Le dernier article de Monsieur ErosPower m’a permis de mettre à plat ce que cette notion de douleur représentait pour N/nous dans N/notre relation. Il y avait déjà quelque temps que j’y pensais.

Un fait établi, mon Maître n’est pas sadique et je ne suis pas masochiste. La douceur et la tendresse tiennent une grande place dans N/nos pratiques, mais pas que …

Alors le bonheur de se vivre comme N/nous le ressentons permet-il de supporter plus facilement la douleur, c’est visiblement le cas pour Ses esclaves qui la reçoivent avec courage et abnégation pour Son plaisir (Lui même se définissant comme un Maître sadique)

Une question se pose alors, pour un couple comme le nôtre est-ce un passage obligatoire ? avec quelles pratiques ?

Pour N/nous non la douleur n’est pas une obligation, tout est fonction de la nature profonde du Maître, de Sa vision, de Son désir ou non d’inclure la douleur dans Ses pratiques et avec quelle intensité… Sans oublier la soumise ou esclave, ses besoins…

Au début, étant tous les deux candides j’ai longuement cherché sur le net où j’ai déniché quelques listes de pratiques, histoire de s’appuyer sur du concret.

En les parcourant mon Maître est resté dubitatif, nombres de ces pratiques ne faisant pas écho en Lui, ni en moi du reste. Dans un premier temps Il m’a demandé de cocher celles qui m’interpellaient, mes envies, mes limites… et idem pour Lui. Un premier tri en quelque sorte. Et sur le plan de la douleur qu’elles sous-tendaient Il était plus réticent que moi.

Pour Lui il s’est agi de Se sonder afin de déterminer Ses capacités à mettre en œuvre telle ou telle pratique. N/nous avons même visionné quelques vidéos les mettant en scènes. Les limites de l’acceptable comme les besoins étant différents pour chacun. La non compréhension et la non clarté entraînant des malentendus, c’est la communication saine, sans jugement et dans le respect qui s’impose encore ici. S/s’entendre, S/s’écouter, oser dire, S/s’accepter mais en aucun cas se forcer. Ainsi les pratiques trop « hard » se sont révélées d’emblée être non un facteur potentiel d’épanouissement mais un facteur de déstabilisation et de malaise, N/nous les avons donc écartées.

Le sadisme de mon Maître étant assez limité, infliger une forte douleur à Sa soumise et en tirer un plaisir ne fait pas partie de Sa vision. Cela ne le fait pas « jouir » mentalement, ni bander tout court. Je dirai même que cela le paralyse et ce n’est pas le but recherché !!! De mon côté pour m’abandonner en toute confiance je préfère Le savoir en pleine possession de tous Ses moyens physiques et mentaux, surtout pendant les séances. C’est ainsi qu’Il peut développer Sa créativité et élaborer Ses petits jeux pervers comblant N/nos besoins réciproques. Il trouve naturellement les bons moyens d’exercer Sa domination en conservant Sa sensibilité et Sa personnalité. En assumant sans honte le fait de m’administrer de la douleur puisqu’elle m’est nécessaire jusqu’à un certain degré pour me ressentir être moi et progresser.

Je pourrais toujours avancer que s’Il s’était révélé sadique j’aurais pris sur moi pour « encaisser » certaines pratiques très douloureuses. Dans la réalité ce risque était minime, en vingt ans de vie commune comment aurait-il pu masquer ce genre de particularité ???

Dominateur : oui, Sadique : non.

Ce qui N/nous a conduit à un petit nettoyage de cette fameuse liste. Relecture, redéfinition des termes et des contenus. Comme le dit Monsieur Erospower dans un de Ses articles :

– » Les personnes engagées dans une relation M/e ne peuvent pas être hors de la réalité. »

Et oui N/nous ne sommes pas au théâtre, N/nous ne jouons pas N/notre vie, N/nous la vivons. Et le bonheur/douleur dans tout ça ?

etresoimemesm_damedeC2N/nous en avons longuement parlé. Douleur en tant que voie exploratoire menant pour moi à une meilleure prise de conscience de mon corps, de ses capacités, de me livrer totalement à mon Maître. Corps trop longtemps négligé, j’ai ce besoin d’être dominée physiquement et assez fortement, d’être sous Sa totale emprise. Il réveille mon corps, c’est en éprouvant toute la gamme des sensations possibles que je me sens complète, sereine, moi même. La douleur est une de ces sensations par laquelle mon Maître détient le pouvoir de faire la jonction entre mon esprit et mon corps, Il m’unifie, Il m’épanouit, Il me rend heureuse. La douleur avec le bonheur de N/nous ressentir en osmose.

