

Entrer en relation avec soi même, se connaitre et se rencontrer pour cela.

Sans se consommer ou consommer l’autre dans une relation qui n’est qu’apparente puisque rien ne s’échange à part le support de notre propre jouissance vorace et égoiste.

Traduction de ce magnifique tatouage : « la soumission c’est la liberté »

www.vivresm.com
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ErosPower
Auteur - Photographe, Je publie des ouvrages qui valorisent la nature humaine et engagée dans la confiance, le respect et la plaisir d'être soi des relations Maitre / esclave.

2 COMMENTAIRES

  1. Re bonjour Eros Power…

    J’ai lu et relu votre note… En général si je dois réagir tout vient tout seul… Là je me questionne en fait…

    Je me sens libertine mais au sens premier du terme, je ne suis pas et n’ai jamais été échangiste. D’ailleurs cela me fait sourire car libertin vient du latin libertinus… esclave qui vient d’être libéré 🙂

    Mais ça n’est pas le sujet… en fait je me demande dans quelle mesure le BDSM est réellement en opposition avec le libertinage (au sens d’échangisme) ? Ne peut-on pas vivre une histoire BDSM de manière « pure » tout en ayant un goût pour l’échangisme ? Au quotidien, et dans une vraie relation de couple, cela veut-il dire forcément que la qualité de leur relation BDSM est mauvaise (dans le sens où elle serait uniquement basée sur la surconsommation) ?

  2. Sourires…

    Avec mon petit emporte pièce du matin j’ai écrit cette note suite à plusieurs annonces lues sur des réseaux sociaux de couples échangistes dit libertins switchs sans expression bdsm…. Une manière de pointer ce qui m’agace quelques fois : le manque d’appréciation de la relation en tant que telle avec ce qu’elle apporte de questions-réponses et de liberté d’être soi…Une histoire BDSM « pure » (c’est à dire bâtie sur une relation consentie D/s) peut se vivre avec un goût pour l’échangisme c’est au Dominant ou à la Dominante d’en décider, à mon sens… Mais nous ne sommes déjà plus dans la consommation mais dans la poursuite de l’expression d’une relation BDSM…
    Evidemment qu’il existe parmi ces couples qui arrivent, libertins ou échangistes des personnes curieuses et de bonne foi quant à leur aptitude à rencontrer les autres… Et qui sais, peut être au contact du monde BDSM choisiront ils de s’y investir, je ne sais pas…
    La surconsommation de corps et de rencontres sans lendemain au final éloigne plus qu’elles ne rapproche, l’orgie est une extase incroyable, si elle devient la rêgle, elle perd de son attrait selon moi…

    Faire toujours la même chose avec plein d’inconnus ou faire pleins de choses différentes avec des personnes connues ? (J’opte pour la deuxième proposition)

    Fort heureusement, la vie est pleine de surprises et ce genre de choix (de l’ordre de la pratique) n’a rien de définitif….

    PS/ Et j’aurais à dire sur les esclaves libérées (libertinus) qui doivent être bien malheureuses de passer de main en mains sans Maitre pour les tenir (LOL)

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