Pour Lui c’était un travail psychologique de s’autoriser à me la donner. Je peux V/vous certifier qu’Il a fait de gros progrès, par exemple Il maîtrise de mieux en mieux l’art des petits pincements qui me font bondir…

Je mesure les efforts qu’Il a fourni pour comprendre (un lâcher prise sur des idées ancrées et pernicieuses de l’homme frappant sa compagne.) et je L’en remercie avec gratitude. D’en discerner les bienfaits pour N/nous deux, de savoir alterner la douceur et les pratiques plus fortes. Son but n’étant pas de me martyriser pour Son plaisir (ce qui peut être le désir d’un Maître sadique.). La douleur que je reçois par Lui est toujours liée à l’objectif de me faire grandir, de me voir progresser et bien sûr de développer mon potentiel dont Il est Le bénéficiaire, de repousser mes limites. Avant je craignais la douleur maintenant elle repousse les frontières de ma connaissance intérieure et me permet de mieux m’offrir à mon Maître et ceci malgré le fait qu’elle soit peu intense.

Voilà c’était N/notre point de vue sur ce sujet, il y en a sûrement d’autres.

 

4 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Dame de C
    Tour comme V/vous, N/nous donnons la priorité à la tendresse et à l’amour. Je ne suis pas sûre que je pourrais vivre sereinement sans cela et je pense également que ce sont ces sentiments qui font que je supporte la douleur (bien que toute relative) infligée par mon Maître.
    En revanche, Lui qui s’était toujours défini comme non-sadique et prenais la douleur comme une punition à m’infliger en cas de faute est en train de se rendre compte qu’Il évolue et en tire un plaisir de plus en plus évident. C’est une surprise à laquelle N/nous ne nous attendions pas au bout de 10 ans, comme quoi… 😉
    Bonne journée à V/vous
    Thysminia

  2. Oui le plaisir du Maître face à la douleur qu’Il inflige est évolutif, je m’en aperçois aussi et N/nous en parlons. C’est pour Lui un plaisir d’observer mes réactions et ma progression, de me sentir plus épanouie…

  3. Je partage pleinement votre texte. La douleur n’est pas une fin en soi mais un moyen de partage avec ma Maîtresse et de découverte de mon corps et de sensations plus profondes.
    A mes débuts dans le SM, je ne supportais pas grand chose. Au fil du temps, mes Maîtresses ont repoussé mes limites pour notre plus grand plaisir à tous les deux.

    Une séance bien menée où la douleur n’est pas gratuite mais amenée progressivement pour nous enfoncer tous les deux dans notre bulle et souder notre osmose est un moment que j’adore. Je suis alors capable de supporter bien des « souffrances » qui se transforment alors en plaisir et en jouissance.

    C’est magique. Il faut une grand confiance en sa Maîtresse quand elle vous emmène là où vous avez envie que la douleur augmente encore tant le plaisir monte en vous mais en veillant arrêter au bon moment pour ne pas faire retomber cette excitation et à ne pas vous blesser.

    Le SM est vraiment très riche quand on sait en visiter les recoins les plus obscures avec discernement.

  4. Bonsoir crabou,
    pour être vraiment honnête ce parcours douleur/plaisir n’est pas aisé. Je n’y parviens pas toujours, je remarque de plus en plus qu’il faut se placer dans un contexte favorable…se sentir à sa place, confiance totale dans le Maître, ne pas vouloir à tout prix obtenir un résultat précis mais vivre le moment pour ce qu’il est avec l’esprit libre et ouvert. Encore beaucoup à développer sur ce sujet.
    Je vous souhaite de belles séances…

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